D'après une étude de l'Organisation pour le développement et la coopération économiques, la consommation mondiale des matières premières devrait quasiment doubler d'ici à 2060. Quant aux besoins en matières premières à l'échelle mondiale, ils atteindraient 167 milliards de tonnes en 2060 contre 97 milliards actuellement.

Dans un peu plus de quatre décennies, la consommation mondiale des matières premières devrait quasiment doubler. C'est ce que vient de révéler une étude de l'Organisation pour le développement et la coopération économiques (OCDE) intitulée Perspectives mondiales des ressources matérielles à l'horizon 2060, dont les conclusions ont été publiées cette semaine.

Selon les projections de l'organisation onusienne, en 2060, la consommation des matières premières à l'échelle de la planète représenterait l'équivalent de 45 kg par jour et par personne, alors que la population mondiale atteindrait 10 milliards d'habitants et que le revenu moyen par habitant à l'échelle mondiale devrait grandement augmenter. Les besoins à l'échelle de la planète devraient alors atteindre 167 milliards de tonnes en 2060, contre 97 milliards aujourd'hui.

Dans son étude, l'OCDE avance que cette augmentation s'explique par la forte utilisation de minéraux, notamment de matériaux de construction et de métaux en particulier dans les économies en développement en forte croissance. Quant au secteur du recyclage, précise le document, même s'il représente aujourd'hui un dixième du poids du secteur minier dans le produit intérieur brut (PIB) et devrait gagner en compétitivité et se développer, il pèsera beaucoup moins lourd que les activités d'extraction de matières premières. Quant à la demande en Chine et dans les autres économies émergentes, elle devrait se stabiliser en raison de la fin du boom des infrastructures.

Impact sur l'environnement

Cette grande augmentation des besoins mondiaux ne sera pas sans conséquence sur l'environnement. L'étude indique que cette hausse devrait soutenir «l'expansion de l'économie mondiale et l'élévation des niveaux de vie», mais que l'extraction et l'usage des matières premières exerceront une «pression sans égale» sur l'environnement. L'extraction et la production de sept métaux (fer, aluminium, cuivre, zinc, plomb, nickel et manganèse) et de matériaux de construction (béton, sable et gravier) devraient avoir d'importants effets sur l'acidification, la pollution de l'air et de l'eau, le changement climatique, la demande en énergie, la santé humaine ainsi que sur la toxicité de l'eau et des sols.

Aussi, annonce l'OCDE, l'ensemble des émissions imputables à la gestion des matières premières passera de 28 à 50 milliards de tonnes d'équivalent CO2 d'ici à 2060, si aucune disposition n'est prise. : «Si aucune action concrète n'est prise pour relever ces défis, l'accroissement de l'extraction et du traitement de matières premières, tels que la biomasse, les combustibles fossiles, les métaux et les minerais non métalliques, viendra aggraver la pollution de l'air, de l'eau et des sols, et concourir notablement au changement climatique».