*La validation des transactions réclame une forte puissance de calcul, rappelle un nouveau rapport de la Banque des règlements internationaux sur les crypto-monnaies.

*La quantité d'électricité nécessaire pour une crypto-monnaie comme le Bitcoin équivaut à la consommation d'énergie de l'économie suisse.

*Les crypto-monnaies subissent des phénomènes de congestion lorsque trop d'opérations sont effectuées au même moment.

Les crypto-monnaies remplaceront-elles un jour les monnaies conventionnelles? Ce n'est pas gagné, selon la Banque des règlements internationaux (BRI), une institution financière regroupant 60 banques centrales à travers le monde.

Selon un rapport publié le 17 juin 2018, dont La Tribune s'est fait l'écho, l'usage des crypto-monnaies représente un vrai défi énergétique, avec des conséquences sur le plan environnemental. En effet, le système de vérification décentralisé des transactions, appelé "minage" et qui repose sur la technologie de la blockchain, réclame des ordinateurs très puissants.

"Les installations individuelles exploitées par les mineurs peuvent accueillir une
puissance de calcul équivalente à celle de millions d'ordinateurs personnels. Au moment où nous écrivons, la consommation totale d'électricité pour le minage du Bitcoin équivaut à celle d'une économie de taille moyenne comme la Suisse, et d'autres crypto-monnaies utilisent aussi beaucoup d'électricité", précise le rapport.

"En termes simples, la quête d'une confiance décentralisée est rapidement devenue une catastrophe environnementale", ajoute la BRI.

 Capture d'écran du rapport de la BRI
Capture d'écran du rapport de la BRI
Image : Banque des règlements internationaux

En outre, si les crypto-monnaies étaient utilisées pour réaliser des paiements au quotidien, elles seraient dans l'obligation de changer d'échelle, ce qui paraît aujourd'hui compliqué. Pour le moment, le nombre de transactions réalisées par des crypto-monnaies comme le Bitcoin ou l'Ether reste très éloigné par rapport à des systèmes de paiement comme Visa, MasterCard ou même PayPal.

"Le problème va bien au-delà de la capacité de stockage et s'étend à la capacité de traitement: seuls les super-ordinateurs peuvent tenir le rythme de vérification des transactions entrantes. Les volumes de communication associés pourraient paralyser Internet, des millions d'utilisateurs échangeant des fichiers de l'ordre d'un téraoctet", prévient l'institution basée à Bâle.

57 dollars de frais pour un café à 2 dollars

Les crypto-monnaies connaissent déjà des problèmes de congestion, lorsque beaucoup d'opérations interviennent au même moment, ce qui entraîne une hausse du coût des transactions.

"Les frais peuvent augmenter fortement durant les pics. En décembre denier, ils ont atteint 57 dollars par transaction. Donc imaginez, si vous achetiez un café à deux dollars avec le Bitcoin, vous deviez payer 57 dollars pour effectuer cette transaction", souligne Hyun Song Shin, conseiller économique et directeur de la recherche de la BRI.

Les crypto-monnaies ont donc encore du chemin pour remplacer les monnaies conventionnelles et les systèmes de paiement soutenus par les banques et institutions internationales.

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