La fonction des traders requiert des capacités spécifiques telles que l’appétence au risque et la maîtrise de soi, qui dépassent les attributs traditionnels d’un simple technicien. Toutefois, cette question est absolument légitime dans le sens où les compétences de trading se font de plus en plus techniques.

Les traders les plus recherchés sont ceux qui maîtrisent le développement et la mise en œuvre des algorithmes de Trading à Haute Fréquence (THF). De nos jours, 90 % des transactions sont pilotées par des algorithmes pouvant opérer sur des marchés à une échelle de 5 millisecondes. Or, agir à l’échelle des millisecondes permet de réduire à un jour plus de 4 années d’activité de trading !

Ce rythme infernal requiert également du trader qu’il soit capable de gérer ce défi compétitif d’un point de vue purement physique. Et croyez-moi, tous les moyens sont bons pour être le plus rapide : “partage” de hubs informatiques à proximité des centres d’échange de données, raccourcissement des câbles sous-marins (citons par exemple le célèbre Hibernia Express, construit sous l’Atlantique pour gagner 6 millisecondes et acquis il y a 3 ans pour la somme de 590 millions de dollars), utilisation de micro-ondes plutôt que de fibres optiques, ou encore achat de pylônes pour 5 millions d’euros en Belgique afin que les ordres de transactions puissent traverser la Manche plus rapidement.

Le nouveau trader de 2019 doit comprendre et savoir comment appréhender de telles technologies !

Enfin, les nouvelles fonctions du trader nécessitent de maîtriser le traitement de bases de données colossales, communément appelées métadonnées ou Big Data. La plupart du temps, les bases de données d’ordres et de transactions utilisées par les traders à haute fréquence sont de l’ordre de dizaines de téraoctets, un chiffre monstrueux qui nécessite parfois des semaines de traitement avant de pouvoir calibrer ou tester un algorithme.