L'Inde, comme la Chine avant elle, s'apprête à se poser sur la surface de la Lune. L'atterrisseur transportant le premier rover d'exploration lunaire indien s'est séparé de l'orbiteur et devrait atterrir au pôle sud de la Lune aujourd'hui entre 21h et 22h. Si la mission réussie, l'Inde deviendra la quatrième nation au monde à faire atterrir un engin en douceur sur notre satellite naturel.

Notre infographie recense les principales missions lunaires planifiées ou annoncées à ce jour. Compte tenu des incertitudes subsistant autour de certains programmes et de leur financement, les dates indiquées, l’objectif des missions et les parties prenantes peuvent être sujets à des évolutions.
Après la mission indienne Chandrayaan-2, c'est la start-up berlinoise PT Scientists qui tentera de relever le défi avec une première mission lunaire prévue en 2020. Il s’agit d’un module spatiale conçu pour transporter et poser deux rovers à la surface de notre satellite. En début d’année, PT Scientists s’est également associé à ArianeGroup afin d’étudier la possibilité d’une mission pour l’Agence spatiale européenne (ESA). L’objectif de cette mission prévue pour 2025 concerne l’exploitation de minerai pour extraire de l’eau et de l’oxygène, éléments indispensables à une future présence humaine autonome sur la Lune. La NASA s’appuie elle aussi sur des acteurs privés. L’agence annonçait en mai avoir choisi trois entreprises américaines - Astrobotic, OrbitBeyond et Intuitive Machines - pour envoyer une série d'atterrisseurs robotisés en prévision du retour d'astronautes sur la surface lunaire. Un objectif que Donald Trump souhaiterait accomplir en 2024, afin de devancer les éventuels projets concurrents, mais qui reste indécis en raison de l’inconnue entourant la question des financements.
Parmi les initiatives privées, la plus populaire concerne probablement le projet "DearMoon" qui pourrait voir un milliardaire japonais accompagné de six artistes effectuer le premier vol touristique autour de la Lune avec SpaceX dès 2023.

Mais la conquête de notre satellite n'est pas qu'une affaire de compétition entre les différents acteurs impliqués et de nombreux partenariats entre pays, agences et programmes sont à l'œuvre ou envisagés. C’est notamment le cas de la France, dont l’agence spatiale (Cnes) contribue en grande partie au budget de l’ESA tout en collaborant également avec la NASA et plus récemment avec la Chine (CNSA).
Enfin, il est intéressant de rappeler que le Traité sur la Lune n'a toujours pas été ratifié par une seule nation engagée dans un programme de vol spatial habité à ce jour (hormis trois pays membres de l'Agence spatiale européenne). Ce traité adopté en 1979 stipule notamment que l'astre ne peut être utilisé qu'à des fins pacifiques et que toute activité doit y être conforme aux lois internationales.