Des chercheurs américains et hongrois décrivent un nouveau type de cellules découvert dans le cerveau humain. Ces neurones inhibiteurs du cortex n'ont jamais été décrits chez la souris ni d'autres animaux de laboratoire.

Qu'est-ce qui rend le cerveau humain si spécial par rapport à celui d'un animal ? Son organisation, ses cellules ? Dans une étude parue dans Nature Neuroscience, des chercheurs de l'institut Allen à Seattle et de l'université de Szeged en Hongrie apportent un élément de réponse : ils ont trouvé dans le cerveau humain un nouveau type de cellules encore jamais vues dans des modèles animaux.

Les scientifiques les ont surnommées « neurones églantiers » à cause de leur morphologie évoquant une rose qui aurait perdu ses pétales. Il s'agit de neurones inhibiteurs qui utilisent le Gaba comme neurotransmetteur et freinent l'activité d'autres neurones. Les chercheurs ne sont pas certains que ces cellules soient spécifiques à l'espèce humaine, même s'ils ne les ont pas retrouvées dans le cerveau des rongeurs.

 Reconstruction du nouveau type de neurone identifié, avec une forme évoquant un bourgeon.
Reconstruction du nouveau type de neurone identifié, avec une forme évoquant un bourgeon.
Image : © Boldog, et al.; Nature Neuroscience 2018.

Des neurones inhibiteurs du cortex humain

Pour leurs travaux, les chercheurs ont disséqué des cerveaux d'hommes décédés à la cinquantaine, qui avaient fait don de leur corps à la science. Ils ont réalisé des coupes de la partie superficielle du cerveau : le cortex. En Hongrie, les scientifiques se sont penchés sur la forme et le fonctionnement électrique des cellules, et aux États-Unis sur l'expression des gènes. Les chercheurs américains ont mis en évidence une signature génétique particulière chez ces cellules, jamais observée chez des neurones de rongeurs. Les chercheurs hongrois ont montré que ces neurones faisaient des synapses avec des neurones pyramidaux : ce sont donc des interneurones.

Les scientifiques veulent continuer à étudier ces cellules pour savoir si elles jouent un rôle dans certaines pathologies neurologiques. D'ailleurs, l'absence, chez la souris, de neurones typiquement humains soulève la question de la fiabilité de ces modèles animaux pour l'étude de maladies comme Alzheimer.

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