En Nouvelle-Zélande, la lutte contre le réchauffement climatique passe par la sélection génétique des moutons. Des chercheurs ont réussi à réduire de 10 % la production de méthane des brebis, développant même au passage chez ces animaux d’autres avantages pour les agriculteurs.

La Nouvelle-Zélande abrite 30 millions de moutons pour 4,7 millions d’habitants. Ça fait 6 moutons par personne. Ça fait surtout beaucoup de gaz à effet de serre. L’ensemble du bétail pète et rote en masse, rejetant du méthane, gaz 25 fois plus réchauffant dans l’atmosphère que le CO2. « Les émissions du bétail sont le plus gros contributeur des émissions de gaz à effet de serre (GES) de la Nouvelle-Zélande et représentent environ 10 % du total des émissions de GES de l’Australie », souligne le média australien ABC.

Dans un article publié le 6 juin, ABC relate les travaux de scientifiques néo-zélandais qui ont croisé des moutons pour créer une variété « climate-friendly », produisant 10 % de méthane en moins. Les scientifiques de l’Invermay Agricultural Centre, dépendant de l’entreprise AgResearch, ont obtenu ces animaux écolos en trois générations, après avoir séparé deux cents brebis en deux groupes séparant les individus fortement émetteurs et faiblement émetteurs de GES.

Atteindre 40 %

En comparant ces deux groupes, les scientifiques ont déterminé que 20 % des caractéristiques des brebis faiblement émettrices étaient non seulement héréditaires mais fournissaient d’autres avantages aux agriculteurs. « Nous avons constaté une plus forte croissance de la laine [chez ses brebis]. Ces animaux avaient également tendance à être plus maigres […] et mangeaient de plus petits repas, à une fréquence plus élevée que leurs congénères fortement émetteurs », explique à ABC le docteur Suzanne Rowe, spécialiste en génétique quantitative et qui a dirigé ces travaux.

 Pour mesurer les émissions des moutons et les sélectionner, les chercheurs les ont isolé dans ces « chambres à pet ».
Pour mesurer les émissions des moutons et les sélectionner, les chercheurs les ont isolé dans ces « chambres à pet ».
Image : Source : AgResearch : ABC

L’article australien recense d’autres travaux scientifiques allant dans la même direction. Par sélection génétique, sélection de nourritures générant moins de méthane ou modification du microbiote du système digestif des ruminants, les réductions des émission de GES produit par le bétail pourraient atteindre jusqu’à 40 %, d’après le docteur Philip Vercoe, de l’University of Western Australia.

Une solution encore moins complexe et plus efficace consisterait à diminuer la consommation de viande. Selon une étude de 2017 de l’ONG Grain, l’élevage industriel représente aujourd’hui 15 % des émissions de GES de la planète. Davantage que le secteur des transports. Au passage, cela sauverait aussi des terres arables, de l’eau potable, protégerait les forêts, les poissons et pourrait accessoirement améliorer notre santé.