Le 3 mai a été proclamé Journée mondiale de la liberté de la presse par les Nations Unies en 1993. Cet évènement offre l'occasion de se pencher sur le classement annuel publié par Reporters sans frontières, dont l'édition 2019 fait état d'une dégradation globale de la liberté de la presse à travers le monde. RSF constate une réduction du nombre de pays où les journalistes peuvent exercer leur métier en toute sécurité, ainsi qu'un renforcement de l'emprise des régimes autoritaires sur les médias. Seulement 24 % des 180 pays étudiés affichent une situation favorable ou satisfaisante en 2019, contre 26 % l'année dernière. La situation se dégrade également en Europe où RSF relève de plus en plus de tentatives d’intimidation et de pressions.

La France se situe au 32e rang avec un score de 22,2 points sur 100 (échelle : 0 = liberté ; 100 = répression), ce qui classe l'Hexagone avec les pays où la situation est "satisfaisante". Mais le seuil à partir duquel un pays bascule dans une situation marquée par des "problèmes notables" n'est pas très loin (25 points). Ainsi, RSF observe une hausse de l'hostilité envers les journalistes en France, évoquant notamment les violences lors des manifestations des "gilets jaunes", les procédures judiciaires abusives (procès multiples du groupe Bolloré), ou encore les propos irresponsables de certains hommes politiques (Jean-Luc Mélenchon).

Ce sont les pays nordiques qui trustent les premières places du classement : la Norvège a obtenu le meilleur score en matière de liberté de la presse (7,8), suivie de la Finlande (7,9) et de la Suède (8,3). De l'autre côté de l'échelle, les pays les moins bien classés sont l'Érythrée, la Corée du Nord et le Turkménistan : ils affichent tous trois des scores supérieurs à 80 points sur 100.