Likes, followers et selfies sont-ils le reflet d’un narcissisme exacerbé et d’un « moi » en souffrance ? Hier, seuls les stars et les puissants avaient la possibilité de promouvoir leur image. Mais aujourd’hui, grâce où à cause des concepteurs des réseaux sociaux qui ont planifiés notre addiction ou dépendance chacun(e) d’entre nous a maintenant la sensation que son avis ou son look a de l’importance. Cela est agréable pour l’ego, mais cette addiction entraîne souvent une usure à petit feu.

Bienvenue dans l’ère des hypernarcissiques.

Notre cerveau peut-il s’adapter à cette hyper connexion ou va-t-il saturer dans cet espace numérique amplifiant notre rapport à l’information et à l’autre. Faut-il en conclure que le smartphone est devenu un « doudou sans fil ».

Autopromotion

Avec les réseaux sociaux, beaucoup se sont en fait lancés dans une autopromotion professionnelle ou personnelle acharnée. Les Likes sont devenus des baumes au cœur ou des shoots de dopamine qui rendent de plus en plus dépendants.

En fonction de leurs cibles, ou par obligation, beaucoup sont devenus des “posteur(ses)” compulsifs, et se sont mis à étaler leurs vies professionnelles ou personnelles. Ils sont devenus totalement dépendant(e)s du regard des autres.

En fait, ils/elles sont entrés dans l’hyperconnexion pour nourrir en permanence ces fantasmes du surmoi ou moi idéal et pour obtenir ces sucres pour l’egoque sont les likes et les partages. L’augmentation du nombre de followers deviendra elle aussi une addiction.

Rappelons néanmoins, que la plupart gens ne souffrent pas de trop s’aimer, mais plutôt de ne pas être assez bienveillant(e)s avec eux-mêmes.

Cette hyperprésence sur les réseaux devenue un outil de valorisation personnelle, ne fait que révéler au grand jour, le besoin de faire face au complexe de l’imposteur, de plus en plus présent chez la génération « moi d’abord ».

Exhibitions permanentes et voyeurisme

Bien sûr, ces exhibitions permanentes ne reflètent pas la réalité du quotidien professionnel ou personnel. Elles alimentent en fait les penchants de voyeurisme de tous. Cette recherche permanente de l’estime de soi a fait entrer beaucoup d’hyper connectés dans un monde de la télé-réalité.

Et, ce qui devait créer du lien avec les collègues, clients ou amis, n’a fait que créer de la compétition. Tout un chacun, peut passer à cause d’un mauvais post ou d’une mauvaise photo, du In au Out du jour au lendemain.

Publication d’égoportraits

Tout homme est par nature narcissique, mais l’obsession de son image peut devenir un problème pathologique. Au royaume des réseaux sociaux , tous devraient se souvenir que tout le monde ne peut pas devenir roi/reine par la publication permanente d’égoportraits professionnels ou personnels.

Chacun doit donc être prêt à accepter les critiques ou encore l’indifférence,car les réseaux sociaux tels que Twitter, Instagram, Facebook, Instagram, ou Snapchat ne font pas de cadeaux. Une telle vous bloquera, car elle considérera que vous utilisez trop votre physique dans la promotion des produits de votre entreprise. Un autre vous bloquera, car il ne supportera pas votre point de vue, car, trop intelligent par rapport à son post.

L’auto-médiatisation permanente requiert une grande capacité émotionnelle

Un post est une forme de médiatisation de soi ou de son entreprise, avec une très grande part de mise en scène .Le post n’est plus alors le reflet d’une réalité, mais l’expression d’une intention créative. Il est un outil de communication, de promotion, de revendication, de comparaison ou tout cela à la fois. Et qui dit médiatisation dit avoir une grande capacité émotionnelle et pouvoir se détacher des conséquences possibles telles que, dénigrement, frustration, colère, tristesse.

Hygiène digitale

Comme ailleurs il faut sur les réseaux avoir une grande hygiène personnelle. Ne pas tomber dans le miroir aux alouettes que sont le nombre de followers ou les likes et ne pas se laisser piéger par ses fragilités narcissiques en prenant du recul vis-à-vis de ce moi virtuel.

Un équilibre essentiel difficile à trouver quand même les politiciens et les célébrités se retrouvent embarqués dans ce phénomène.

Enfin dans notre époque de “contraction du temps” il faut aussi cesser de supposer que son interlocuteur ou follower est connecté et cesser de se demander pourquoi il ne like ou ne commente pas tout de suite.

Conclusion simple, cesser d’avoir ce doudou digital à portée de main 24/7.