Une récente étude portant sur les fake news a démontré que les personnes enclines à la pensée délirante, les fondamentalistes religieux et les dogmatiques avaient davantage tendance à croire les fausses nouvelles, même les moins crédibles d’entre-elles.

Si on affirmait que la terre était en réalité plate, et que l’homme n’a jamais posé les pieds sur la lune, la plupart des gens vous riraient au nez, néanmoins, beaucoup sont prêts à croire ces allégations farfelues.

De récentes recherches publiées dans le Journal of Applied Research in Memory and Cognition aident à comprendre quels groupes sont plus enclins à croire aux fausses nouvelles et pourquoi.

L’étude en question !

Les chercheurs ont recruté 900 personnes pour participer à une série d’enquêtes validées empiriquement. Il s’agissait de déterminer dans quelle mesure un participant était susceptible d’avoir des pensées délirantes en posant des questions comme : « Vous arrive-t-il de penser qu’il y a un complot contre vous ? » D’autres enquêtes ont déterminé la tendance d’une personne au dogmatisme et au fondamentalisme religieux.

Les chercheurs ont également mesuré l’ouverture d’esprit et la pensée analytique à l’aide d’enquêtes comme le Cognitive Reflection Test, qui pose des questions avec des réponses intuitives mais incorrectes ; par exemple « S’il faut 5 machines 5 minutes pour faire 5 badges, combien de temps faudrait-il aux 100 machines pour faire 100 badges ? » La réponse est 5 minutes, pas 100.

Ensuite, les chercheurs ont présenté aux participants une série de titres d’articles, des images de couverture et un résumé, à la manière dont les nouvelles sont présentés sur les sites de médias sociaux. Et afin de tenir compte de toutes les orientations politiques, les fake news ont été dissiminé dans un mélange de manchettes pro-républicain et pro-démocrate.

Les chercheurs ont constaté que les personnes dont le score était elevé dans les domaines du fondamentalisme religieux, du dogmatisme et de la pensée délirante étaient plus susceptibles de croire aux fake news. Ces tendances sont par ailleurs liées à un manque de pensée analytique et à l’ouverture d’esprit.

À contrario, la pensée analytique et l’ouverture d’esprit était étroitement liée à une meilleure distinction entre vraies et fausses nouvelles.

Fake news : le profil des croyants

Ainsi, l’étude s’est concentrée sur deux caractéristiques clés : la pensée analytique et l’ouverture d’esprit.

La pensée analytique est simplement la tendance à analyser les causes et les effets, à considérer les choses logiquement ; elle exige la suppression des conclusions immédiates et intuitives, ainsi que l’utilisation de la mémoire de travail pour examiner les prémisses d’un argument et en arriver à une conclusion logique.

En outre, les penseurs ouverts d’esprit ont tendance à chercher activement des explications alternatives aux choses, et ils sont prêts à intégrer des informations qui remettent en question des croyances antérieures.

Michael Bronstein, l’un des auteurs de l’étude, a déclaré au magazine Inverse que « la recherche suggérait également que le simple fait d’être exposé à de fausses nouvelles peut augmenter votre confiance en elles .» Selon cette idée, lorsque les sites de médias sociaux sont inondés de fausses nouvelles, les allégations qui semblent ridicules à première vue deviennent peu à peu acceptables et normales.

Une fois qu’une personne en est venue à accepter une fausse nouvelle comme une vérité, il est peu probable qu’elle change d’avis, même lorsqu’on lui présente des preuves du contraire. En fait, cela peut renforcer leur confiance dans les fake news. Les psychologues appellent cela “l’effet de retour de flamme”.