La recherche d'eau sur la Lune est un objectif important pour s'installer sur l'unique satellite naturel de la Terre sur le long terme mais aussi pour les missions d'exploration lointaine dans le futur. En effet, en plus d'être indispensable pour la survie des astronautes, l'eau pourrait permettre de fabriquer du carburant in situ. La NASA a dévoilé, vendredi 25 octobre 2019, un nouveau robot qui devrait l'aider à atteindre cet objectif. Il s'agit du rover baptisé VIPER pour "Volatiles Investigating Polar Exploration Rover" et qui devrait atterrir sur la surface de la Lune en décembre 2022. Cette mission de 250 millions de dollars fait partie du programme Artemis de la NASA, censé envoyer à nouveau des astronautes américains sur la Lune en 2024.

Ce rover, qui a la taille d'une voiturette de golf, sera envoyé au pôle sud de la Lune pour une durée de mission d'environ une centaine de jours — si le matériel est en bon état, les missions se prolongent généralement — et devra trouver des poches d'eau sous forme de glace. Depuis plusieurs années, les scientifiques savent que les pôles sud et nord de la Lune abritent de la glace d'eau, mais aucune cartographie précise n'a été réalisée ni aucune quantification. Toutes les données recueillies devraient permettre d'établir les premières cartes de l'histoire des ressources en eau sur la Lune, peut-on lire dans le communiqué de l'agence spatiale américaine.

Pour la première fois également, des échantillons de glace d'eau devraient être récoltés grâce aux quatre instruments scientifiques qui équipent le rover, dont une foreuse d'un mètre. "La clé pour vivre sur la Lune, c'est l'eau — la même chose qu'ici sur Terre", a déclaré Daniel Andrews, chef de projet de la mission VIPER et directeur de l'ingénierie au Centre de recherche Ames de la NASA dans la Silicon Valley.

Et d'ajouter : "depuis la confirmation de la présence d'eau sous forme de glace sur la Lune il y a dix ans, la question est de savoir si la Lune pourrait vraiment contenir la quantité de ressources dont nous avons besoin pour vivre en dehors de la Terre. Ce rover nous aidera à répondre aux nombreuses questions que nous nous posons sur l'endroit où se trouve l'eau et sur la quantité d'eau qu'il nous reste à utiliser."

Selon une étude publiée dans la revue Nature Geoscience fin juillet 2019, la Lune abriterait plus d'eau qu'on ne le pensait. Les chercheurs de l'étude ont indiqué la présence de dépôts épais de glace près du pôle Sud de notre unique satellite naturel. Sur la Lune, "nous avons trouvé des cratères peu profonds qui ont tendance à être situés dans des zones où de la glace de surface a déjà été détectée près du pôle sud de la Lune, et nous avons déduit que cette coulée est très probablement due à la présence de dépôts de glace épais enfouis", a déclaré Lior Rubanenko, principal auteur de l'étude et chercheur en géophysique planétaire de l'Université de California à Los Angeles (UCLA).

Toutefois, faire atterrir un rover sur la Lune n'est pas quelque chose de facile. En atteste la toute première tentative d'atterrissage en douceur d'un engin indien au pôle sud qui s'est soldée par un échec.

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