Le marché des satellites télécoms géostationnaires s'est élevé entre quatre ou cinq en 2018. C'est peu, trop peu pour faire vivre une dizaine de constructeurs de satellites.

Entre quatre et cinq, selon les sources interrogées. C'est le nombre de satellites de télécoms commerciaux commandés en 2018 sur le marché ouvert. C'est peu, très peu par rapport aux années précédentes (huit satellites GTO en 2017, 15 en 2016 et 22 en 2015). C'est trop peu également pour faire vivre la dizaine de constructeurs de satellites. Car le marché est complètement atone. A-t-il atteint son niveau le plus bas et va-t-il rebondir dès cette année ? C'est ce qu'anticipe le PDG d'Arianespace, Stéphane Israël, qui présentait mercredi ses vœux à la presse et qui a recensé cinq contrats de satellites vers l'industrie. "Le marché commercial géostationnaire est calme" mais Stéphane Israël anticipe "un rebond" dès 2019, au-delà même du niveau de 2017. L'ensemble du marché géostationnaire (ouvert et fermé) est estimé à plus de 1,2 milliard de dollars en 2018.

Des constructeurs français performants

Sur un marché très restreint, les constructeurs français ont brillé. Ce qui est une petite satisfaction dans ce marché déprimé. Dans ce contexte, Airbus Space Systems a réalisé un énorme coup commercial en étant sélectionné par Eutelsat pour fournir deux satellites de télécoms de nouvelle génération Hotbird (13F et 13G). Une commande estimée à 500 millions d'euros. De son côté, Thales Alenia Space (TAS) a gagné en avril 2018 la fabrication du satellite Konnect VHTS (Very High Throughput Satellite) pour le compte également d'Eutelsat. Ce satellite va connecter par satellite les Français qui vivent dans des zones isolées et difficiles d'accès. Les deux industriels français ont également obtenu des contrats portant sur la fabrication de charges utiles (payloads) : Express AMU3 et Express AMU7 pour TAS et AngoSat 2 pour Airbus.

Outre les trois satellites d'Eutelsat confiés à ADS et TAS, Loral (groupe Maxar Technologies) a remporté le satellite BSAT-4b pour le compte de l'opérateur japonais B-SAT. Enfin, Intelsat a attribué à Orbital ATK, devenu Northrop Grumman Innovation Systems (NGIS) le satellite de communications Galaxy 30 bandes Ku et Ka. Mais le contrat a-t-il été signé fin 2017 ou début 2018? Il y a semble-t-il débat.

Le marché fermé également atone

Par ailleurs, sur le marché considéré comme fermé, la société russe ISS Reshetnev basée à Krasnoïarsk, a remporté en août deux satellites de RSCC, le fournisseur de services par satellite, Express-AMU3 et Express-AMU7. Ils seront lancés en 2020. Le russe RKK Energia a également remporté le satellite de télécoms angolais AngoSat 2, qui sera lancé en 2020. Un succès en dépit de l'échec d'AngoSat 1, qui a été perdu au bout de quatre jours. Enfin, l'Inde a confié à ISRO deux satellites GSAT-30 et GSAT-31 qui seront conçus, assemblés et intégrés par l'agence spatiale indienne.