Saisissez votre passeport et faites vos valises : voici les 10 villes à visiter absolument. Mais avant de partir, souvenez-vous que le tourisme peut s’avérer une arme à double tranchant. Malgré d’énormes avantages économiques, il peut aussi susciter du ressentiment au sein de la population locale.

En tête des villes à visiter absolument, Copenhague, la capitale du Danemark, reçoit régulièrement des éloges : magnifique endroit à découvrir, il y fait bon vivre, et c’est aussi la meilleure ville pour les cyclistes.

L’Europe, l’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud, l’Asie et l’Afrique sont représentés dans la liste dressée par Lonely Planet. Mais les 10 villes retenues se trouvent toutes dans l'hémisphère nord. Les destinations touristiques les plus appréciées du sud de l'équateur, comme l'Afrique du Sud et l'Australie, n'ont pas réussi à figurer dans ce classement.

La contribution totale au PIB mondial des voyages et du tourisme s'élevait en 2016 à 7,6 milliards de dollars (10,2 % du PIB) et devrait atteindre 11,51 milliards de dollars (11,4 % du PIB) d'ici à 2027. D'ici là, 138 086 000 personnes – ce qui représente 4 % de l'emploi mondial – devraient être amenées à travailler dans le secteur du tourisme.

Mais le succès croissant des listes proposant des lieux de vacances et les louanges des destinations les plus touristiques provoquent des conséquences négatives inattendues.

En 1990, 1,7 million de touristes ont visité la ville espagnole de Barcelone. L'année dernière, ils étaient 32 millions. Or, la ville ne compte que 1,7 million d'habitants, auxquels s’ajoutent trois millions supplémentaires dans les banlieues environnantes.

La ville abrite donc presque 20 touristes par habitant.

Le développement, mené tambour battant pour répondre aux besoins d'un nombre croissant de touristes, a été jugé responsable de l’augmentation des loyers de certains quartiers et des difficultés croissantes rencontrées par les habitants dans leur vie quotidienne.

Albert Recio, de la Fédération des associations d’habitants de Barcelone, a déclaré au Guardian : «Les personnes qui habitent près du parc Güell ne peuvent plus prendre le bus à cause des touristes. Et beaucoup d'entreprises traditionnelles, dont certaines existent depuis plus de 100 ans, ont été chassées. »

Le ressentiment envers les vacanciers a motivé plusieurs manifestations et des graffitis « Tourists Go Home » sont apparus sur les murs de la ville.

Image : REUTERS / Albert Gea

D'autres hauts lieux du tourisme européen, comme Lisbonne et Venise, sont le théâtre de réactions similaires face à un nombre de visiteurs jugé insoutenable. Selon beaucoup de vénitiens, la contribution des touristes à la société et à l'économie locale est faible, et nombreux sont ceux qui qualifient ce type de tourisme de mordi e fuggi, une expression proche de « délit de fuite ».

Dans le comté anglais de Cornouailles, on a reproché aux vacanciers au cours de l'été 2018 d’encombrer les routes au point de les bloquer autour d'un petit nombre de destinations côtières célèbres de la région. Ainsi les plages de Porthcurno et Kynance Cove sont-elles devenues victimes de leur propre succès, pendant que d'autres demeuraient relativement vides. Les touristes ont afflué vers les deux destinations, envahissant rapidement les parkings, à la suite de campagnes promotionnelles. Certains ont abandonné leur voiture sur les routes étroites des environs.

Un porte-parole du South Western Ambulance Service du NHS Foundation Trust, au Royaume-Uni, a déclaré à la BBC : « Cet été, nous avons eu du mal à atteindre les patients à diverses occasions, en raison du stationnement inapproprié de véhicules, en particulier dans les stations touristiques et les zones où les routes sont peu nombreuses. »