Objectif : construire une infrastructure fiable et efficace pour les villes de demain.

Ils l'ont annoncé début mai : les plus grands constructeurs ont créé un groupe de recherche sur la blockchain pour l'utiliser dans l’industrie automobile. Le nom du consortium : MOBI, pour Mobility Open Blockchain Initiative.

QUI ?
Le Groupe Renault, General Motors, BMW, Ford, mais aussi IBM, Bosch ou encore Accenture. Les entreprises impliquées réunissent plus de 70% de la production mondiale de véhicules, selon le communiqué publié par le nouveau groupe.

POURQUOI ?
La priorité numéro un est de donner aux utilisateurs comme à l’industrie automobile plus de contrôle et de sécurité sur les données utilisées pour faire rouler leurs machines. Sur le plus long terme, il s’agit de les rendre plus sûres, moins chères et globalement plus abordables.

POURQUOI C'EST IMPORTANT :
Parce que la création de la MOBI illustre une nouvelle possibilité offerte par la blockchain dans la gestion des données automobiles. Et parce que les retombées espérées pourraient aussi toucher plusieurs pans de la ville connectée.

DATA IS A GIFT
Reprenons au début : la blockchain, c’est cette techno qui stocke des données ou des « contrats intelligents » dans des blocs. Chaque bloc, sécurisé grâce à des techniques cryptographiques, est assemblé et vérifié par certains utilisateurs. Une fois le bloc validé, on l’ajoute à la chaîne globale de transactions.

L’architecture du système est telle qu’il est totalement décentralisé, et que n’importe quel utilisateur de la blockchain peut ensuite vérifier la validité des transactions - c’est ce qui rend ce système théoriquement inviolable.

Le rapport avec les voitures connectées ?

*Elles accumulent déjà une sacrée somme de données - 1 milliards d’octets par jour pour une seule voiture.

*Plus les voitures autonomes - mais aussi les villes connectées - se développent, plus la masse de données produites grossit. Au point de représenter un business à 750 milliards de dollars d’ici 2030.

*Pour les partager efficacement, mais aussi éviter les accidents et les tentatives frauduleuses, il faut améliorer et sécuriser les échanges d’information.

C’est exactement ce que la MOBI espère faire grâce à la blockchain. Et cela conseillée, notamment, par Joseph Lubin, le cofondateur de la plateforme Ethereum.

OUI, MAIS QUELLES DONNÉES ?
Si on schématise, voici les données produites relatives aux véhicules connectés :

Du côté des particuliers :
Vous voulez payer votre place de parking d’un clic sur votre smartphone ? La blockchain sécurise la transaction. Vous préférez partager l’usage du véhicule avec vos voisins pour des raisons économiques oui écologiques ? La blockchain vous permet d’interagir avec eux et de signaler l’emplacement de la voiture.

Siège pivotant mis à part, chacun des capteurs représentés sur ce schéma produit des données
Siège pivotant mis à part, chacun des capteurs représentés sur ce schéma produit des données
Image : (© Le Parisien)

Du côté industriel :
Les voitures sont déjà d’impressionnants réservoirs à data, mais celles-ci sont vouées à se multiplier. La blockchain permettra de fluidifier les interactions entre les machines (les interactions "M2M" pour Machine to Machine). Elle aidera aussi à la gestion d'informations relatives aux stocks des constructeurs et à la gestion des assurances.

Du côté ville connectée :
Les voitures font partie d’un système plus large : grâce à la blockchain, elles pourront communiquer avec les différentes infrastructures connectées (le "V2I" pour Vehicle to Infrastructure) de la ville de demain. Et la gestion des parkings, des ressources d’énergie nécessaires, mais aussi du traffic pourrait s’en trouver maximisée.

Le CEO de MOBI Chris Bellinger explique d’ailleurs que le consortium mènera ses études en open source.
Le but annoncé : faire « coopérer constructeurs, fournisseurs, start-ups et agences gouvernementales » pour accélérer l’usage de la blockchain « au bénéfice des entreprises, des consommateurs et des communautés ».

CE SERA UN DES PILIERS DE LA VILLE DE DEMAIN
Bref, avec la création d’un consortium dédié à la mobilité, on met le doigt sur le potentiel de la blockchain pour les villes intelligentes - encore elles. Au delà des transports, elle pourrait par exemple donner un coup de boost :

*Aux questions énergétiques : en Allemagne, il existe déjà un réseau de partage de bornes de recharge pour les voitures électriques basé sur cette technologie.

*Aux problèmes de gestion des stocks : que l’on parle pharmacies, supermarchés ou même oeuvre d’art, le propre de la blockchain est à la fois de faire circuler l’information et de la sécuriser. Elle permettrait donc d’adapter les stocks de toutes sortes de vendeurs à la demande, mais aussi de certifier la provenance d’un vêtement, d’une oeuvre ou d’un médicament pour éviter la contrefaçon.

Et à quantité d’autres domaines qu’il ne nous reste plus qu’à imaginer.