Alors qu'elle a réussi en début d'année à atterrir sur la face cachée de la Lune — une première mondiale dans l'histoire de l'exploration spatiale — la Chine a récemment communiqué quelques détails concernant sa prochaine grande mission lunaire baptisée Chang'e 5, rapporte le site Spacenews.com. Celle-ci devrait finalement être lancée fin 2020 alors qu'elle était initialement prévue pour fin 2019. Les Chinois ont dû revoir leur calendrier après quelques problèmes liés à leur lanceur lourd Long March 5 — dont un lancement raté en juillet 2017.

La mission Chang'e 5 est d'une importance majeure car elle comporte un retour d'échantillons récoltées sur le sol lunaire, ce qu'aucun pays n'a effectué depuis la mission Luna 24 de l'Union soviétique en 1976. La sonde devrait ainsi décoller depuis la base de lancement de Wenchang, situé au nord-est de l'île de Hainan, à bord d'une fusée Long March 5. Wu Weiren, responsable du programme d'exploration lunaire de la Chine, a déclaré aux médias d'Etat que la mission serait lancée en 2020 lors de la première assemblée chinoise des sciences spatiales, mais aucune date précise n'a été donnée.

Deux kilogrammes d'échantillons lunaires devraient être prélevés sur un site près de Mons Rümker, une formation volcanique située dans la région de l'océan des Tempêtes, à l'ouest de la face visible de la Lune. L'étape de retour d'échantillons lunaires devrait permettre à la Chine de préparer ses futures missions de vols habités sur la Lune.

Contrairement aux Etats-Unis ou à la Russie, "la Chine n'est pas allée sur la Lune et se poser sur la Lune n'est pas une mince affaire. Même si les Chinois mènent leur programme spatial tambour battant, avec de grands succès comme Chang'e 4, c'est symbolique d'aller sur la Lune", avait expliqué Francis Rocard, responsable des programmes d'exploration du Système solaire au Centre national d'études spatiales (CNES) à Business Insider France. L'Empire du milieu compte d'ailleurs envoyer un taïkonaute (spationaute chinois) sur notre satellite naturel vers 2036.

La Chine rêve aussi d'un palace lunaire où les scientifiques pourraient vivre et conduire leurs recherches, selon une vidéo diffusée par l'agence spatiale chinoise. Cette dernière n'a pas donné de date exacte concernant ce projet, mais il devrait être lancé à la fin des années 2020. Le site idéal pourrait être le pôle sud de la Lune, qui abriterait de l'eau et serait suffisamment exposé au Soleil.

Après Chang'e 5, la Chine a déjà prévu une autre mission de retour d'échantillons en 2023-2024, Chang'e 6, qui pourrait atterrir dans le pôle sud de la Lune si Chang'e 5 est une réussite. Ce programme intégrera des expériences scientifiques françaises, suite à la signature d'un accord de coopération entre les agences spatiales chinoise et française en mars dernier.

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