*54% des jeunes interrogés estiment qu'une attaque nucléaire est probable au cours de la prochaine décennie.

*Ils sont encore plus nombreux à penser qu'une guerre mondiale est probable de leur vivant.

*Les millennials identifient également la corruption, le chômage et la pauvreté comme les principales préoccupations.

Les millennials envisagent qu'une guerre apocalyptique pourrait se profiler à l'horizon, et ce notamment via une probable frappe nucléaire.

Une nouvelle étude portant sur plus de 16 000 millénaires dans 16 pays a révélé un pessimisme considérable à l'égard des conflits chez les personnes âgées de 20 à 35 ans Quelques lueurs d'espoir sont tout de même relevées.

L'enquête du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a révélé que la plupart des personnes interrogées - 54 % - estiment qu'une attaque nucléaire est probable au cours de la prochaine décennie. Et un nombre encore plus important de millennials pensent qu'il qu'il y a plus de 50% de chances qu'une troisième guerre mondiale se déroule de leur vivant.

Ces résultats sont profondément troublants, sans pour autant être réellement surprenants au vu des récents titres de l'actualité. Cela dit, l'enquête n'est pas basée sur l'actualité de 2020. En effet, nous avons posé nos questions l'année dernière, ce qui indique que ce sentiment de pessimisme et de méfiance est, je le crains, une tendance dont nous devons tenir compte.

Alors que les dirigeants mondiaux se réunissent à Davos cette semaine, il faut garder à l'esprit les opinions de la jeune génération.

Les millennials identifient également la corruption, le chômage et la pauvreté comme étant des préoccupations majeures. Cela correspond exactement aux principaux problèmes auxquels les communautés touchées par les conflits font régulièrement face. Les humanitaires, les politiciens, les défenseurs ne peuvent pas ignorer ces voix ; nous devons nous attaquer d'urgence à ces réalités.

Bien qu'il s'agisse de questions difficiles et bien ancrées, je reste optimiste quant à la possibilité de progresser. Nous disposons de bases solides : 70 % des millennials ont déclaré qu'ils se souciaient de la souffrance humaine liée aux conflits, tandis que 74 % ont déclaré que la plupart des guerres pouvaient être évitées. Ces réponses contiennent de l'espoir et pourraient à terme améliorer la souffrance des victimes de conflit.

Le monde moderne s'efforce d'adopter une approche humaine des conflits depuis plus de 70 ans, par le biais des Conventions de Genève. Nous demandons aux millennials de poursuivre cette longue tradition et de défendre les valeurs fondamentales qui sous-tendent les règles de la guerre. Elles sont essentielles pour l'avenir de l'humanité. Elles doivent être maintenues pour les générations à venir.

Néanmoins, il est clair que nous ne devons pas ignorer le regard souvent négatif des jeunes adultes. Je soupçonne que leurs pressentiments reflètent ce qu'ils voient et entendent : une rhétorique déshumanisante dans leurs communautés en ligne et de la part des dirigeants des pays. Ils constatent une polarisation marquée dans les communautés politiques qui préfèrent dépeindre les opposants comme des ennemis plutôt que de trouver un terrain d'entente pour faire progresser la société.

Alors que certains voient l'intérêt de marquer des points politiques coûte que coûte, un langage déshumanisant peut être mortel. Nous avons vu dans de nombreux endroits du monde à quelle vitesse la haine en ligne peut alimenter la violence et nuire à la vie réelle.

Si les personnes interrogées dans le cadre de notre enquête ont raison de prédire une nouvelle guerre catastrophique, la souffrance des populations de tous les pays et régions serait immense. Même si l'on considère les grandes guerres actuelles - Yémen, Syrie, Sud-Soudan - les conflits deviennent de plus en plus complexes en raison du changement climatique, de la dynamique imprévisible du pouvoir mondial et de la fragilité croissante. Il sera déjà difficile de maintenir de la décence et la dignité humaine dans cet environnement.

Je suis préoccupé par le fait que 36 % des millennials pensent que les combattants ennemis capturés ne devraient pas être autorisés à contacter leurs proches - un droit fondamental en vertu du droit humanitaire international ; 37 % pensent que la torture est acceptable dans certaines circonstances, y compris après que la convention des Nations unies interdisant la torture leur ait été expliquée.

Le tableau n'est pas entièrement sombre. L'enquête a apporté d'autres bonnes nouvelles : 75% des personnes interrogées ont déclaré qu'il était nécessaire d'imposer des limites à la guerre par le biais de l'adhésion aux conventions de Genève. Ce chiffre était encore plus élevé aux États-Unis, où 80 % des personnes interrogées ont déclaré que les guerres devraient avoir des limites.

Que peut-on faire de plus pour éviter des conflits meurtriers et pour encourager les citoyens du monde entier à insister pour que les dirigeants politiques et militaires adhèrent aux lois de la guerre pendant les combats ?

Une réponse claire et fondamentale consiste à mettre en place des solutions politiques qui empêcheraient les guerres ou y mettent rapidement fin. Des responsables politiques et militaires qui s'engagent à respecter des lois de guerre convenues par tous les pays du monde sont également nécéssaires.

Les forces militaires en amont et en aval de la chaîne de commandement doivent être exposées aux lois de guerre, et les commandants doivent être encouragés à s'assurer que leurs troupes les respectent.

Le dialogue avec les puissances qui ont de l'influence peut contribuer à renforcer ces lois qui aident à protéger la vie des civils. La préservation de la dignité humaine et la protection des êtres humains en temps de conflit armé ont des fondements solides dans les préceptes des grandes religions mondiales. Le dialogue entre les organisations humanitaires et les chefs religieux peut permettre de trouver un terrain d'entente solide et de transmettre des messages forts aux communautés, aux porteurs d'armes et aux décideurs.

Les millénaires ne doivent pas se sentir impuissants ou désespérés face à d'éventuels conflits futurs. Un soutien aux lois de guerre pourrait contribuer à garantir qu'une future frappe nucléaire ou la redoutée troisième guerre mondiale n'ait jamais lieu.