A l’occasion du Salon SME où elle anime une table-ronde sur la thématique des réseaux féminins, Chrystèle Gimaret, fondatrice d’Artupox et Présidente depuis le printemps dernier de l’incubateur Les Premières, ex-Les Pionnières, fait le point sur l’entrepreneuriat au féminin et sur les nouvelles orientations de ce réseau d’accompagnement.

Elle a été la première incubée par Les Premières. A l’époque, en 2005, l’association s’appelait Les Pionnières, était parisienne et quasiment seule sur le marché des réseaux d’accompagnement des femmes entrepreneures. Treize ans plus tard, l’entreprise de Chrystèle Gimaret, Artupox, emploie 138 personnes et propose ses services de nettoyage écolo à Paris, Stockholm et Copenhague. Comme pour rendre la pareille, l’entrepreneure est entrée au conseil d’administration des Premières en début d’année avant d’en devenir présidente en mai dernier.

« Cela m’avait été proposé à plusieurs reprises, mais j’étais concentrée sur la croissance de mon entreprise. Cette année, le moment était venu pour moi de rendre ce que j’avais reçu, et puis, il y avait urgence. »

Si Les Pionnières, l’étaient bel et bien en 2005, elles n’étaient pas encore Premières en 2017 lors du changement de dénomination. En une douzaine d’années, l’écosystème a vu émerger les réseaux, incubateurs et accélérateurs consacrés à l’accompagnement des femmes entrepreneures. « Changer de nom en 2017 a été un bon coup marketing », explique Chrystèle Gimaret. Un coup concomitant avec l’émancipation de Paris Pionnières, devenu depuis Willa.

Chantiers

Pour mettre en œuvre la réorientation stratégique engagée en 2017, la nouvelle présidente et son conseil d’administration composé de onze personnes, ainsi que les salariés en région, travaillent sur plusieurs grands chantiers.

« L’objectif principal était de faire revenir les partenaires financiers qui étaient partis. Nous avons désormais un partenaire financier par programme. » Et c’est là la grande nouveauté. « Pendant plus de dix ans, Les Premières ont proposé un accompagnement individualisé, ce qui est très bien, mais peu scalable », a constaté Chrystèle Gimaret. Depuis cet été, trois grands programmes sont proposés aux femmes, mais aussi aux équipes mixtes à partir du moment où une femme est cofondatrice.

« Le programme Start, de 24 heures, permet de voir si l’idée est intéressante, si le business model est tenable… Le programme Go de 12 à 18 mois s’adresse aux entreprises qui ont déjà 18 mois d’existence et dont les questionnements sont le pivot, l’accélération… Enfin, le programme Boost de 6 à 24 mois, s’adresse aux entreprises de plus de trois ans et qui réfléchissent à la levée de fonds, à l’export… »

L’avantage de ces trois programmes est de pouvoir retrouver le même accompagnement à Paris, Lyon ou Marseille. Et dans la quinzaine d’incubateurs que compte le réseau Les Premières.

Ambitions

Les critères pour intégrer les trois programmes, au-delà de la durée d’existence de l’entreprise, sont l’adéquation au marché, le potentiel de création d’emplois… « Nous n’allons pas accompagner la jeune femme qui souhaiterait passer de cinq à dix ventes de colliers de perles par mois. Sur la sélection, notre objectif est d’opérer une vraie montée en gamme avec l’accompagnement de vraies boîtes. »

Derrière, le tampon Les Premières permet aux entreprises sélectionnées de se présenter auprès d’une banque ou d’investisseurs avec cette légitimité, cette validation du réseau. Un gain de temps, assure la présidente.

« L’entrepreneuriat au féminin est mis en avant comme jamais auparavant, il faut en profiter ! D’autant que les banques comprennent que les entreprises gérées par des femmes sont plus rentables que les autres [c’est le résultat d’une récente étude, ndlr] », ajoute Chrystèle Gimaret. Son objectif : « pousser les femmes à assumer leurs ambitions. »