"Je suis là pour exprimer quelques convictions", avait averti Emmanuel Macron, une poignée de minutes seulement avant de prendre la parole, lors de la 48 ème réunion annuelle du Forum Économique Mondial de Davos, en Suisse. Un discours plus tard, le Président français a finalement tenu promesse : pendant une heure, le chef d'État a proposé une intervention engagée à son auditoire.

En alternant l'anglais et le français, le dirigeant de la 6ème puissance économique mondiale a d'abord profité de cette occasion pour insister sur le retour au premier plan de la France au niveau international. Par ailleurs, Emmanuel Macron a également souligné l'importance d'une meilleure coopération entre États. Objectif affiché : retrouver confiance en une mondialisation censée profiter au plus grand nombre.

"Ne soyons pas naïf, la globalisation connait une crise majeure. Je souhaite donc lancer un appel à l'action", a notamment déclaré E. Macron

« France is Back »

Le chef d'Etat a débuté son discours en évoquant sa vision et les ambitions du pays qu'il dirige depuis huit mois.

"Je souhaite bâtir une France prospère et ouverte sur le monde, mais aussi une France capable de reconnaître ceux qui ont été laissé de coté par la mondialisation. Pour y arriver, il y a quelques piliers majeurs à ne pas négliger", a t-il expliqué avant d'en donner la liste - capital humain et investissements en capital, flexibilité du travail et changement culturel.

« En France il est interdit d'échouer, et de réussir. Désormais, il doit être plus facile de prendre des risques, quitte à échouer. Nous devons d'ailleurs réduire le coût de l'échec, mais aussi valoriser davantage les réussites. La France est un pays d'entrepreneur. France is back !»

Une meilleure coopération...

*Au niveau Européen

Emmanuel Macron n'a pas manqué de souligner que de nouveaux enjeux et de nouvelles thématiques redéfinissaient désormais certains équilibres mondiaux. Le président français a donc appelé l'Europe à se servir de cette nouvelle donne pour mieux réaffirmer son identité.

"La stratégie essentielle pour moi est d'assurer une refondation de l'Europe en s'appuyant sur l'énergie, le digital, l'immigration ou encore l'investissement. Notre vision, notre équilibre, entre la liberté et les droits individuels est unique. Cette synthèse est le fondement de l'Europe et si nous voulons éviter une fragmentation du monde il faut que cette Europe soit plus forte", a-t-il lancé, avant d'ajouter :

"Nous devons bâtir des politiques communes et changer nos méthodes pour permettre a ceux qui défendent les mêmes intérêt que nous d'avancer ensemble. Ceux qui ne souhaitent pas avancer ne doivent pas ralentir les autres".

"Nous voulons aligner la France sur l'Allemagne et l'Amérique du nord de sorte à être plus productif et plus compétitif", a-t-il également précisé.

*Au niveau international

Pour Emmanuel Macron, le constat est clair : "Notre croissance est structurellement de moins en moins juste. Cela est lié à la financiarisation de l'économie, qui a favorisé une forme de concentration, et à l'arrivée des nouvelles technologies qui a mené vers une économie de supers stars. Désormais, de plus en plus de gens sont donc convaincus que la sortie de la globalisation est une solution".

Pour redonner confiance en la mondialisation, le Président Français encourage donc a ce que les pays coopèrent davantage entre eux car "si on ne met pas en place certains standards de coopération internationale, jamais nous n'arriverons à convaincre les classes moyennes que la globalisation est bonne pour elle". Dans cette optique, Emmanuel Macron a alors évoqué la création d'un "nouveau contrat mondial".

Il a d'ailleurs invité les États-Unis et la Chine à rejoindre une initiative d'harmonisation fiscale menée par l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).

...Pour mieux répondre aux défis de demain

Une meilleure coopération, donc, qui permettra également de mieux répondre aux défis futur que le président a pris soin d'évoquer en guise de conclusion.

Ainsi Macron a finalement abordé le problème des inégalités en terme d'éducation, un problème particulièrement présent chez les femmes : "Dans le monde, 750 millions d'adultes dont 2/3 de femmes ne possèdent pas les compétences d'alphabétisation de base. Donc si on a une priorité en terme d'éducation c'est investir dans l'éducation des jeunes filles. Sans cela, il n'y aura pas d'égalité hommes-femmes."

Enfin, outre la mise en place d'une stratégie fiscale harmonisée et d'une redistribution des richesses plus égalitaire, Macron a également évoqué l'enjeu climatique.

"Sur le climat, nous ne sommes pas à la hauteur, nous sommes en train de perdre la bataille." a-t-il affirmé.

Et pourtant : "La nouvelle route de la soie doit être une route verte, nous ne pouvons pas avoir de route construite sur du charbon".