« Rien n’est plus fort qu’une idée dont l’heure est venue » disait en son temps Victor Hugo. Il n’en demeure pas moins que souvent, des réticences se manifestent, liées à la peur et la méconnaissance d’un sujet. En matière d’intelligence artificielle, il est temps de démêler le vrai du faux et de s’attaquer aux idées reçues.

1/ L’IA va supprimer des emplois

Faux. Elle va au contraire en créer. Prenant le contre-pied des prévisions les plus pessimistes, le cabinet Accenture a d’ailleurs présenté récemment à Davos une étude tentant de prouver que l’intelligence artificielle pourrait augmenter en moyenne de 10 %, les effectifs des entreprises ayant investi dans cette technologie

2/ L’IA tue la création publicitaire

Faux. Et si l’intelligence artificielle, loin de tuer la créativité, était au cœur du processus de création publicitaire ? « Avec l’intelligence artificielle des meta-DSP nouvelle génération qui agrègent les données de différentes sources (reach, data, vidéo, display, search, native …), les spécialistes du marketing peuvent mettre en place une expérience publicitaire sans couture. Les technologies cross-canal agiles et auto-apprenantes d’un meta-DSP aident à créer des storytellings immersifs et cohérents qui déterminent aussi les futurs piliers conversationnels de votre marque », observe Content Strategy Manager at Kantar Media.

3/ L’IA rend obsolète toute intervention humaine et va surpasser l’homme

Faux. Pour fonctionner correctement, les intelligences artificielles ont besoin du savoir faire de l’être humain. Des millions de personnes contribuent à mettre en place des programmes complexes. Par ailleurs, le recours à l’intelligence artificielleaccroît la pertinence et la qualité de la réflexion des êtres humains grâce à la gestion des data. Encore faut-il gouverner les algorithmes pour éviter qu’ils ne nous gouvernent. Si la bonne gouvernance peut se caractériser comme l’organisation d’un travail collaboratif, elle se définit d’abord comme la capacité à prendre de bonnes décisions. Désormais, gouverner est un exercice plus humble mais aussi plus risqué, parce que dépendant de machines aux ressources insoupçonnables. L’usage généralisé des algorithmes génère parfois de l’angoisse. Mais il faut savoir qu’aujourd’hui, 99 % des systèmes d’intelligence artificielle concernent des applications spécialisées. L’apprentissage des robots peut laisser croire soudain dérisoires la réflexion et l’intelligence humaine. Pour autant, la machine, pour rendre plus automatiques et aisées les fonctions de prédiction ou de personnalisation, n’en a pas encore remplacé l’homme.

4/ L’IA est un phénomène nouveau

Faux. Si l’intelligence artificielle est à la mode, elle n’est pas nouvelle. L’apparition des premiers réseaux de neurones artificiels remonte à plus d’un demi-siècle et la recherche applicative a même connu une bulle dans les années 1990. Depuis vingt ans, l’apprentissage expérimental des machines, à partir de données et de modèles fournis, a fait d’énormes progrès.

5/ L’IA déshumanise la relation client

Faux. La relation client peut au contraire gagner en qualité. La technologie n’est qu’un moyen, c’est l’humain qui définit les objectifs. L’être humain reste fondamentalement au centre du jeu et maître de son destin.

6/ L’IA s’affranchit de toute réflexion éthique

Faux. En 2015, dans une lettre ouverte, Stephen Hawking ou Elon Musk résumaient les termes du dilemme : « Il faut bannir les armes autonomes, partager les richesses créées par l’intelligence artificielle, faire financer par les gouvernements la recherche dans la sécurité de ces technologies et enfin amener les machines à apprendre nos valeurs ». Par ailleurs, la Cnil réfléchit constamment à la façon de protéger les libertés individuelles. Le robot pourrait-il apprendre à s’affranchir de l’homme ? Si cette question est hors du champ de la science actuelle, il n’en demeure pas moins qu’une réflexion éthique doit éclairer le bon usage d’algorithmes d’apprentissage.