Quel est l'endroit le plus dangereux pour une femme ?

Son foyer. C’est en tout cas la conclusion d’une nouvelle étude de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), selon laquelle près de 6 femmes sur 10 tuées intentionnellement sont assassinées par un partenaire intime ou un membre de leur famille. Cela équivaut à 137 décès chaque jour, causés par des personnes de leur entourage. Et ce nombre ne fait qu’augmenter.

Le rapport montre que c’est en Afrique et en Amérique du Nord et du Sud que les femmes sont les plus susceptibles d'être tuées par leur partenaire intime ou un membre de leur famille. En Afrique, le taux est de 3,1 victimes pour 100 000 habitants, contre 1,6 en Amérique du Nord et du Sud. Le taux le plus bas se trouve en Europe. Plus inquiétant encore, l’étude a mis en lumière le peu de progrès concrets réalisés ces dernières années.

Image : Office des Nations Unies contre la drogue et le crime

« Les meurtres de femmes et de filles liés au genre demeurent un grave problème dans toutes les régions, dans les pays riches et les pays pauvres », écrit dans le rapport Yury Fedotov, directeur exécutif de l'ONUDC. « Tandis que la grande majorité des victimes d'homicide sont des hommes, tués par des étrangers, les femmes sont beaucoup plus susceptibles d’être assassinées par quelqu'un qu'elles connaissent. »

Les conclusions s'appuient sur les chiffres du rapport mondial sur la parité entre hommes et femmes du Forum Économique Mondial, qui s’intéresse à la situation des femmes dans la société et cherche à quantifier les différences entre hommes et femmes dans quatre domaines clés : la santé, l'économie, la politique et l'éducation.

Image : Office des Nations Unies contre la drogue et le crime

Dans le rapport du Forum, le sous-indicateur « santé et survie » reflète la violence à l'égard des femmes. Une partie examine le sexe-ratio à la naissance, afin de saisir le phénomène des « femmes disparues » qui prévaut dans de nombreux pays où les familles préfèrent avoir un fils. Une autre partie s’intéresse aux différences d'espérance de vie des hommes et des femmes pour avoir une idée des années perdues en raison de facteurs tels que la violence, la maladie et la malnutrition.

De nombreux pays ont obtenu de bons résultats lors de leur évaluation sur la base de cet indice et 34 pays sur 144 ont atteint la parité, ce qui suggère une faible différence. D’après les données, l'Azerbaïdjan, l'Arménie et la Chine sont les pays les moins bien classés, avec certains des sexe-ratios à la naissance les plus bas au monde.

Image : Office des Nations Unies contre la drogue et le crime

La violence à l'égard des femmes - en particulier la violence et la violence sexuelle entre partenaires intimes - est un problème de santé publique majeur, selon l'Organisation mondiale de la santé. D’après ses estimations, une femme sur trois dans le monde a été victime de violence physique ou sexuelle conjugale ou de violence sexuelle non conjugale au cours de sa vie.

Alors pourquoi tant de femmes sont-elles assassinées ? En plus des violences domestiques, le rapport de l'UNODC cite parmi les causes les meurtres liés à l'honneur ou à la dot et les décès résultant d'un conflit armé. Il note que les violences à l'égard des femmes sont souvent insuffisamment signalées à la police et qu'une grande partie de celles-ci reste cachée.

Image : Office des Nations Unies contre la drogue et le crime

Les conclusions de l'UNODC, qui font partie d'un rapport plus vaste sur l'homicide à venir en 2019, ont des implications pour les décideurs politiques du monde entier. L'agence affirme que les femmes doivent avoir accès à des ressources spécifiques leur permettant de sortir d'une relation violente. Les femmes ont également besoin de services de soutien spécialisés, notamment un abri, des ordonnances de protection, des conseils et une aide juridique, qui sont efficaces pour les aider à sortir d'une relation abusive.