La reforestation bien ciblée pourrait pourrait être un début de réponse face aux enjeux climatiques.

Une récente étude, publiée dans la revue Science, révèle que si nous plantons les bons arbres aux bons endroits, les nouvelles forêts pourraient éliminer 205 gigatonnes de CO2 de l’atmosphère au cours des 40-100 prochaines années.

Cela nécessiterait, bien sûr, une vaste campagne de plantation d’arbres sur une superficie de 0,09 milliard d’hectares que les chercheurs ont identifiés comme disponibles à cette fin. (C’est à peu près la taille des États-Unis) Certains se demandent à quel point ce plan est réaliste, mais il vaut la peine d’y réfléchir, d’autant plus que, comme le souligne l’étude, nous sommes actuellement en voie de perdre encore 223 millions d’hectares d’ici 2050.
Pour déterminer la ” capacité de charge des arbres ” de la Terre, les auteurs de l’étude ont utilisé 78 774 mesures photographiques par satellite, provenant en grande partie d’aires protégées, comme les meilleurs exemples de la croissance naturelle des arbres. En faisant correspondre ces données à celles de grandes bases de données mondiales, ils sont arrivés à la conclusion que la Terre a une capacité de 4,4 milliards d’hectares de forêts. Si l’on soustrait les forêts existantes, les terres utilisées pour les cultures et les zones développées, on obtient les 0,09 milliard d’hectares qui pourraient soutenir les forêts mais qui ne le font pas actuellement. Une réduction de 205 gigatonnes sur les 300 gigatonnes estimées que nous avons produites constituerait une amélioration considérable.

La recherche a été effectuée par le Crowther Lab de l’ETH Zurich. Nous savions tous que la restauration des forêts pouvait jouer un rôle dans la lutte contre le changement climatique, mais nous n’avions aucune connaissance scientifique de l’impact que cela pourrait avoir. Si nous agissons maintenant, cela pourrait réduire le dioxyde de carbone dans l’atmosphère jusqu’à 25 %, à des niveaux jamais vus il y a près d’un siècle.”

S’adressant au Guardian, Crowther partage sa propre surprise face à ce que les données ont révélé : “Cette nouvelle évaluation quantitative montre que la restauration[des forêts] n’est pas seulement l’une de nos solutions au changement climatique, c’est surtout la plus importante. Ce qui me sidère, c’est l’échelle. Je pensais que la restauration serait dans le top 10, mais elle est beaucoup plus puissante que toutes les autres solutions proposées en matière de changement climatique.”

Le temps, cependant, souligne-t-il, est essentiel : “il faudra des décennies pour que les nouvelles forêts arrivent à maturité et réalisent ce potentiel. Il est d’une importance vitale que nous protégions les forêts qui existent aujourd’hui, que nous recherchions d’autres solutions climatiques et que nous continuions à éliminer progressivement les combustibles fossiles de nos économies afin d’éviter des changements climatiques dangereux.”
Robin Chazdon, écologiste à l’Université du Connecticut, qui s’entretient avec Scientific American, estime que ces nouvelles recherches marquent le début d’une nouvelle ère dans laquelle “nous entrons dans la phase pratique” du reboisement.