Que ce soit au sommet de la structure d’une très grande entreprise internationale, multinationale, au sein d’une filiale dans un pays spécifique, dans une entreprise privée, dans une entreprise publique, dans le cadre d’une entreprise familiale de taille moyenne ou, dans le cas d’une très petite entreprise, la question du choix du N°2 qui va épauler le dirigeant représente un moment clé de la vie d’une organisation.

Les raisons qui conduisent un N°1 à vouloir être accompagné d’un N°2 sont en effet toujours liées à un contexte particulier.

Le dirigeant peut par exemple vouloir apporter une réelle complémentarité, en se projetant dans l’avenir de l’entreprise : préparer le futur en imaginant les évolutions indispensables et les réponses à apporter en termes de changement d’orientation des activités et des compétences.

Le but du N°1 peut aussi être d’étoffer l’équipe dirigeante afin de faire progresser et de solidifier l’entreprise : se donner la possibilité de partager la vision de l’entreprise, ou d’avoir une personne de confiance pour aider à réfléchir sur les sujets les plus pointus et les plus stratégiques, sans prendre de risque, en élargissant le confort intellectuel.

La question du N°2 intervient aussi régulièrement en période de transition : commencer à choisir son successeur, ce choix étant considéré comme une étape pour désigner le futur N°1. Le dirigeant va ainsi préparer la relève dans de bonnes conditions, après avoir pris conscience du vieillissement naturel de l’équipe dirigeante, en évitant tous les pièges dus à l’urgence.

Choisir un N°2 permet de préparer sa succession sans urgence.
Choisir un N°2 permet de préparer sa succession sans urgence.
Image : Fizkes/Shutterstock

Se poser les bonnes questions

Le N°1 peut aussi sentir qu’il touche à ses propres limites et vouloir s’entourer pour élargir sa propre mission de patron : se sentant trop à l’étroit dans son propre rôle, ou dans l’obligation d’être sur tous les fronts, le N°1 s’essouffle, a besoin de prendre de la hauteur et de l’espace. Il veut soulager sa charge de travail. Il va donc s’appuyer sur un adjoint ce qui lui permet par ailleurs et si besoin de rétablir un lien dans son entreprise : il sent un malaise dans ses rapports avec son personnel, ses collaborateurs, lui-même est peut-être provisoirement découragé par ces difficultés de dialogue, et a besoin qu’une autre personne l’aide à changer le mode de relation.

Toutes les entreprises ne fonctionnent bien sûr pas sur le même mode interne, les mêmes règles, les mêmes priorités, les mêmes rites, les mêmes usages implicites, les mêmes exigences et contraintes. Toutefois, il existe des similitudes dans les bonnes pratiques pour choisir au mieux son N°2. Nous vous proposons ici une méthode en deux étapes qui les récapitulent.

Première étape, répondez aux questions suivantes :

Votre futur N°2 est-il là pour :

– Vous aider à penser les évolutions de votre entreprise ? Lesquelles ? et comment ?

– Vous apporter une réponse à une faiblesse dans les compétences clefs pour votre entreprise ? Lesquelles ?

– Développer de nouvelles activités complémentaires ? Lesquelles ? Comment ?

– Vous seconder de façon générale ? Comment ?

– Vous permettre aller sur de nouveaux champs ? Lesquels ? Pour quelles raisons ?

– Créer une nouvelle image ? Laquelle ? Comment la qualifier ?

– Vous amener une technicité manquante ? Laquelle ?

Un point complet sur soi-même

Dans un second temps, hiérarchisez vos réponses et choisissez trois priorités en vous demandant si un N°2 peut répondre aux différents besoins exprimés dans votre sélection.

Pour vous aider à faire une synthèse, voici quelques exemples d’enjeux exprimés par des N°1 dans la première colonne, et des critères à identifier chez de futurs N°2 dans la deuxième colonne. Ce travail vous donnera quelques pistes majeures à explorer dans la phase de recrutement.

La question du N°2 est donc également l’occasion de faire un point complet sur vous-même et sur la nature des liens de coopération que vous voulez vraiment créer à partir de votre vision, mais aussi de la réalité de votre personnalité, de vos qualités, de vos fragilités. Que vous soyez leader ou manager, c’est aujourd’hui l’opportunité pour vous d’estimer où vous vous situez et si vous pouvez ou non assumer tout seul ces différentes formes de présence et d’influence.

Plus vous serez clair sur votre vraie nature de dirigeant et vos aspirations, plus vous comprendrez de l’intérieur de quel appui vous avez vraiment besoin. Ce travail sur soi peut parfois faire peur, car il est difficile, exigeant, demande une grande volonté personnelle de la part du dirigeant. Fort de son statut, il est parfois plus confortable de ne pas bousculer son ego… ! Cependant la clarté de votre démarche en fera son succès.