Après l'explosion de Tchernobyl en avril 1986, une zone d'exclusion a été créée autour de la centrale et 350.000 personnes ont été évacuées. Trente-trois ans plus tard, la nature, qui semble reprendre ses droits en l'absence de l'Homme, est étudiée de près par les scientifiques.

Tchernobyl : un drone visite la ville meurtrie de Pripyat Une nuit d'avril 1986, le réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl explose. Dans les heures qui suivent, Pripyat la ville voisine, est entièrement évacuée. Découvrez en vidéo les vestiges de cette ville, inhabitée depuis près de 30 ans, alors qu'elle fut un modèle de l’architecture soviétique.

Causant des milliers de morts, l'explosion de Tchernobyl est le plus grave accident nucléaire de l'Histoire. L'environnement naturel a lui aussi souffert, comme les forêts de pins proches de la centrale : cette région a reçu des doses importantes de radiations, les arbres sont morts et leurs feuilles sont devenues rouges, d'où le nom de « forêt rouge » donné à ces bois. Peu d'animaux ont survécu aux radiations émises.

On pourrait penser que la région de Tchernobyl resterait une zone sans vie, en raison de la persistance des radiations dans le temps. Pourtant, aujourd'hui, dans la zone d'exclusion de Tchernobyl qui se trouve en partie en Ukraine et en Biélorussie, vivent des ours bruns, des bisons, des loups, des lynx, des chevaux de Przewalski, et plus de 200 espèces d'oiseaux.

Les grands mammifères profitent de l’absence de l’Homme

Dans un article paru sur The Conversation, Germán Orizaola, chercheur à l'université d'Oviedo en Espagne, décrit la biodiversité présente dans la zone d'exclusion de Tchernobyl. Par exemple, dans le cadre d'un programme britannique appelé « Tree-project », des caméras ont été installées en différents points de la zone d'exclusion.

Elles ont révélé la présence d'une faune abondante dans des zones ayant pourtant de hauts niveaux de radiations : « Ces caméras ont enregistré la première observation d'ours bruns et de bisons d'Europe à l'intérieur du côté ukrainien de la zone, ainsi que l'augmentation du nombre de loups et de chevaux de Przewalski. »

Le travail de Germán Orizaola a porté sur les amphibiens. Son équipe a montré que les grenouilles de Tchernobyl sont plus sombres que celles qui vivent à l'extérieur de la zone d'exclusion, ce qui pourrait être une forme de défense contre les radiations. Des effets négatifs des radiations ont aussi été mis en évidence sur les animaux : les insectes auraient une espérance de vie plus courte à Tchernobyl, et il y aurait plus d'oiseaux albinos.

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