En janvier 2020, le Forum Économique Mondial invitera les entreprises à revoir leurs ambitions en matière d'action climatique lors de la réunion annuelle de Davos-Klosters, sous le thème « Acteurs d’un monde plus cohérent et plus durable ». La 50ème édition de la réunion rassemblera plus de 3 000 participants venus du monde entier. Pour la quatrième année, elle sera également climatiquement neutre.

Alors, que signifie exactement être climatiquement neutre ?

Tout d'abord, nous faisons notre possible pour réduire les émissions. Cela implique de tout examiner en détail : de l'utilisation des matériaux et des ressources (cette année, nous changerons la configuration du Centre des congrès pour utiliser moins de moquette), à la nourriture que nous servons (plus locale, saisonnière et végétale que jamais auparavant) et au transport (cette année, notre flotte de voitures et d'autobus est à 90 % hybride ou électrique).

Nous continuerons à chercher des moyens de réduire notre empreinte environnementale. Quant à ce que nous ne pouvons pas éliminer, nous compensons en investissant dans des programmes qui réduisent les niveaux d'émissions dans l'atmosphère.

Depuis l’édition 2017, nous calculons et compensons toutes les émissions de la réunion annuelle - y compris les déplacements du personnel et des participants par avion - en finançant des projets de compensation certifiés dans le monde entier. Au-delà de la réduction des émissions de carbone, ces initiatives créent également des emplois et améliorent les conditions de vie. Par exemple, l'un des projets sélectionnés pour compenser la réunion de 2018 était les forages au Rwanda, qui ont déjà fourni 50 millions de litres d'eau à plus de 68 000 personnes et permis d'économiser 85 000 tonnes de bois qui, autrement, auraient servi à faire bouillir l'eau pour la purifier.

Pour compenser la réunion annuelle de 2020, le Forum a décidé de continuer à soutenir deux projets clé : le projet Jacundá dans l'« Arc de déforestation » amazonien, connu pour sa forêt tropicale en voie de disparition, qui protège une superficie de 95 000 hectares de forêt indigène et de caoutchouc, d'açaï et de noix du Brésil produits de manière durable, et le biogaz pour des fermes plus écologiques, qui utilise le méthane produit par le traitement du fumier dans les digesteurs de biogaz en tant qu’énergie et les résidus en tant qu’engrais, pour les fermes locales en Suisse.

Voici d'autres exemples de projets de compensation soutenus par le Forum en collaboration avec South Pole, l'un des principaux fournisseurs de solutions climatiques mondiales.

Des composteurs de déchets

Bien que le compostage des déchets humains, du fumier ou les sites d'enfouissement ne soient pas de nouvelles idées, ce n’est que depuis peu qu’on s’intéresse à la réduction des émissions de carbone qu'ils engendrent. Les digesteurs de biogaz, qui recyclent les déchets du compostage, possèdent un double avantage : ils réduisent les émissions de gaz à effet de serre et permettent la production d'énergie verte. Qui plus est, cela maintient la fertilité des sols et favorise la salubrité alimentaire.

Composting New Dehli s’assure que les déchets solides provenant des marchés de fruits et légumes de Delhi, en Inde, ne finissent pas leur course dans des décharges et transforme 73 000 tonnes de ces déchets, ce qui génère environ 200 tonnes de compost chaque année. Au Cambodge, le Programme national de biodigesteurs traite non seulement les déchets utilisés comme engrais par plus de 18 000 exploitations agricoles, mais remplace également les poêles biomasse, ce qui permet d'économiser 150 000 tonnes de bois depuis 2006.

Les cuisinières

Les poêles conventionnels ont un faible rendement énergétique et sont source de fumée à l'intérieur - l'équivalent de 400 cigarettes par heure. Les cuisinières, qui émettent moins de fumées et nécessitent moins d'énergie et de bois, présentent des avantages pour la santé, l'énergie et l'environnement.

En Inde, où l'on estime que les fumées toxiques des cuisinières conventionnelles causent 500 000 décès prématurés par an, The Breathing Space Cook Stove a déjà fourni des cuisinières à meilleur rendement énergétique à plus de 200 000 familles. Au Mali, Katena Clean Cookstoves a créé 400 emplois dans une usine locale de fabrication de poêles et planté 2 400 m² d'arbres pour lutter contre la désertification recouvert de plus de moitié par le Sahara.

Les communautés qui ramassent du bois de chauffage dans la réserve naturelle de Mamize en Chine, dans la province du Sichuan, menacent la biodiversité environnante et l'habitat des pandas géants, un problème sur lequel s’est penché le Projet du WWF sur les cuisinières pour économiser le bois de chauffage à Mamize.

De petites interventions sur les cuisinières, telles que l'amélioration du taux d'allumage, peuvent également profiter financièrement aux utilisateurs. Le projet Highveld Air Quality - NFS en Afrique du Sud, par exemple, permet aux utilisateurs d'économiser environ 30 dollars par an.

Que fait le Forum Économique Mondial au sujet de la transition vers l'énergie propre ?

Passer à l’énergie propre est la clé de la lutte contre le changement climatique. Pourtant, au cours des cinq dernières années, la transition énergétique a stagné. La consommation et la production d'énergie contribuent aux deux tiers des émissions mondiales, et 81 % du système énergétique mondial est encore basé sur les combustibles fossiles, le même pourcentage qu'il y a 30 ans.

Des politiques efficaces, des actions du secteur privé et une coopération public-privé sont nécessaires pour créer un système énergétique mondial plus inclusif, durable, abordable et sûr.

Une analyse comparative des progrès est essentielle à une transition réussie. L’indice de transition énergétique du Forum Économique Mondial, qui classe 115 économies en fonction de la façon dont elles concilient la sécurité et l'accès à l'énergie avec la durabilité environnementale et le développement économique, montre que le plus grand défi de la transition énergétique est le manque de préparation des plus grands émetteurs mondiaux, y compris les États-Unis, la Chine, l'Inde et la Russie. Les 10 pays qui obtiennent les meilleurs résultats en termes de préparation ne représentent que 2,6 % des émissions annuelles mondiales.

Pour assurer l'avenir du système énergétique mondial, l’initiative du Forum Shaping the Future of Energy travaille sur des projets, dont Partnering for Sustainable Energy Innovation, la plateforme Future of Electricity, Global Battery Alliance et Scaling Renewable Energy afin d’encourager et de favoriser les investissements, les technologies et les solutions énergétiques novatrices.

Votre organisation est-elle intéressée par un partenariat avec le Forum Économique Mondial ? Pour en savoir plus, cliquez ici.

Hydro

Les centrales hydroélectriques durables sont le moyen le plus efficace de produire de l'électricité, mais leur coût constitue souvent un obstacle à leur construction. Au Brésil, Incomex Hydro a construit trois centrales hydroélectriques, qui produisent de l'énergie propre et réduisent plus de 83 000 tonnes de CO² par an, soit l'équivalent de la consommation électrique de 14 000 foyers.

À plus grande échelle, le projet chinois Huóshui Grouped Small Hydropower fournit de l'énergie à plus d'un demi-million de foyers ruraux chinois chaque année et soutient la communauté avec des ateliers d'agriculture durable pour plus de 170 personnes, le financement d'initiatives sociales et un programme éducatif sur la protection de l'environnement auquel environ 200 étudiants ont participé.

L'énergie éolienne

L'énergie éolienne est une autre source d'énergie renouvelable qui peut satisfaire la demande mondiale croissante. Au Vietnam, où la croissance économique et la demande d'énergie dépassent l'offre, le parc éolien de Bac Liêu a mis en place le premier projet éolien côtier à grande échelle du pays.

En Inde, les centrales éoliennes Mitcon alimentent le réseau national, créent des emplois et soutiennent les femmes entrepreneurs. Les difficultés économiques de l'Argentine depuis le début des années 2000 ont engendré une crise énergétique et une incapacité à répondre à la demande d'électricité de manière durable. Aujourd'hui, le parc éolien Rawson opère en Patagonie, l'une des régions les plus venteuses au monde.

La réduction des émissions demeure la priorité principale des efforts du Forum en matière de développement durable pour la réunion annuelle de 2020, dans le cadre de la stratégie de viabilité institutionnelle à long terme. La compensation sert à neutraliser les émissions inévitables, de manière à favoriser le développement durable en Suisse et à l'étranger.