SCIENCE - Il y a 5 mois, la Nasa lançait dans l'espaceTESS, le petit frère de Kepler, le télescope spatial qui a permis de découvrir des milliers d'exoplanètes. Après trois mois de voyage, le vaisseau commençait son travail le 25 juillet.

Les premières données de test ont été envoyées le 7 août à la Nasa. Et l'agence spatiale a indiqué ce mercredi 19 septembre que TESS a déjà découvert une exoplanète. La "première planète candidate est une super-Terre autour de l'étoile brillante Pi Mensae, à 60 années-lumières", a précisé le compte twitter de TESS.

On savait déjà qu'une très grosse planète, 10 fois plus massive que Jupiter, orbitait autour, mais ce deuxième astre est une surprise. L'étude doit encore être revue par des pairs avant d'être publiée dans la revue AAS Letter, mais le brouillon est déjà disponible sur le site Arxiv depuis le 16 septembre.

Une "super Terre" pleine d'eau

On y apprend que "Pi Mensae c" est une planète de type "super-Terre", plus grande que la Terre, mais plus petite qu'une géante gazeuse. Elle est environ 2 fois plus grande et 4 fois plus massive que notre planète bleue. Elle est aussi très proche de son étoile, Pi Mensae: elle met à peine 6 jours pour en faire le tour.

Au vu de sa taille et de sa masse, les chercheurs estiment que la planète est majoritairement composée d'eau, d'hydrogène, de méthane et d'helium, avec un coeur rocheux ou métallique. Elle est par contre bien trop près de son étoile pour être habitable.

Pour en savoir plus, il faudrait l'analyser avec le télescope européen Gaia, ou attendre le monstre américain James Webb, le remplaçant d'Hubble. Et justement, l'étoile Pi Mensae, en plus de ne pas être si loin de la Terre que ça, est l'une des plus brillantes disponible pour étudier facilement les planètes qui tournent autour, notent les auteurs.

9999 encore à découvrir

Pour observer Pi Mensae c, TESS a scruté pendant un mois une portion du ciel bien spécifique avec ses 4 caméras surpuissantes. Ce que cherche le télescope, c'est une baisse de luminosité, synonyme de passage d'une planète devant l'étoile. Cela s'appelle la méthode des transits. c'est la baisse dans la courbe ci-dessous:

Image : TESS

Les données récoltées par TESS sont encore dans une phase de test, alors pour s'assurer de leur découverte, les chercheurs ont utilisé les données récoltées par un télescope terrestre. Objectif: vérifier la présence de Pi Mensae c via l'autre méthode de détection, la vitesse radiale. On calcule le mouvement extrêmement faible d'une étoile dû à la gravité des planètes autour de celle-ci. Les résultats corroborent à première vue la découverte de TESS, même s'il faudra attendre la validation par des pairs pour être sûr.

Dans les mois à venir, TESS va à nouveau observer plusieurs fois cette zone et donner plus d'informations sur Pi Mensae c. Mais pas seulement. A la fin de sa mission, le télescope aura analysé 90% du ciel, bande par bande. Soit 400 fois plus que Kepler. Voici le premier résultat visuel, dévoilé par la Nasa le 17 septembre.

Image : NASA

Et sur les 20 millions d'étoiles analysées, 200.000, considérées comme de sérieuses candidates et bien adaptées à de futures études, seront scrutées en détail. A terme, les dernières estimations des chercheurs parient que TESS va permettre de découvrir au moins 10.000 nouvelles exoplanètes. Plus que 9999.