Les étoiles peuvent nous paraître si lointaines, notamment quand on vit en ville et qu'on peut rarement les voir en raison de la pollution lumineuse et la poussière de particules — quand les particules fines forment un nuage opaque. En effet, des milliards d'étoiles existent, mais seules 3 000 d'entre elles peuvent être observées à l'œil nu. Et encore moins — une centaine — si l'on habite dans une ville moyenne. Ainsi, Fatoumata Kebe, docteure en astronomie à l'Observatoire de Paris, estime dans son ouvrage "La Lune est un roman" publié aux éditions Slatkine & Cie, que "l'homme contemporain a perdu une part considérable de son patrimoine" car "il a oublié les étoiles, il ne les regarde pas plus qu'il ne regarde la Lune. Il avance sans jamais lever la tête. Il ne les voit pas."

Pourtant, les étoiles font intégralement partie de nous, selon Fatoumata Kebe qui écrit dans son livre : "notre corps est formé de près de 97% d'éléments venant d'événements cosmiques, nous sommes un ensemble de poussière d'étoiles." Pour rappel, le corps humain est composé à 98,5% de six éléments chimiques : d'hydrogène (à 65%), d'oxygène, de carbone, d'azote, de calcium et de phosphore. Interrogée par Business Insider France, la scientifique a expliqué que "nous sommes constitués de plein d'éléments chimiques et il s'avère que ces éléments chimiques, le béryllium [ndlr : métal alcalino-terreux d'aspect gris acier], le carbone, l'oxygène, l'eau qui nous composent sont issus de différents types d'étoiles. Chacune d'elles nous donne plus ou moins un élément qui nous compose. Comme le dit l'astrophysicien Hubert Reeves, nous sommes des poussières d'étoiles."

La chercheuse, qui a fondé en 2014 l'association Ephémérides qui anime des ateliers d'astronomie pour le grand public, a détaillé d'où viennent les principaux éléments présents dans le corps humain : "l'hydrogène vient du Big Bang, donc de la naissance de notre univers ; l'oxygène vient d'une étoile jaune, une étoile semblable au Soleil ; le carbone, l'azote et le lithium [ndlr : oligo-élément présent dans l'organisme à l'état de traces, dans l'ensemble des organes] sont issus de morts d'étoiles ; le bore et le béryllium [ndlr : deux autres éléments chimiques] de rayonnements cosmiques."

Fatoumata Kebe, auteure de l'ouvrage "La Lune est un roman".
Fatoumata Kebe, auteure de l'ouvrage "La Lune est un roman".
Image : Chisato Goya/ Business Insider France

Celle qui a écrit sa thèse sur les débris spatiaux a précisé que "par rapport à l'époque où Hubert Reeves a écrit son ouvrage 'Poussières d'étoiles', en 1984, on a beaucoup plus de connaissances, on peut donc détailler d'où vient chaque élément qui nous constitue." "Nous sommes des êtres stellaires, donc raison de plus pour s'intéresser à l'espace et y aller pour voir ce qu'il s'y passe. C'est l'idée de réexplorer notre nature d'être humain", a estimé Fatoumata Kebe, qui regrette que "notre esprit ne soit plus habitué à voir un ciel étoilé".

La chercheuse rêve d'ailleurs de partir un jour dans l'espace : elle s'entraîne, suit un régime alimentaire, travaille et continue d'apprendre tous les jours. Elle pense que la Lune semble être une destination beaucoup plus accessible que Mars, en raison de la durée du voyage (trois jours contre au moins deux ans pour Mars), des conditions de vie sur place (plus extrêmes sur Mars) etc.

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