Les adolescents passant beaucoup de temps sur les réseaux sociaux seraient plus anxieux, déprimés et agressifs.

RÉSEAUX SOCIAUX - Snapachat, Twitter, Instagram ou encore Youtube font partie des applications les plus utilisées par les adolescents. Ils y passent en moyenne 26 minutes par jour sur leur smartphone, 2 minutes sur leur ordinateur selon les chiffres de Médiamétrie en 2018.

Une étude américaine, portant sur plus de 6000 ados âgés de 12 à 17 ans, publiée le 11 septembre dans JAMA Psychiatry, révèle que les adolescents qui passent plus de trois heures par jour sur les réseaux sociaux sont plus susceptibles d’avoir des problèmes tels que la dépression, l’anxiété et la solitude, ainsi que l’agressivité et des comportements asociaux, par rapport aux adolescents qui n’utilisent pas ou peu ces outils-là.

“De nombreuses études existantes avaient déjà établi un lien entre l’utilisation des réseaux sociaux et la santé des adolescents, mais les chercheurs ne l’avaient jamais observé sur le long terme”, explique l’auteure principale Kira Riehm, doctorante au département de santé mentale de la Bloomberg School. “Notre étude montre que les adolescents qui passent beaucoup de temps sur les réseaux sont plus susceptibles de montrer des problèmes d’intériorisation un an plus tard. Nous ne pouvons pas en conclure qu’ils causent des problèmes de santé mentale, mais nous pensons que passer moins de temps sur les médias sociaux pourrait être une bonne chose pour la santé des adolescents.”

Troubles de l’intériorisation et de l’extériorisation

Les chercheurs de la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health ont demandé aux adolescents s’ils avaient au moins un compte sur les réseaux sociaux et combien de temps ils y passaient au cours d’une journée type: jusqu’à 30 minutes; plus de 30 minutes; jusqu’à trois heures; plus de trois heures; jusqu’à six heures; et plus de six heures.

Les résultats ont montré que moins de 17% des adolescents n’utilisaient pas les réseaux, 32% passaient moins de 30 minutes par jour, 31% entre 30 minutes et trois heures, 12% entre trois et six heures et 8% plus de six heures par jour.

L’étude a pu constater deux types de comportements pouvant indiquer des problèmes de santé mentale dû aux réseaux sociaux: l’intériorisation et l’extériorisation.

*Les troubles de l’intériorisation peuvent impliquer un retrait social ou des difficultés à gérer l’anxiété ou la dépression.

*Les troubles de l’extériorisation peuvent inclure l’agressivité ou la désobéissance aux instructions.

Ce n’est pas la première étude à atteindre des résultats similaires. Plus tôt dans l’année une étude montrait que plus les adolescents passent de temps à regarder des écrans, plus ils deviennent déprimés.

Une autre publiée en janvier 2019 révélait que les adolescentes qui utilisent souvent les réseaux sociaux (plus que les garçons), font état d’un taux de stress plus élevé et de niveaux de bien-être inférieurs, que les “non-connectés”.

Les réseaux sociaux ont tout de même des avantages, comme mettre en relation des adolescents pouvant être exclus dans leur vie quotidienne. Il faut trouver un meilleur moyen d’équilibrer les avantages et les désavantages pour le bien-être des adolescents, conclut Kira Riehm.