Les Etats-Unis souhaitent reposer un pied sur la Lune en 2024, plus de cinquante ans après la fin du programme Apollo en 1972. On ne sait pas encore si la deadline serrée fixée par l'Administration Trump sera tenue, mais on connaît les combinaisons spatiales qui seront utilisées dans le cadre du programme baptisé Artemis. Lors d'une conférence de presse organisée le mardi 15 octobre 2019 dans ses locaux à Washington (Etats-Unis), la NASA a dévoilé les nouvelles combinaisons spatiales que porteront les astronautes qui iront sur la Lune en 2024.

Deux combinaisons ont été présentées : la première appelée "Orion Crew Survival System" et de couleur orange sera portée par les astronautes pendant le décollage et le retour sur Terre à bord du vaisseau Orion — véhicule construit par Lockheed Martin et censé amener les astronautes sur la Lune. La seconde appelée "xEMU", pour "Exploration Extravehicular Mobility Unit", avec des motifs rouges, blancs et bleus sera utilisée pendant les expéditions sur la Lune et plus tard pour explorer la planète Mars.

L'agence spatiale américaine a déclaré que ces nouvelles combinaisons, qui ressemblent à première vue à celles du programme Apollo des années 1960-1970, présentaient plusieurs améliorations notables pour notamment permettre une plus grande mobilité. "Nous travaillons depuis longtemps à la conception de combinaisons spatiales qui serviront sur la Lune et sur Mars", a déclaré Amy Ross, ingénieur en combinaison spatiale au Johnson Space Center de la NASA à Houston.

En revanche, les astronautes devraient continuer à porter des couches quand ils porteront ces combinaisons spatiales, car elles ne sont pas équipées d'un système qui permettrait de collecter l'urine et les selles.

Voici les principales nouveautés et améliorations concernant les nouvelles combinaisons spatiales de la NASA.

Les nouvelles combinaisons spatiales vont exister dans une plus grande gamme de tailles qu'auparavant pour s'adapter aux différentes morphologies des astronautes, femmes et hommes.

La combinaison xEMU de la NASA.
La combinaison xEMU de la NASA.
Image : NASA/Joel Kowsky

En mars 2019, la première sortie extra-véhiculaire 100% féminine, qui devait être effectuée par les astronautes Christina Koch et Anne McClain depuis la Station spatiale internationale (ISS), avait dû être annulée en raison d'un manque de combinaisons. Finalement, la première sortie extra-véhiculaire 100% féminine devrait avoir lieu le 21 octobre prochain.

La NASA ne dispose pas d'un vestiaire de combinaisons spatiales très fourni. En 2017, un audit des combinaisons spatiales utilisées sur l'ISS montrait que les équipements commençaient à se faire vieux et qu'ils ne pourraient peut-être pas durer jusqu'à 2024, date à laquelle le programme de l'ISS devrait prendre fin tel qu'on le connaît aujourd'hui. "Sur les 11 combinaisons restantes et fonctionnelles, quatre sont à bord de l'ISS et les sept autres sont sur Terre à des stades différentes de rénovation et d'entretien", précisait l'audit.

Les combinaisons devraient permettre aux astronautes de bénéficier d'une plus grande mobilité et notamment la xEMU qui devrait être utilisée pour explorer la Lune et éventuellement plus tard Mars.

Image : NASA

Lors de la présentation, Kristine Davis, ingénieure en combinaison spatiale au Johnson Space Center de la NASA, a réalisé différents mouvements, en tournant les bras, en se baissant, en levant les bras au-dessus de la tête ou encore en ramassant une pierre pour montrer que la combinaison xEMU devrait offrir une meilleure mobilité aux astronautes. Ce type de mouvements aurait été plus compliqué voire impossible avec les combinaisons portées par les astronautes des missions Apollo dans les années 1960-1970.

Des combinaisons xEMU plus 'flexibles' qui devraient éviter aux astronautes de tomber, comme dans les vidéos des missions Apollo.

"Vous ne verrez pas l'astronaute sauter et tomber comme un lapin comme dans les vidéos d'Apollo, parce que nous avons ajouté de nouveaux éléments souples pour aider la combinaison à suivre en douceur les mouvements du porteur", a déclaré Marshall Smith, directeur du programme d'exploration spatiale sur la Lune de la NASA. Et d'ajouter : "grâce aux améliorations apportées aux combinaisons pour les missions Artemis, les astronautes peuvent maintenant ouvrir de nouvelles possibilités pour la science et l'exploration sur la Lune."

Arrêt de la fermeture éclair pour enfiler et enlever la combinaison de mobilité afin d'éviter que de la poussière lunaire s'accumule et rende la fermeture compliquée.

Régolithe sur la Lune.
Régolithe sur la Lune.
Image : NASA

"Les dernières combinaisons utilisées sur la Lune comportaient une fermeture éclair pour être enfilées et enlevées. Ce n'est plus le cas, car la poussière lunaire s'accumule autour des dents de la fermeture et la rend impraticable. L'enfilage et le retrait de la nouvelle combinaison se fera par une grande ouverture à l'arrière, avec une porte scellée", a commenté Pablo de Leon, un expert en combinaison spatiale de l'University of North Dakota, à NBC News MACH.

La combinaison orange que les astronautes porteront dans la capsule Orion devrait les protéger et leur fournir de l'oxygène au cas où un accident provoque la dépressurisation du vaisseau. Elle est conçue pour maintenir en vie les astronautes pendant six jours.

Vue d'artiste de la capsule Orion.
Vue d'artiste de la capsule Orion.
Image : NASA via Wikimedia Commons

Ces nouvelles combinaisons ont été conçues pour protéger les astronautes des températures extrêmes allant de -156°C à 121°C. Sur la Lune, les températures moyennes peuvent varier de 121°C à -121°C et peuvent être encore plus basses dans le Pôle Sud, où la NASA aimerait envoyer ses prochains astronautes.

Jim Bridenstine, administrateur de la NASA, et Dustin Gohmert, directeur du projet Orion Crew Survival Systems au Johnson Space Center de la NASA lors de la présentation des nouvelles combinaisons spatiales de la NASA, le 15 octobre 2019.
Jim Bridenstine, administrateur de la NASA, et Dustin Gohmert, directeur du projet Orion Crew Survival Systems au Johnson Space Center de la NASA lors de la présentation des nouvelles combinaisons spatiales de la NASA, le 15 octobre 2019.
Image : NASA/Joel Kowsky

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