La France cumule les femmes de pouvoir influentes à l’échelle nationale et internationale. Selon l’index de Reykjavik, qui mesure le ressenti des citoyens quant à l’aptitude des femmes à exercer des postes de direction comparativement aux hommes classe La France et le Canada aux premiers rangs mondiaux.

Entre Françoise Bettencourt-Meyers, deuxième fortune de France, Marion Cotillard, star du cinéma et Christine Lagarde, ancienne patron du FMI et actuelle directrice de la Banque centrale européenne, la France a quelques billes en matière de femmes de pouvoir. Et en matière du ressenti des citoyens à voir les femmes présenter les mêmes compétences que les hommes à occuper des postes à très haute responsabilité, la France est une des meilleures.

Women Political Leaders (WPL), le réseau mondial de femmes en politique, et Kantar, un des plus importants réseaux de veille, d’études et de conseil au monde, publient la deuxième édition de l’index de Reykjavik, à l’occasion du Forum mondial des femmes dirigeantes qui se tient à Reykjavik, en Islande, du 18 au 20 novembre. Cet Index mesure comment la société perçoit les femmes au pouvoir par rapport aux hommes au pouvoir. L’Index évalue cette perception des personnes aptes à diriger dans 22 secteurs d’activités, privés et publics, et étudie les attitudes de plus de 22 000 personnes en âge de travailler. L’index va de 0 à 100. Un score de 100 signifie que dans la société les hommes et les femmes sont perçus comme étant tout autant à même d’accéder à des postes de leadership dans tous les secteurs. Toute note inférieure à 100 indique un certain degré de préjugé.

Une première place en trompe-l’oeil

Silvana Koch-Mehrin, présidente et fondatrice de Women Political Leaders, explique que “le lancement de l’Index en 2018 a permis de générer des conversations, non seulement à propos des secteurs dans lesquels les femmes ne sont pas équitablement considérées, mais aussi sur les raisons. Grâce aux informations fournies par l’Index et aux objectifs de vocation globale en la matière, tant les politiques publiques que le secteur privé peuvent poursuivre leurs efforts en matière d’égalité hommes-femmes concernant l’exercice du pouvoir “.

Toutefois, ce résultat de premier de classe pour la Francen’est pas un exemple de perfection. Le score de 77 sous-tend de nombreuses idées reçues qui persistent. En France, les femmes se montrent plus enclines que les hommes (81% vs 73%) à estimer qu’elles sont à même d’exercer des postes de pouvoir au même titre que les hommes.

C’est dans le secteur Banque & Finance et le secteur Médias & divertissement que la France obtient ses niveaux d’Index les plus élevés (83). A égalité avec ceux de l’architecture et de la recherche en économie et sciences politiques. Des secteurs où les femmes se sont davantage taillé une place de choix.

Dans le même temps, seulement 44% de l’opinion se sent à l’aise avec l’idée qu’une femme dirige le gouvernement en France et 45% qu’elle prenne la tête d’une grande entreprise. Un sentiment également partagé par hommes et femmes dans les deux cas (42%-45% dans le premier cas, 44%-47% dans le second).

Dans le reste du monde, toujours autant d’efforts à faire

Dans tous les pays étudiés, les femmes se montrent plus enclines que les hommes à percevoir hommes et femmes comme étant également aptes à exercer des fonctions de leadership. Les écarts vont de 3 points en Russie à 11 au Royaume-Uni. Le Royaume-Uni chute cette année, en raison de l’aggravation de la perception des hommes, les opinions des femmes étant restées stables par rapport à 2018.

Aux États-Unis, plusieurs secteurs d’activité connaissent un recul de leurs scores, notamment le secteur Gouvernement et politique (- 5), la justice (-5), la diplomatie (-5), la recherche en économie et sciences politiques (-5). L’Italie voit son Index augmenter de 5 points et l’Allemagne de 3 points. Les nouveaux entrants, le Brésil (66) et l’Inde (67), affichent des scores similaires à ceux de l’Allemagne (69) et de l’Italie (68).