Les trottinettes électriques n’ont pas bonne presse par les temps qui courent. Il s’est en effet instauré une sorte de bashing généralisé à ce sujet en 2019. Lucas Bornert, Directeur Général de VOI France, revient sur les études polémiques qui mettent en cause les trotinnettes.

Considérées comme une véritable « peste », accusées de « provoquer l’anarchie dans les rues » et de créer un « tsunami dans le transport ». Rien de moins. Plus récemment encore, certains médias n’ont pas manqué de remettre en question le caractère bénéfique pour la lutte contre le changement climatique de ce nouveau mode de transport.

Sur la base d’une étude réalisée par l’université de Caroline du Nord, certains chercheurs estiment que les trottinettes électriques ne sont pas aussi respectueuses de l’environnement qu’on pourrait le penser de prime abord. Les données confirment certes qu’elles sont bien moins nocives que les véhicules automobiles mais, si l’on prend en compte la totalité du cycle de vie de l’engin, ce qui inclut donc sa fabrication et les matériaux utilisés, cette nouvelle technologie semble être moins respectueuse de l’environnement que les bus.

Le problème, avec ce type d’articles et de gros titres réducteurs, c’est qu’ils passent souvent à côté du panorama global. Cette étude admet notamment que « (…) compte tenu du fait que les trottinettes électriques partagées constituent un phénomène récent, des données complètes ne sont pas encore disponibles sur la durée de vie complète de ces produits. »

Cette étude s’intéresse en effet à un cas particulier, ne prenant en compte qu’une seule marque de trottinette électrique testée aux Etats-Unis, en assumant un certain nombre de paramètres, notamment en ce qui concerne l’autonomie de la batterie et la politique de collecte, qui n’ont pas encore été démontrés en conditions réelles. De surcroît, l’étude n’a porté que sur 61 utilisateurs, alors que les engins de Bird, Limeet VOI ont été utilisées plusieurs millions de fois au cours de leurs premières années respectives d’utilisation.

En outre, de nombreux articles ayant repris les grandes lignes de cette étude ont négligé de mentionner le fait que les chercheurs ont conclu que l’impact de la fabrication et du transport des trottinettes électriques sur le réchauffement climatique pourrait être réduit si les opérateurs adoptaient quelques solutions simples : « augmenter la durée de vie des engins, réduire les distances de collecte et de distribution, utiliser des véhicules plus efficients, et des stratégies de rechargement moins fréquentes peuvent réduire de manière significative l’impact négatif sur l’environnement. »

Les deux facteurs les plus importants de pollution liés à notre activité sont en effet la fabrication des trottinettes et le transport pour les recharger. Ce sont aussi les deux facteurs les plus enclins à être améliorés.

Chez VOI, nous travaillons déjà à répondre à ces défis. La responsabilité environnementale est bien évidemment pour nous un sujet majeur, et toutes nos activités sont tournées vers la réduction du nombre de trajets urbains qu’effectuent les véhicules automobiles en zone urbaine.

Dès cet automne, nous allons déployer des trottinettes avec des batteries interchangeables, ce qui permettra de réduire considérablement le nombre de trajets polluants effectués pour recharger les trottinettes, puisque ces dernières n’auront plus besoin d’être rapportées dans nos centres pour être rechargées. Enfin, nous sommes actuellement en train de renouveler notre flotte de véhicules assurant nos opérations par des véhicules 100% électriques et nous avons investi dans une flotte de vélos cargos et de vélos avec remorque pour effectuer les réparations et maintenances simples en rue, afin d’éviter des trajets inutiles et aussi repositionner les trottinettes mal stationnées.

Quant à leur fabrication, nous avons développé des modèles de trottinettes “maison” comme la Voiager 1, conçues pour avoir une durée de vie prolongée (plus d’un an) avec des matériaux recyclables. Elles ont également une autonomie bien supérieure aux premiers modèles mis en service. En fin de vie d’une trottinette, nous réutilisons toutes les pièces qui peuvent l’être après une phase de tests rigoureuse. Les pièces restantes sont toutes recyclées via notre partenariat avec Paprec dans des centres spécialisés. Tous ces progrès ont été réalisés en moins d’un an et nous envisageons de nombreuses améliorations d’ici un an.

Ce que les articles oublient également de rappeler, c’est qu’il n’y a jamais eu une seule forme de transport qui n’ait été historiquement accompagnée d’une période de rupture du status quo. Il est inévitable que les nouvelles technologies, surtout celles qui modifient en profondeur nos habitudes quotidiennes, fassent l’objet d’oppositions voire de rejet. Le transport électrique – de toutes sortes – prendra progressivement la place des véhicules polluants avec moteurs thermiques. Ne nous y trompons pas, nous assistons à l’avènement d’une technologie nouvelle qui connaît un vrai succès populaire et qui offre les meilleures perspectives possibles pour contribuer de manière notable à réduire l’empreinte carbone dans nos villes, sous réserve que ce nouveau mode de transport soit géré comme il convient, par des opérateurs soucieux des bonnes pratiques.

Nous pensons qu’il est dans l’intérêt de chacun que les grandes villes reconnaissent les avantages d’une offre de transport alternative, diversifiée et propre, répondant aux attentes des villes et aux besoins des citoyens. Est-il vraiment utopique de rêver d’un jour où nous pourrons tous vivre dans un environnement urbain avec zéro émission et zéro bruit ?