Les Estoniens peuvent immatriculer une nouvelle entreprise en ligne sans quitter leur bureau. Les Brésiliens peuvent déclarer leurs impôts sur Internet. Les Moscovites et les Porteños - citoyens de Buenos Aires - participent aux décisions du gouvernement municipal et interagissent avec les municipalités au moyen d'applications mobiles. Dans un avenir relativement proche, chaque interaction avec un gouvernement pourrait se faire en ligne. Les économies de temps et de coûts pour les citoyens et les gouvernements seraient remarquables. Mais en réalité, seules les personnes connectées à Internet peuvent en profiter. Et beaucoup ne le sont pas. La moitié du monde n'est pas connectée.

Cette fracture pourrait entraver les efforts de transformation numérique bien intentionnés des gouvernements. Dépenser l'argent des contribuables dans des initiatives est difficile à justifier lorsque celles-ci ne profitent qu'à une partie de la population, ou pire encore, ne profitent qu’au sommet de la pyramide, à savoir ceux qui peuvent se permettre une connexion illimitée.

Le mobile prépayé est le moyen le plus populaire de se connecter à Internet, il représente plus de 75 % des utilisateurs de portables en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Mais lorsque les utilisateurs sont à court de crédits prépayés, ils ne peuvent pas accéder aux services publics numériques sur leur téléphone.

Cela arrive souvent et entraine des répercussions dramatiques. Par exemple, au Brésil, huit utilisateurs de mobiles prépayés sur dix se retrouvent sans crédit plus tôt qu'ils ne l’avaient prévu et deviennent alors des citoyens non connectés, incapables d'accéder à un service numérique, y compris l'administration électronique.

Autre facteur qui élargit ce fossé : la vitesse inégale à laquelle les citoyens se connectent à Internet. Les individus les moins bien connectés accèdent à Internet à des vitesses jusqu'à 200 fois inférieures à celles des mieux connectés. Les services à large bande tels que la santé mobile et l'enseignement mobile sont hors de portée pour d’importantes parties de la population, en particulier celles qui en bénéficieraient le plus. Les innovations numériques du gouvernement qui pourraient aider des milliards de personnes ne sont pas déployées et adoptées aussi rapidement qu'elles devraient l'être car, pour beaucoup, l'accès aux données à haut débit coûte trop cher. Les programmes gouvernementaux de transformation numérique ne réaliseront jamais leur potentiel sans Internet pour tous.

Cette énigme pourrait peut-être trouver sa solution dans l'innovation du secteur privé. Au milieu des années 2010, Qualcomm essayait d'accélérer l'adoption des données mobiles en Amérique latine. Dans une région à faible revenu disponible, le caractère abordable des données mobiles était un facteur important pour l'adoption d'Internet. S'il existait un moyen de séparer l'utilisation des données mobiles du paiement, le taux d’adoption augmenterait. Cela obligerait les entreprises ou les gouvernements à justifier, pour des raisons économiques, le paiement d'une sorte d'accès à Internet pour leurs clients ou leurs citoyens.

Ce modèle innovant fut nommé « 1-800 Data » en raison de sa ressemblance avec les numéros gratuits des services de téléphonie fixe vocale, mais ici pour des données mobiles. Il permet aux entreprises et aux gouvernements de payer à leurs clients et à leurs citoyens l'accès Internet mobile à leurs services électroniques. Il garantit que chacun puisse utiliser ses services, qu'il dispose ou non d'un forfait d’échange de données. Le dialogue entre Qualcomm, le gouvernement brésilien, le régulateur des télécommunications et les opérateurs de téléphonie mobile a fait du Brésil le premier pays où « 1-800 Data » était disponible pour 100 % de la population, quel que soit l'opérateur mobile utilisé.

Les banques ont été les premières à adopter ce nouveau modèle et ont excellé à ce titre. Elles ont rapidement compris que les transactions coûtaient 50 fois moins cher en ligne qu’en agence. Cependant, du point de vue de leurs clients, c’est l’inverse qui s’est produit. Cela ne coûte rien aux clients d’entrer dans une agence ou de consulter un distributeur automatique pour obtenir leur solde. Mais ils ont dû faire des dépenses pour accéder aux mêmes informations sur leurs téléphones portables. Les banques ont alors conclu des contrats avec toutes les sociétés de téléphonie mobile du pays et ont annoncé que les clients pourraient accéder aux services bancaires en ligne et via des applications gratuitement, partout et à tout moment.

L'impact de « 1-800 Data » fut étonnant. Le nombre de clients ayant effectué des transactions en ligne a doublé au cours des six premiers mois suivant le lancement de l'initiative. Le nombre de transactions effectuées par client a également doublé, et le nombre de transactions en ligne a quadruplé. Dix millions de clients bénéficient quotidiennement d'un accès gratuit aux services bancaires en ligne. Les coûts économisés en déplaçant des transactions en ligne étaient largement supérieurs aux coûts de télécommunications supplémentaires, et ce nouveau système a généré des revenus additionnels.

Les opérateurs mobiles accueillent à bras ouverts ce type d'innovation et ont rapidement appliqué des mises à niveau de leurs réseaux pour prendre en charge de tels modèles. Ils profitent non seulement de revenus supplémentaires, mais aussi du coût réduit pour acquérir de nouveaux clients de données mobiles. Les clients qui utilisent leurs smartphones pour accéder à des services en ligne gratuits sont plus susceptibles de s'abonner à des produits de données mobiles.

Depuis, l’utilisation de « 1-800 Data » s’est largement répandue. De nombreuses autres banques ont emboîté le pas, de même que des acteurs de diverses industries et de nombreux pays d'Amérique latine. Les acteurs du commerce mobile et du marché proposent la navigation gratuite comme stratégie visant à augmenter le taux de transactions finalisées. Dans le L'impact de « 1-800 Data » fut étonnant. Le nombre de clients ayant effectué des transactions en ligne a doublé au cours des six premiers mois suivant le lancement de l'initiative. Le nombre de transactions effectuées par client a également doublé, et le nombre de transactions en ligne a quadruplé. Dix millions de clients bénéficient quotidiennement d'un accès gratuit aux services bancaires en ligne. Les coûts économisés en déplaçant des transactions en ligne étaient largement supérieurs aux coûts de télécommunications supplémentaires, et ce nouveau système a généré des revenus additionnels.

Les opérateurs mobiles accueillent à bras ouverts ce type d'innovation et ont rapidement appliqué des mises à niveau de leurs réseaux pour prendre en charge de tels modèles. Ils profitent non seulement de revenus supplémentaires, mais aussi du coût réduit pour acquérir de nouveaux clients de données mobiles. Les clients qui utilisent leurs smartphones pour accéder à des services en ligne gratuits sont plus susceptibles de s'abonner à des produits de données mobiles.

Depuis, l’utilisation de « 1-800 Data » s’est largement répandue. De nombreuses autres banques ont emboîté le pas, de même que des acteurs de diverses industries et de nombreux pays d'Amérique latine. Les acteurs du commerce mobile et du marché proposent la navigation gratuite comme stratégie visant à augmenter le taux de transactions finalisées. Dans le