Codirigeante du fonds d’amorçage et programme pour entrepreneurs étrangers dans la Silicon Valley The Refiners, Géraldine Le Meur publie son premier ouvrage, Comme elles, entreprenez votre vie ! (Ed. Diateino). Dans ce livre, elle distille son parcours et ses conseils. Surtout, grâce à une trentaine de femmes – entrepreneures ou non – avec lesquelles elle s’est entretenue, elle insuffle aux lectrices (et aux lecteurs) l’envie de prendre en main leur vie. Son objectif : « démystifier la réussite ».

Un an après MeToo, à l’heure où les réseaux sociaux jouent comme un miroir déformant, et alors que de plus en plus de Français souhaitent se lancer dans l’entrepreneuriat, Géraldine Le Meur, co-dirigeante de The Refiners, publie son premier ouvrage, Comme elles, entreprenez votre vie ! (Les Editions Diateino). Un livre de questionnements, de conseils, mais qui n’est pas un livre de recettes. Démarchée par son éditrice pour raconter sa vie, Géraldine Le Meur retrace son parcours… et celui de trente autres femmes, entrepreneures ou non, histoire d’alimenter la galerie de « rôles modèles » à accrocher dans l’imaginaire des petites filles et des jeunes femmes.

« Aujourd’hui avec les réseaux sociaux, on ne sait plus où est la réalité ! je voulais replacer l’entrepreneuriat dans la vraie vie, loin des strass et paillettes », explique-t-elle. Son objectif : « démystifier la réussite » pour « aider les femmes à dire ‘’je peux’’ ! ».

Celle qui a cofondé sa première entreprise à 23 ans, bien avant l’engouement pour les start-up, et qui s’est durablement installée dans le paysage entrepreneurial avec les conférences LeWeb, se défend de proposer un livre de recettes. Si elle ne dit pas comment faire la pâte, elle en donne malgré tout quelques précieux ingrédients : « les femmes doivent éviter les cloisonnements en se disant par exemple qu’elles ne pourront pas réussir si elles ont des enfants. » La trentaine de femmes rencontrées accompagnent Géraldine Le Meur et les lecteurs sur les chemins de la réflexion sur la place des femmes dans la société.

Chacun sa route

Ainsi, Annie Combelles, première femme diplômée de Sup’Aéro, montre que l’on peut toujours tracer sa route. Clémentine Piazza, fondatrice de InMemori estime de son côté que les femmes doivent faire face à trois défis au moment de la levée de fonds : « les préjugés, les projections et la peur des autres. » Or, selon la jeune femme, l’indépendance financière est le nerf de la guerre.

Autre problématique abordée par Géraldine Le Meur, « préserver l’épanouissement personnel ». Déjà mariée et maman quand elle lance sa première entreprise à 23 ans, Géraldine Le Meur n’aime pas cette dichotomie souvent faite entre vie personnelle et vie professionnelle. « La vie est un tout », martèle-t-elle. Et c’est selon elle ce qui peut faire la force des femmes.

Elle écrit : « les femmes entrepreneures vont changer le monde parce qu’elles assument leur famille et considèrent que toute l’humanité doit agir de même. Elles peuvent conduire à une nouvelle répartition des tâches, mais pas si elles renoncent et réussissent comme les hommes l’ont fait jusqu’à présent, en laissant de côté leur vie familiale. »

Un point de vue que partage Corinne Vigreux, cofondatrice de TomTom qui estime que le fait d’être mère et entrepreneure autorise une certaine flexibilité. Une force, en somme.

Syndrome de l’imposteur

Autre enseignement de ses discussions : « il est temps d’apprendre à mettre en lumière ce que nous faisons plutôt que d’attendre que d’autres le découvrent. » Les femmes souffriraient plus fréquemment du syndrome de l’imposteur, estime Géraldine Le Meur selon laquelle « attendre de cocher toutes les cases a des répercussions sur la prise de risques ». Elle est appuyée par Fany Péchiodat, fondatrice de My Little Paris, qui intime aux femmes de ne pas passer à côté de leur vie par flemme ou par peur.

Au-delà d’être un ouvrage inspirationnel, Comme elles, entreprenez votre vie ! est une bonne prise de température de notre époque. Un an après MeToo, Géraldine Le Meur revient sur ces VC dénoncés pour leur comportement, sur Travis Kalanik contraint de démissionner d’Uber… Mais la Silicon Valley n’est pas la France. « Culturellement nous n’avons pas la même approche. Aux Etats-Unis il fallait que ça clashe, maintenant, il faut reconstruire », dit-elle en espérant que les moindres réactions en France ne cachent pas une crainte de parler. Son rêve, une société plus inclusive.

Et son modèle ? Christine Lagarde. « Je l’admire ! Elle représente ce qu’est une femme qui travaille pour le monde avec une vision claire. »