Votre N+1 a sûrement le spleen mais ne vous ne le savez pas. Le poste de manager ne fait plus rêver selon une étude du Boston Consulting Group et de l’Ifop.

Votre patron traine des pieds. Vous ne le voyez plus si enjoué lors de vos réunions. Le prochain compte-rendu du Comex lui donne des aigreurs d’estomac. Il va tous les jours au yoga alors qu’il disait détester les tenus en lycra. Eh bien comme beaucoup des cadres et autres chefs d’équipe, votre manager est sûrement en plein spleen. Car être manager ne fait plus rêver ! Et c’est une tendance mondiale. Dans les pays occidentaux, seul un employé sur 10 aspire désormais à devenir manager et 37% des managers souhaitent le rester dans les prochaines années.

C’est ce que révèle une étude inédite Boston Consulting Group (BCG) x IPSOS menée auprès de 5 000 employés et managers dans cinq pays : la Chine, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et les États-Unis.

Le désarroi est global mais touche tout particulièrement les managers français : 85% d’entre eux trouvent leur métier plus compliqué qu’auparavant (vs. 81% pour la moyenne occidentale). Ils se sentent aussi plus débordés (78% vs. 71%), plus stressés (74% vs. 69%) et plus démotivés (59% vs. 52%). Ils sont enfin très pessimistes sur l’avenir de leur fonction : 38 % pensent qu’elle aura disparud’ici 5 à 10 ans.

Cette étude révèle un modèle à bout de souffle. Salariés et managers aspirent à de nouveaux rôles et à de nouveaux modes de fonctionnement. Ils attendentplus d’autonomie, de coopération et de responsabilisation.

Parmi tous les pays interrogés, seule la Chine semble échapper à cette tendance de fond.

Si les managers expriment un malaise quasi-unanime au sein de l’ensemble des pays occidentaux de l’enquête, cette réalité est encore plus significative en France. Seuls 32% des managers français interrogés estiment que leur fonction comporte plus d’avantages que d’inconvénients (vs 41% en moyenne). Pour les managers français, ils sont 85% à penser qu’il est plus compliqué de manager aujourd’hui.

Devenir manager n’est plus considéré comme le “graal” d’autrefois, la fonction a perdu de son sens et ne fait plus rêver selon l’étude.

“Le modèle actuel est à bout de souffle. Alors qu’ils sont essentiels pour le succès de l’entreprise, les managers ne savent plus aujourd’hui ce que l’on attend d’eux et ontl’impression d’être à la croisée de toutes les contraintes. Il est temps de repenser leur rôle.C’est justement ce que nous observons dans les entreprises qui passent à l’agile”, indique Vinciane Beauchene, directrice associée au BCG et auteur de l’étude.

Des managers en demande de changement

Les managers ont eux-même conscience de la fin d’un modèle : 71% des managers français (vs 66% en moyenne) s’attendent à des changements majeurs de leur fonction dans les années à venir et 38% pensent même que leur poste aura disparu d’ici 5 à 10 ans.

Néanmoins, ils restent optimistes face aux transformations de l’entreprise aujourd’hui. Par exemple, 57% perçoivent positivement la montée des enjeux liés au digital et aux nouvelles technologies. Ce qu’ils attendent : une clarification de leur rôle et de leur mission (60% pour les managers français) et un meilleur accompagnement (67%).

Une nouvelle perception du « bon manager »

En France, managers et managés ont globalement la même perception de ce qu’estun bon manager : il motive, donne du sens et élimine les obstacles.

Cette perception du “manager idéal” est différente en Chine et en Allemagne : 59% des allemands attendent de leur manager qu’il prenne des décisions (vs 40% enFrance).

L’agile, une réponse possible ?

Face à ce désarroi, plusieurs réponses émergent. L’agile est l’une d’entre elles. Créée dans les entreprises du web et les start-ups dans les années 2000, la méthode agile estaujourd’hui mise en place avec succès dans plusieurs entreprises traditionnelles comme des grandes banques ou dans l’industrie automobile.

Avec l’agile, les équipes sont pluridisciplinaires et plus autonomes. Le rapport au manager évolue vers une relation de confiance. Le manager est avant tout garant del’alignement et de l’autonomie.

Ces nouveaux rôles peuvent apporter une réponse à la crise managériale actuelle. De quoi faire apparaitre une éclaircie ?

Méthodologie

Etude réalisée par IPSOS pour le BCG entre le 14 juin et le 15 juillet 2019
5000 personnes interrogées (1500 managers et 3500 managés) dans 5 pays : Chine, France, Etats-Unis, Royaume-Uni et Allemagne dans des entreprises de plus de 200 salariés.
Les managers interrogés encadrent des équipes d’au moins 5 personnes, ne sont pas membre du comité exécutif ni sous la responsabilité d’un membre du comité exécutif.