Tandis que les cyclones tropicaux deviennent de plus en plus violents, les scientifiques ont proposé d’inventer une nouvelle classification des tempêtes.

L'échelle de l’intensité des ouragans Saffir-Simpson va de 1 à 5 ; 5 décrivant une destruction quasi-totale. Mais selon des experts réunis lors d'une conférence en Nouvelle-Zélande, il pourrait être nécessaire d'établir une catégorie 6, car le changement climatique conduit à des phénomènes météorologiques plus extrêmes.

Le typhon Haiyan

En 2013, l'Asie du Sud-Est a connu la tempête la plus violente jamais enregistrée au moment de toucher terre, avec des vents de 315 km/heure. Le typhon Haiyan a fait plus de 6 000 morts et près de 1 800 disparus. Il a dévasté une grande partie de l'Asie du Sud-Est, en particulier les Philippines, endommageant plus d'un million de maisons. Plus de 27 000 personnes ont été blessées et 4 millions déplacées.

Un tel niveau de destruction s’explique par le fait que le typhon a atteint son intensité maximale à l’instant même où il a touché terre ; provoquant une marée de tempête de 4 mètres de haut dans la baie de Tacloban.

 Une maison détruite au milieu d'arbres tombés, au centre des Philippines.
Une maison détruite au milieu d'arbres tombés, au centre des Philippines.
Image : Image : REUTERS/Edgar Su

L’ouragan Patricia

En 2015, l'ouragan Patricia a frappé la côte du Mexique avec des vents de 265 km/h, ce qui en fait la plus puissante tempête jamais enregistrée dans la région des Amériques. Un porte-parole de l'Organisation météorologique, Claire Nullis, a déclaré qu'à un moment donné, les vents de l'ouragan étaient assez forts pour « faire décoller un avion et le maintenir en vol ».

L'ouragan n'a pas causé les dommages catastrophiques que beaucoup avaient anticipés, car les vents sont restés confinés à une petite zone et ont frappé une région relativement peu peuplée. Patricia a causé des glissements de terrain, des inondations et des pannes d'électricité et a forcé des milliers de personnes à fuir leurs maisons et les stations balnéaires.

 Le toit endommagé à Casimiro, au Mexique, après l'ouragan Patricia.
Le toit endommagé à Casimiro, au Mexique, après l'ouragan Patricia.
Image : REUTERS/Edgard Garrido

Le cyclone tropical Winston

En 2016, les îles Fidji ont été dévastées par le cyclone tropical Winston, qui a tué 42 personnes. Avec des vents atteignant 296 km/h, le cyclone a endommagé 32 000 maisons, laissant des centaines de milliers de personnes sans abri. Le gouvernement fidjien a estimé les pertes totales à plus d’1,4 milliard de dollars, avec des centaines d'écoles endommagées, des services publics de base perturbés et des récoltes et des ressources de subsistance détruites.

Lors de la Conférence sur le changement climatique du Pacifique à Wellington, le ministre néo-zélandais du Changement climatique, James Shaw, a déclaré que Winston était un exemple de cyclone qui aurait pu être classé dans la catégorie 6. « La seule raison pour laquelle ce n'était pas un cyclone de catégorie 6, c'est parce que nous n'avons pas de catégorie 6, mais nous pourrions en avoir besoin à l'avenir. »

Auparavant, la catégorie 5 était considérée comme la plus élevée dont on ait eu besoin car elle entraînait la destruction totale de l'infrastructure humaine. Michael Mann, directeur du Earth System Science Center de l'Université d'État de Pennsylvanie, a déclaré que ce n'était plus d’actualité en raison de bâtiments aujourd’hui plus robustes.

« Cette échelle étant désormais autant utilisée dans un contexte scientifique que dans un contexte d'évaluation des dommages, il est logique d'introduire une catégorie 6 pour décrire les tempêtes d’une intensité sans précédent, vues au cours des dernières années.

M. Mann a déclaré que la catégorie 6 « permettrait de mieux partager la constatation bien établie à présent que le changement climatique rend les fortes tempêtes encore plus puissantes ».

Selon Chris Brandolino, un scientifique de l’Institut national néo-zélandais de recherche sur l’eau et l’atmosphère, l'introduction d'une autre catégorie pourrait semer la confusion chez les gens.

Il a déclaré : « Les catégories ont un sens pour le public et il est facile pour nous de comprendre et de communiquer la gravité d'une tempête. J'encourage toujours à réévaluer la science, mais selon moi cela implique de revoir l’échelle dans son ensemble, et pas seulement d’ajouter une catégorie. Peut-être que toute l'échelle doit être repensée pour refléter l’époque ».