Grâce à des résultats trimestriels flamboyants notamment imputables au prix plus élevé de certains modèles de son produit phare l’iPhone, Apple est devenue la première entreprise du monde à atteindre une valorisation dépassant les 1 000 milliards de dollars. Mais derrière la firme de Cupertino, ils sont quelques-uns à pouvoir prétendre à un tel destin.

« Il faut que le cours de Bourse atteigne 203 dollars pour atteindre mille milliards de dollars de capitalisation boursière ». Mercredi matin, dans la foulée des résultats trimestriels de la marque à la pomme, les analystes sortaient leur calculatrice pour savoir si la perspective d’une valorisation historique d’Apple à 1 000 milliards de dollars était plausible. « Ce n’est qu’une question de temps », avaient clairionné la plupart des analystes. Et du temps il n’en aura pas fallu beaucoup – moins de deux jours-pour que le fabricant de l’iPhone atteigne le firmament, entrant ainsi dans l’histoire. Ainsi, le 2 août, date qui restera à jamais gravée, le titre Apple a clôturé en hausse de 2,92% à 207,39 dollars, un cours qui lui conférait alors une capitalisation de 1 002 milliards de dollars pour être précis. En séance, l’action a même inscrit un nouveau pic à 208,38 dollars, ce qui lui donnait alors une valeur boursière de 1 006 milliards. Comme judicieusement rappelé par Reuters, Apple s’est introduit en Bourse le 12 décembre 1980 à un prix équivalent à 39 cents par action. Son cours a depuis été multiplié par 500, 25 fois plus que le S&P 500, l’indice de référence de Wall Street, et sa capitalisation dépasse celle, combinée, d’Exxon Mobil, de Procter & Gamble et d’AT&T. Une prouesse imputable, comme évoqué en préambule à des résultats trimestriels particulièrement impressionnants.

Sur le front des ventes, par exemple, Apple a surpassé les prévisions, celles-ci atteignant 53,3 milliards de dollars sur la période (troisième trimestre de son exercice décalé 2017-2018), contre 45,41 milliards d’euros l’an passé à pareille époque, et 52,34 milliards attendus par le marché. En termes de bénéfice par action, considéré comme l’indicateur de référence à Wall Street, là-aussi Apple a battu le consensus puisque celui-ci est ressorti à 2,34 dollars contre 2,18 dollars attendus par le marché. Enfin, la marque à la pomme peut également « remercier » l’iPhone qui a très largement contribué à cette incroyable performance boursière. Car si Apple a écoulé 41,3 millions d’iPhone sur la période avril-juin, soit un peu moins que les 41,8 millions attendus par les analystes, le prix moyen de vente des appareils s’est, en revanche, établi à 724 dollars (619 euros), là où le consensus FacSet tablait sur 694 dollars. Un « différentiel » expliqué par Luca Maestri, directeur financier de la marque à la pomme, à nos confrères de Reuters, le prix moyen de 724 dollars ayant été dopé par les derniers modèles les plus coûteux du groupe, au premier rang desquels l’iPhone X, commercialisé à 999 dollars, soit allègrement au-dessus de la moyenne susmentionnée.

Qui pour rejoindre Apple au sommet ?

Fort de tous ces éléments, la firme pilotée par Tim Cook va-t-elle restée seule au sommet ? Qui sera le prochain à franchir le cap des 1 000 milliards de dollars ? Premier sur la liste, Amazon dont la capitalisation boursière avoisine aujourd’hui les 889 milliards de dollars. Le groupe de Jeff Bezos, homme le plus riche du monde selon notre classement annuel, devance d’une courte tête Alphabet, maison-mère de Google qui a, à l’instar du géant du commerce en ligne, a signé des résultats de haute voltige, et dont la valorisation est estimée à 856 milliards. Microsoft, longtemps maître de Wall Street, frôle, pour sa part, les 830 milliards. « Des trois groupes, je dirais qu’Amazon sera le prochain à atteindre les 1 000 milliards », assène Dan Morgan, gérant chez Synovus Trust, cité par Reuters. Autre élément étayant une futur radieux pour Amazon, l’envolée de son cours de bourse sur les 12 derniers mois : +85% (!) soit une progression surperformant allègrement celle du S&P 500, qui ne s’élève « qu’à » 14%, soit six fois moins. Les 34% de croissance du titre Apple, sur la même période, font pâle figure à côté de la trajectoire impressionnante d’Amazon.

Si Les hausses passées ne préfigurent évidemment pas la performance future, les graphiques montrent que le géant du e-commerce dépassera celle de la marque à la pomme en fin d’année si les deux titres maintiennent leur trajectoire des 12 derniers mois. Dans cette même hypothèse, Alphabet et Microsoft atteindraient les 1 000 milliards de dollars de capitalisation courant 2019. En outre, les objectifs de cours moyens des analystes situent la valeur boursière d’Apple à 1 050 milliards de dollars et celle d’Amazon à 1 020 milliards, contre 970 milliards pour Alphabet et 953 milliards pour Microsoft, d’après les données de Thomson Reuters. Apple devrait donc être, d’ici l’année prochaine, sauf cataclysme bien « entouré » au sein du cercle des entreprises valorisées à plus de 1 000 milliards de dollars.