Très grosse surprise... Après avoir dévoilé le nom de son premier client pour un vol touristique autour de la Lune, le collectionneur d'art contemporain Yusaku Maezawa, SpaceX a annoncé que ce milliardaire amènera avec lui une bande d'artistes, qui seront ses invités.

Dans deux tweets diffusés le 13 septembre dernier, SpaceX avait annoncé avoir signé avec un premier client pour un voyage autour de la Lune à bord du lanceur en développement Big Falcon Rocket (BFR). L'identité de ce touriste fortuné et courageux a été dévoilée hier soir aux États-Unis, au siège californien de SpaceX. Il s'agit du collectionneur d'art contemporain Yusaku Maezawa. Ce vol touristique inédit autour de la Lune est prévu en 2023.

Mais Yusaku Maezawa ne sera pas seul à bord. En effet, ce milliardaire « invitera six ou huit artistes du monde entier à me rejoindre dans cette mission vers la Lune », a-t-il annoncé lors de la conférence de presse de cette mission. « Ils devront créer quelque chose à leur retour sur Terre. Leurs chefs-d'œuvre inspireront tous les rêveurs qui sommeillent en nous », a-t-il précisé, soulignant qu'aller sur la Lune était son rêve d'enfant.

Cette annonce a bien sûr surpris la communauté du spatial, pourtant habituée aux coups d'éclats d'Elon Musk. Mais si certaines personnes restent sceptiques, il est vrai que, techniquement, il n'y a pas de difficultés particulières à la réalisation de ce vol autour de la Lune. Seul le délai annoncé — cinq ans — nous paraît optimiste pour un lanceur qui n'existe pour l'heure que sur le papier et qui est d'abord conçu pour des missions à destination de Mars. Des adaptations seront inévitables. Comme le montre l'image qui illustre cet article et représentant le BFR dans sa dernière version, de petites modifications sont déjà visibles par rapport aux représentations précédentes.

La mission touristique autour de la Lune Dear Moon. © SpaceX

Cette mission touristique autour de la Lune se résume au lancement du véhicule spatial sur une trajectoire en 8 faisant le tour de la Lune avec un retour direct vers la Terre. Le trajet est donc différent de celui d'Apollo 8 qui s'était mis en orbite autour de la Lune. Des corrections de trajectoires seront nécessaires mais elles seront réalisées de façon automatique, voire autonome. La mission se terminera par une rentrée atmosphérique avec une récupération en pleine mer qui, elle aussi, ne devrait pas poser de problème. Le bouclier, censé supporter une rentrée martienne, supportera très bien ce retour de la Lune.

De ce point de vue, la mission de SpaceX est donc tout à fait crédible à la condition que le véhicule (la partie lanceur et la partie habitable) passe les écueils de la certification du vol auprès des autorités compétentes. Ce qui signifie plusieurs essais en vol, voire la contrainte d'un vol automatique inhabité autour de la Lune.

Le client, lui, devra assumer le risque d'un vol spatial de six jours. Pendant toute la durée de sa mission, les passagers n'auront rien d'autre à faire qu'admirer le paysage : tout sera contrôlé et commandé depuis la Terre. Quant à la durée du survol au-dessus de la Lune, elle dépendra de l'altitude et du périastre mais devrait être de plus ou moins d'une heure.

 Autre image iconique de la Terre (avec celle acquise par la sonde Voyager), ce lever de Terre a été photographié depuis la capsule Apollo 8 lors de son survol de la Lune en décembre 1968.
Autre image iconique de la Terre (avec celle acquise par la sonde Voyager), ce lever de Terre a été photographié depuis la capsule Apollo 8 lors de son survol de la Lune en décembre 1968.
Image : © Nasa

Premier vol habité à destination de la Lune depuis les missions Apollo

Depuis le premier vol touristique, celui de l'Américain Dennis Tito en 2001 à bord de la Station spatiale internationale, le marché du tourisme spatial est toujours en stand-by et n'a pas décollé. La faute à des projets d'avions suborbitaux ou spatiaux touristiques très en retard sur les plannings initiaux. C'est d'autant plus dommage que la demande est là... Les analyses de marché les plus récentes montrent que le marché du tourisme spatial représenterait entre 25.000 et 40.000 passagers par an à l'échéance 2025-2030. À raison de cinq passagers en moyenne, cela représente 5.000 à 8.000 vols par an, soit une vingtaine par jour. Cela dit, les vols touristiques à la frontière de l'espace de Virgin Galactic et Blue Origin sont prévus d'ici 2020.

S'il existe plusieurs compagnies qui projettent de commercialiser des vols touristiques à la frontière de l'espace ou à quelques encablures de la Terre, seules deux prévoient des vols habités autour de la Lune. SpaceX donc, mais aussi l'Agence spatiale russe et son partenaire américain Space Adventures qui commercialisent des offres touristiques à destination de la Lune avec ou sans halte à bord de l'ISS.

CE QU'IL FAUT RETENIR

*SpaceX a signé un premier contrat d'un vol touristique autour de la Lune.

*Cette mission inédite sera réalisée en 2023 avec à bord une bande d'artistes invitée par Yusaku Maezawa.Le véhicule utilisé pour ce vol est en cours de développement.

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