C’est quelque chose qui ne laisse pas de déconcerter les experts en cybersécurité. Malgré des avertissements incessants à propos du risque de se faire hacker, les voyageurs continuent de trouver le Wi-Fi gratuit de l’aéroport trop beau pour s’en passer.

« En règle générale, nous conseillons toujours de ne pas utiliser les connexions ou accès du Wi-Fi gratuit de l’aéroport », indique Darren Guccione, PDG et cofondateur de Keeper Security, entreprise à l’origine du gestionnaire de mots de passe et du coffre-fort numérique Keeper. « De nombreuses personnes ignorent les risques. Elles veulent se connecter à Internet. Elles veulent en profiter pour travailler un peu, mais au bout du compte, elles courent le risque d’être victimes d’une faille de sécurité ».

Les aéroports sont des terrains de chasse privilégiés pour les cybercriminels, en partie à cause du nombre conséquent de cibles potentielles se trouvant au même endroit.

Le dernier rapport de risque Wi-Fi de Norton a étudié des milliers d’adultes utilisant des points d’accès Wi-Fi publics dans 15 pays et a découvert que les voyageurs n’hésitent pas à se connecter à n’importe quel réseau leur permettant d’accéder à Internet. Plus de la moitié d’entre eux (53 %) ont même avoué ne pas savoir différencier un réseau sécurisé d’un réseau non sécurisé.

En outre, une autre étude de Norton, le LifeLock Cyber Safety Insights Report, publiée au printemps dernier, a déterminé que deux tiers des Américains seraient prêts à accepter des risques pour leur vie privée en ligne en échange du confort d’une connexion gratuite.

Mais il y a pire. Un rapport des experts en sécurité de Coronet a collecté les données de plus de 250 000 utilisateurs transitant par les 45 aéroports les plus fréquentés des États-Unis et a découvert que la grande majorité des systèmes de Wi-Fi publics dans ces aéroports présentait un risque notable envers les appareils des passagers.

Tandis que la plupart des aéroports les plus fréquentés du pays offrent le Wi-Fi gratuitement, quelques-uns perçoivent des redevances quotidiennes ou mensuelles pour ce service – mais même un Wi-Fi public payant peut présenter un risque. « Dans certains aéroports, on vous demande d’entrer vos informations de paiement et de transmettre ces informations sur une connexion qui n’est pas sécurisée », explique Guccione.

Vous avez besoin d’un accès Internet à l’aéroport ? Au lieu d’utiliser les réseaux de celui-ci, faites plutôt ceci :

Utilisez votre smartphone comme point d’accès.

Vous avez déjà une bonne solution au creux de votre main. « Il est bien plus sécurisé d’utiliser le point d’accès qui est activé sur votre smartphone », explique Guccione. « Presque tous les smartphones aujourd’hui, qu’il s’agisse d’un appareil Android ou d’un iPhone, possèdent un point d’accès mobile intégré qui est bien plus sécurisé que le Wi-Fi public ».

Sur un iPhone, rendez-vous dans Réglages > Données cellulaires ou Réglages > Partage de connexion

Sur Android, rendez-vous dans Paramètres > Connexions > Point d’accès mobile et modem > Point d’accès mobile

Utilisez un VPN.

Si vous n’avez pas d’autre choix que de vous connecter à un réseau Wi-Fi public, il est judicieux de prendre l’habitude d’utiliser un réseau privé virtuel (VPN), qui augmente la sécurité en créant un tunnel crypté entre votre appareil et un serveur.

« Un VPN vous permettra de sécuriser votre connexion à Internet et d’encrypter toutes vos informations à l’intérieur de cet écosystème », explique Guccione.

« Utiliser un VPN – notamment sur des réseaux publics, mais aussi tout réseau que vous ne gérez pas vous-même – est toujours une bonne idée, puisque cela empêche l’activité du réseau d’être trop facilement surveillée », ajoute Max Eddy, analyste logiciel à PCMag spécialisé dans les services de sécurité.

Il est à noter que les VPN recommandés par Max Eddy coûtent en général 5 euros voire moins – l’équivalent d’une tasse de café dans un aéroport.