Pourquoi créer de nouvelles techniques de travail quand il suffit de reprendre le savoir-faire de nos ancêtres ? Il y a certes quelques petites choses à redire à propos de l’hygiène du Moyen-Âge, mais on y maîtrisait bien l’art du vitrail, finalement bien utile au secteur de la santé. De la santé, oui.

Un lien a été trouvé par des scientifiques de l’Université anglaise d’Aston (Midlands de l’Ouest). Ils ont découvert la production d’un verre selon "une technique similaire à la fabrication du vitrail médiéval, capable d'éradiquer complètement les infections les plus meurtrières à l'hôpital, en quelques heures".

La technique est proche de celle du travail des vitraux : le verre, contenant des traces de cobalt, est chauffé à plus de 1 000 degrés celsius avant d’être refroidi rapidement pour empêcher la cristallisation. "Le verre a ensuite été broyé en une poudre fine et mis en contact avec des bactéries dans des boîtes de Petri", décrit l’Université.

Les parois cellulaires décomposées

En mettant le verre au contact de plusieurs types de bactéries, les chercheurs ont réussi à totalement tuer une infection de la bactérie intestinale Escherichia coli en six heures, de la levure Candida albicans en moins de 24 heures, deux infections qui peuvent avoir lieu en chirurgie. Le verre a aussi détruit 99 % d’une infection de staphylocoque doré après 24 heures. "Les bactéries qui ont été en contact avec le verre ont vu leur paroi cellulaire se décomposer en raison des ions métalliques, ce qui a provoqué la "fuite" de leur contenu", explique l’Université.

L’Université d’Aston indique que ces verres offrent la possibilité de créer des "'implants et revêtements antimicrobiens bon marché pour lutter contre les sources les plus communes d'infections associées aux soins médicaux". Cette technique permettrait d’éviter l’utilisation d’antibiotiques et d’anéantir des bactéries particulièrement résistantes. Le verre peut aussi être utilisé pendant les opérations chirurgicales pour empêcher la formation d’infections. Selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), plus de quatre millions de personnes dans l'Union européenne contractent chaque année une infection associée aux soins de santé et environ 37 000 en décèdent directement.

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