Il est temps de célébrer la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique, qui cette année a franchi une étape importante : son 25ème anniversaire (COP25).

La conférence a été organisée et accueillie par les gouvernements de l'Espagne et du Chili. Les deux pays disposent de ressources de classe mondiale en termes d’énergies renouvelables et ont ici l’occasion de développer leurs portefeuilles d'énergies renouvelables au cours des prochaines décennies.

Le point culminant de la réunion fut la présence de Greta Thunberg, qui a envoyé un message fort en traversant l'Atlantique pour la deuxième fois en moins de trois mois sur un petit bateau. Elle voulait faire entendre sa voix aux décideurs politiques et leur dire que le statu quo n'était pas la voie à suivre. L’heure n’est plus au changement climatique mais à l’urgence climatique, et il est temps d'agir.

On entend souvent des protestations contre les subventions accordées aux énergies renouvelables, mais si l’on s’intéresse aux chiffres, c'est en fait l'inverse. Nous devrions cesser de financer les combustibles fossiles en mettant fin aux subventions qui leur sont accordées ; c'est l'une des actions climatiques les plus importantes que nous puissions prendre. Les énergies renouvelables doivent remplacer les énergies fossiles ; elles sont déjà rentables et ont un coût nettement inférieur aux énergies fossiles. De plus, l'an dernier, les énergies renouvelables ont créé plus d'emplois que n’importe quelle autre partie du secteur de l'énergie.

La COP25 était l'occasion de faire de sérieux progrès et de définir des jalons ambitieux à atteindre rapidement. La concentration croissante des gaz à effet de serre, qui ont atteint des niveaux record, suggère que les générations futures devront faire face aux effets catastrophiques de notre crise climatique, tels que l'élévation du niveau de la mer, des conditions météorologiques de plus en plus imprévisibles et difficiles, une augmentation des températures mondiales, des pluies acides, l’acidification des océans et la perturbation des écosystèmes. Pour empêcher ces prévisions, nous devons générer un élan efficace pour que les énergies renouvelables atteignent les objectifs, afin que les délégués réunis à la COP25 puissent adopter l'Accord de Paris (convenu à la COP22). Les énergies renouvelables joueront un rôle central dans le processus de transition écologique et nous permettront d'atteindre la neutralité climatique d'ici 2050.

Bien que le déploiement des énergies renouvelables implique encore certains défis, leur mise en œuvre est viable et sera une formidable opportunité non seulement pour la planète et la santé de ses habitants, mais aussi en termes d'impact socio-économique et de développement industriel. Par exemple, la pollution atmosphérique, liée au changement climatique, tue sept millions de personnes chaque année et constitue une menace pour la santé et la sécurité des humains. La dernière décennie a été témoin de conditions météorologiques extrêmes sans précédent et d’une augmentation record des températures. La hausse moyenne du niveau de la mer à l’échelle planétaire en 2019 a été la plus élevée depuis le début des augmentations record en 1993, et environ 20 millions de personnes ont été déplacées en 2019 en raison d'événements météorologiques. Récemment, aux Philippines, 200 000 personnes ont dû être évacuées de leur domicile à cause du typhon Kammuri.

Lors de la COP24, l'année dernière, aucun consensus n'a été trouvé sur l'article 6 de l'Accord de Paris, qui détaille les règles du marché du carbone et d’autres formes de coopération internationale. Un échange de droits d’émissions négatives devrait être demandé dans le cadre du Protocole de Kyoto pour compenser les émissions des pays développés.

Les émissions mondiales de CO2 ont bondi de 0,6 % pour atteindre 37 milliards de tonnes en 2019. La croissance des émissions a ralenti, mais ce n'est pas suffisant. L’objectif est de parvenir à « zéro émissions nettes » à l'échelle mondiale d'ici 2050 pour atteindre la neutralité carbone. Pour réaliser l'objectif de 1,5 °C de l'accord de Paris, les émissions mondiales de gaz à effet de serre doivent baisser de 7,6 % chaque année entre 2020 et 2030. Jusqu'à présent, l'engagement international pour atteindre ces objectifs a été totalement insuffisant. Les gouvernements devraient revoir leurs promesses de réduire les émissions de carbone conformément à la dernière découverte, afin de donner le ton pour l'avenir de la planète.

Actuellement, les contributions déterminées au niveau national sont inadaptées et si nous n'adoptons pas une trajectoire plus audacieuse, l'augmentation des températures mondiales d'ici la fin de ce siècle sera catastrophique pour l'humanité et pourrait même menacer notre existence sur cette planète. Afin de maintenir le changement climatique dans des limites gérables, les pays devront limiter l'augmentation des températures mondiales à 1,5 °C, atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 et réduire les émissions de gaz à effet de serre de 45 % par rapport aux niveaux de 2010 d'ici 2030.

Points clés de la COP 25 :

*Il ne s’agit plus d’une crise climatique, mais d’une urgence climatique

*L’ambition et l'engagement accrus montrant l’obligation redditionnelle, la responsabilité et le leadership des représentants envers la neutralité carbone ont été clairement démontrés

*Une vague d'actions a vu le jour entre les parties prenantes - gouvernements, entreprises et société civile - et leurs contributions sont cruciales pour amener la transformation dont nous avons besoin

*D'ici 2020, les pays devront soumettre des plans d'action nationaux sur le climat mis à jour, appelés contributions déterminées au niveau national

*Les délégués se sont engagés à limiter l'augmentation de la température mondiale à 1,5 °C, à atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 et à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 45 % par rapport aux niveaux de 2010 d'ici 2030

Comme l'a déclaré le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, pour faire face à la crise climatique, nous avons besoin de changer profondément et rapidement notre façon de gérer nos entreprises, de produire de l'électricité, de construire des villes, de nous déplacer et de nourrir le monde. La COP25 a souligné la nécessité de se concentrer sur trois piliers : l'adaptation, l'atténuation et les moyens de mise en œuvre et, ce faisant, de construire un avenir plus propre, plus sain et plus prospère. Les gouvernements et les chefs d'entreprise doivent être sur la même longueur d'onde ; ils doivent renforcer leur détermination à atteindre zéro émission nette de CO2 et à contenir la hausse de la température mondiale à 1,5 °C.

Partout, les émissions sont une menace pour l'humanité et nous devons prendre des mesures audacieuses.