Les océans se réchauffent plus vite que prévu, selon de nouvelles recherches parues cette semaine. Ce qui pourrait expliquer la récente vague d’ouragans destructeurs et la disparition d’un certain nombre d’espèces marines.

Le rapport publié vendredi par la revue Science constate que les estimations faites il y a cinq ans sur le réchauffement des océans semblaient être loin du compte. De nombreuses améliorations ont depuis été apportées comme la manière de mesurer la température océanique et de nombreuses erreurs d’analyses de données ont été corrigées.

« Le cinquième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), publié en 2013, démontre que les principaux modèles de changement climatique prévoyaient une hausse de la température des océans plus rapide que ce qui a réellement été observé sur les 30 dernières années », déclare Zeke Hausfather, co-auteur du rapport. « Le fait que ces données corrigées concordent à présent avec les modèles climatiques est encourageant parce que cela réduit la grande zone d’incertitude que nous avions auparavant. »

Ces résultats mettent fin aux spéculations de ralentissement et d’interruption du changement climatique entendues ces quinze dernières années. « Si vous voulez comprendre où se passe le réchauffement climatique, regardez dans nos océans », explique Zeke Hausfather.

Alors que l’on estime que 2018 a été la quatrième année la plus chaude jamais enregistrée en termes de température de surface, elle devrait être la plus chaude enregistrée dans les océans, suivies de 2017 et 2016. À bien des égards, l’océan est un facteur clé du climat mondial et de ses impacts sur le reste du monde. Des eaux plus chaudes que la normale ont permis aux ouragans Harvey et Florence de gagner en puissance au-dessus de l’océan avant de déverser des quantités historiques de pluies sur les zones côtières.

Une autre étude, ayant pour but de quantifier l’énergie aspirée par les océans, a également montré des résultats renversants : environ 93% du déséquilibre énergétique provoqué par les gaz à effet de serre pompé dans l’atmosphère est absorbé par les océans.

Les océans font office de tampon pour le changement climatique en absorbant une grande partie du réchauffement. Cette conclusion est une menace existentielle pour les espèces marines mais également pour le vaste écosystème qui nourrit des milliards de personnes dans le monde entier.

À l’ampleur du phénomène s’ajoute par conséquent la hausse du niveau de la mer provenant de la fonte des glaces à la surface. « Le réchauffement océanique est un indicateur très important du changement climatique, et nous avons les preuves que ce réchauffement va plus vite que ce que nous pensions », explique Zeke Hausfather.