Quelle est donc cette chose qui empêche les grands PDG de dormir ?

Selon un sondage de KPMG, il s’agirait de la croissance modérée du chiffre d’affaires et de la question d’engager ou non du personnel avant que la situation ne s'améliore.

Plus de la moitié des PDG interrogés dans le monde entier préfèrent ne pas prédire de recettes très élevées, prévoyant des hausses de moins de 2 % au cours des trois prochaines années. Et cela se traduit par une réticence à embaucher. Plus de la moitié d'entre eux déclarent qu'ils devront atteindre leurs objectifs de croissance avant d'embaucher des personnes dotées de nouvelles compétences.

Un problème d'effectif

Seuls 37 % prévoient une croissance de l'effectif de plus de 6 % au cours des trois années à venir, une diminution de 10 points par rapport à 2017, selon le sondage de KPMG réalisé auprès de plus de 1 300 PDG.

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L'enquête a montré qu'au Royaume-Uni, les chefs d'entreprise sont plus prudents à propos du chiffre d’affaires, 61 % d'entre eux prédisant une croissance inférieure à 2 %, mais qu'ils sont pourtant plus tournés vers l'avenir lorsqu’il s'agit d'embaucher.

Soixante-et-un pour cent déclarent recruter indépendamment des objectifs de croissance, contre 48 % de leurs homologues dans le monde.

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La prudence révélée par l'enquête pourrait également refléter les difficultés que rencontrent les PDG face aux modèles économiques numériques. D’après les hauts dirigeants, la cybersécurité et les technologies de rupture seraient les plus grands risques pour la croissance après le territorialisme.

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« L'optimisme est tempéré par le réalisme », selon Bill Michael, le président de KPMG UK. « Alors que l'incertitude géopolitique frappe de plein fouet les comités de direction, les cyber-risques et le défi de se connecter aux clients dans un monde numérique restent très préoccupants. »

Les technologies en évolution rapide compliquent l'embauche et les directeurs généraux soulignent la nécessité d'équilibrer la réintégration de leur main-d'œuvre existante dans un contexte numérique en constante évolution.

La rupture numérique

« Nos clients doivent réinventer leurs modèles d'affaires existants en utilisant la technologie numérique », a déclaré Duncan Tait de la société informatique japonaise Fujitsu. « Ils peuvent par exemple automatiser et appliquer l'intelligence artificielle à leurs solutions traditionnelles. »

Seules 28 % des personnes interrogées déclarent que la croissance pourrait être organique, grâce à des stratégies liées à la recherche et au développement ou au recrutement, tandis que les 72 % restantes étudient des approches alternatives. Seize pour cent considèrent la fusion-acquisition comme étant la stratégie de croissance la plus importante et plus d'un quart ont déclaré être très intéressés par des acquisitions au cours des trois prochaines années.

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Selon Miles Roberts, directeur général du groupe DS Smith Plc, entreprise internationale d'emballage basée au Royaume-Uni, la croissance doit évoluer dans le bon sens.

« Nous devons être une meilleure entreprise et pas seulement une plus grande entreprise », a-t-il déclaré. « Et c'est préférable vis-à-vis des clients, ils doivent sentir que nous sommes une entreprise plus responsable et que nous avons gagné le droit d'être une plus grande entreprise. C'est ce sur quoi nous travaillons. Ces obstacles vont continuer de s’accumuler pour chacun de nous. »

Les marchés émergents sont la priorité pour 70 % des dirigeants, l'Amérique centrale et l'Amérique du Sud étant ciblées par un tiers d'entre eux.

Le problème de la cybersécurité

Les PDG de plusieurs secteurs ont déclaré ne pas se sentir préparés à une cyberattaque. Ce sont les entreprises de l'automobile, de la technologie et de la fabrication qui se sentent les plus exposées. Tandis que le caractère inévitable d'une cyberattaque est ressenti à l'échelle mondiale, la menace est perçue comme étant la plus élevée par les dirigeants aux États-Unis, 68 % d'entre eux affirmant que ce n'est qu'une question de temps.

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