À mesure que l'automatisation et la main-d'œuvre non salariée (telle que les travailleurs indépendants) se répandent dans le monde du travail, les hypothèses sur l'avenir du travail cèdent la place à une meilleure compréhension des défis à relever.

Les nouvelles réalités auxquelles sont confrontées les organisations qui s'efforcent de combiner le talent humain et les machines sont révélées par l’Enquête sur l'avenir mondial du travail - Willis Towers Watson 2017-18. Ses recherches brisent cinq mythes sur l'avenir du travail :

Mythe 1 : les organisations utilisent l'automatisation principalement pour réduire les coûts et minimiser les erreurs

Faux : plus de la moitié des employeurs (57 %) affirment que le principal objectif de l'automatisation est d'accroître le rendement humain et la productivité. Un pourcentage beaucoup plus faible indique que l'objectif est de réduire les coûts (24 %) et d'éviter les erreurs (15 %). L'automatisation joue de plus en plus un rôle transformateur dans le monde du travail en augmentant, et non en remplaçant, les talents.

 Enquête sur l'avenir mondial du travail -
Enquête sur l'avenir mondial du travail -
Image : Willis Towers Watson 2017-18.

Mythe 2 : l'automatisation du travail est réservée au domaine informatique

Faux : il n’y a pas que dans l'informatique que l'on peut utiliser efficacement l'automatisation du travail. En fait, plus de 60 % des employeurs affirment qu'il faudra adopter des approches novatrices dans des domaines comme la gestion du rendement et le développement du leadership pour relever les défis de l'automatisation et de la numérisation. Ces résultats mettent en évidence la vaste transformation nécessaire pour tirer pleinement parti de l'automatisation.

De nombreuses organisations ne semblent pas prêtes à relever certains des défis les plus importants liés à l'application de l'automatisation, comme la déconstruction des emplois et l'identification des voies de reconversion pour les talents dont les tâches professionnelles sont redéployées. En moyenne, moins de 5 % des répondants au sondage disent qu'ils sont tout à fait prêts à faire face à l'évolution des besoins dans ces domaines.

Enquête sur l'avenir mondial du travail -
Enquête sur l'avenir mondial du travail -
Image : Willis Towers Watson 2017-18.

Mythe 3 : l'automatisation du travail aura un impact largement négatif sur les travailleurs et les emplois

Faux : l'automatisation entraînera de nouvelles combinaisons de travail, exigences en matière de compétences et relations de travail, ce qui augmentera les primes à la compétence dans certains domaines et les diminuera dans d'autres. Par exemple, en raison de l'automatisation, 45 % des organisations s'attendent à reconcevoir les emplois au cours des trois prochaines années, afin d'exiger plus de compétences. Elles prévoient donc de dépenser davantage pour ces compétences.

Mythe 4 : l'automatisation du travail entraînera des pertes d'emplois dans toutes les catégories de travailleurs

Faux : l'automatisation contribuera à des pertes d'emplois, ainsi qu'à des gains, parmi différentes catégories de travailleurs. Bien que les organisations s'attendent à réduire le pourcentage d'employés à temps plein de 83 % aujourd'hui à 77 % en trois ans, elles pensent aussi qu'elles auront besoin d'un plus grand nombre de travailleurs indépendants.

Par exemple, tandis que 19 % des répondants affirment qu’aujourd’hui l'automatisation leur permet ou leur impose de faire appel à davantage de talents non employés, comme les indépendants ou les entrepreneurs, ce chiffre devrait passer à 50 % au cours des trois prochaines années.

Mythe 5 : les travailleurs indépendants ne sont pas impliqués et ne s'engagent pas à assurer le succès de votre organisation.

Faux : alors que dans le passé, les employeurs pouvaient considérer les travailleurs indépendants (occasionnels) comme un moyen de faire des économies et s'engageaient avec eux dans une relation purement transactionnelle, aujourd'hui, beaucoup reconnaissent la valeur que les travailleurs occasionnels apportent à leur organisation. Ils apprécient la nécessité d'établir une relation plus durable. Environ la moitié des employeurs affirment que les travailleurs indépendants sont aussi susceptibles de faire des efforts supplémentaires que les employés à temps plein. Et plus de la moitié croient que ces travailleurs sont tout aussi susceptibles de recommander leur organisation que les employés à temps plein, ce qui souligne l'importance d'impliquer tous les travailleurs.

Aller au-delà des mythes

Briser ces mythes aide à clarifier la nature changeante du travail, ainsi qu'à mettre en évidence les domaines où un changement institutionnel est nécessaire. Les étapes suivantes peuvent aider les organisations à se préparer à l'avenir du travail :

Comprendre l'impact de la technologie et de l'automatisation sur le travail.

Évaluer comment le travail peut être décomposé en tâches fondamentales et comment celles-ci peuvent être automatisées, redéployées ou reconstituées en tant que nouveaux emplois qui permettront la combinaison optimale de différentes options de travail, telles que l'IA, la robotique et la main-d'œuvre indépendante.

Définir les parcours de reconversion

En fonction des nouvelles exigences de travail, déterminer les compétences dont votre organisation aura besoin à l’avenir et les voies que devront suivre les talents dont le travail sera affecté par l'automatisation pour acquérir ces compétences. Le nouveau monde du travail exigera de chaque travailleur non seulement l'amélioration de ses compétences existantes, mais aussi une reconversion radicale à différents moments. Par exemple, un représentant commercial pourra avoir besoin d'acquérir des compétences en IA.

La plupart des organisations ne peuvent pas faire cavalier seul lorsqu’il s’agit de planification des programmes d'apprentissage et de développement. Elles devraient envisager d'établir des partenariats avec des tiers, comme des universités ou des entreprises de formation en ligne, afin d'offrir des programmes répondant aux besoins de leurs talents clés. En outre, les compétences en matière de curation de contenu seront essentielles pour garantir la qualité et la pertinence de ces programmes.

Diriger le changement et s'impliquer dans ces nouvelles façons de travailler

Fournir une « Proposition de Valeur Talent » qui tiendrait compte des besoins et des préférences de tous les travailleurs - employés et non-employés. Par exemple, les travailleurs indépendants peuvent particulièrement apprécier les possibilités d'apprentissage ou l’opportunité de travailler sur un projet de grande envergure qui apportera un plus à leur CV et facilitera leurs chances d'obtenir des contrats en continu.

Face à l'évolution rapide de l'automatisation du travail, les entreprises devront façonner des leaders et des managers capables d'orchestrer un écosystème radicalement différent tout en gardant tous leurs talents pleinement impliqués. Elles devront s'assurer d'avoir les bons outils et la bonne formation, dans des domaines allant de l'acquisition de talents à la gestion du rendement, afin d'offrir une expérience de travail significative à chacun.

Ces mesures aideront les organisations à faire face aux nouvelles réalités d'un monde du travail perturbé et à tirer profit des nombreuses nouvelles façons d’effectuer une tâche.