S'il est reconnu universellement que l'activité physique est, en général, bonne pour la santé cardiovasculaire, il y aurait des exceptions. Une nouvelle étude met en évidence un lien statistique entre les activités physiques pénibles et répétées au travail et la rigidité des artères.

L'activité physique constitue la meilleure prévention contre les maladies cardiovasculaires. Mais si vous misez sur les activités physiques pénibles que vous devez réaliser au travail pour prendre soin de votre coeur, mauvaise nouvelle, vous feriez tout l'inverse. En effet, le concept d'activité physique est éminemment vaste. On a coutume de répéter que c'est bon pour la santé. Cependant, au sein de la pluralité des activités effectuées, toutes ne semblent pas avoir les mêmes effets sur la santé.

Les activités pénibles, néfastes pour nos artères

Ce sont des chercheurs parisiens de l'Institut national pour la recherche médicale (Inserm) qui ont conduit cette étude publiée dans la revue Hypertension en collaboration avec l'Institut australien du cœur et du diabète. Pour évaluer l'hypothèse que les activités pénibles au travail pourraient être associées à des effets délétères, les scientifiques ont eu accès aux données d'une grande étude de cohorte : l'enquête prospective parisienne III.

Cela fait dix années que des expérimentateurs récoltent les données de 100.000 volontaires, âgés de 50 à 70 ans, sur leur activité physique : la fréquence, la durée, l'intensité et surtout le contexte. Cette grande étude contient également des informations concernant l'état des artères carotides des participants, mesuré grâce à une technologie de pointe en la matière : l'écho-tracking.

Résultat : les participants qui témoignent d'une activité physique pénible au travail (de type port de charges lourdes de façon répétée) présentent des artères carotides plus rigides et plus sujettes aux troubles rythmiques contrairement à ceux qui font plus de sport classique (par exemple, de la course à pied) ou de sport loisir (par exemple, du jardinage). Précisons tout de même qu'il s'agit là d'une étude d'observation : elle n'a pas vocation à émettre des relations de causalité mais permet de poser les bases de ce qu'il faudra chercher lors d'essais contrôlés et randomisés ultérieurs.

Évitez de porter des charges trop lourdes au travail (le cas échéant, tentez d'en discuter avec vos supérieurs) et préférez la pratique réelle d'un sport ou d'une activité physique de loisir.
Évitez de porter des charges trop lourdes au travail (le cas échéant, tentez d'en discuter avec vos supérieurs) et préférez la pratique réelle d'un sport ou d'une activité physique de loisir.
Image : © endostock, Adobe Stock

Comment expliquer ces résultats ?

« Concernant l'activité physique au travail, il y a des implications en santé publique importantes, conclut Jean-Philippe Empana, auteur principal de l'étude. Nous souhaiterions maintenant aller plus loin dans notre analyse des interactions entre activité physique et état de santé des personnes au travail ». Car, une question reste en suspens : comment expliquer ces résultats, si une éventuelle relation causale existe ? Ce qui est dérangeant, c'est que l'on sait par exemple que la pratique de la musculation est associée à une meilleure santé cardiovasculaire.

Ce n'est donc pas le port de charge en soi qui semble délétère. En revanche, de mauvais mouvements lors du port de charge, la répétition exacerbée, etc. sont toutes des hypothèses assez probables pour tenter d'éclaircir cette corrélation. Finalement, évitez de porter des charges trop lourdes au travail (le cas échéant, tentez d'en discuter avec vos supérieurs) et préférez la pratique réelle d'un sport ou d'une activité physique de loisir.

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