Le concept de "croissance verte" est souvent évoqué - à savoir un modèle de développement envisageant la poursuite de la croissance économique tout en préservant les ressources naturelles et l'environnement, via notamment l’utilisation des énergies renouvelables.

Mais une croissance verte est-elle possible ? Cette question divise et alimente un débat opposant frontalement, d'un côté, les libéraux techno-optimistes, et de l'autre, les altermondialistes décroissants. Notre infographie dresse un bilan mondial de la transition énergétique au cours des dix dernières années et propose un aperçu global de la situation. Pour soutenir une croissance de plus de 20 % du PIB mondial sur la dernière décennie, la consommation d'énergie sur Terre a augmenté de 18 % entre 2008 et 2018 selon les données du Statistical Review of World Energy. Dans un monde globalisé et interconnecté, la question énergétique et environnementale dépasse les frontières. Le niveau d’émissions industrielles de gaz à effet de serre de la Chine et des pays du Golfe étant notamment lié à la consommation des pays importateurs de marchandises et d’énergie.

Et si la consommation énergétique a pu croître au cours de la dernière décennie c’est en grande partie via le recours aux énergies fossiles : pétrole, gaz naturel, charbon. Ces dernières représentent en effet 70 % de la hausse sur cette période, contre 30 % pour l’ensemble des énergies renouvelables (hydroélectricité inclue). Malgré une explosion de la consommation d'énergies renouvelables : géothermie, biomasse, éolien, solaire et autres (+352 %) sur les dix dernières années, leur part dans la consommation mondiale ne représentait que 4 % en 2018. En ajoutant l'hydroélectricité, la part totale en énergies renouvelables grimpe à 11 %, ce qui reste peu en comparaison avec les énergies fossiles qui alimentaient encore 85 % de la consommation mondiale l’année dernière. Quid du nucléaire ? Si elle offre techniquement un moyen de produire massivement de l’énergie décarbonée (sans être renouvelable), la filière peine à convaincre l’opinion publique en matière de sécurité (accident de Fukushima en 2011) et de gestion des déchets radioactifs. En une décennie, la consommation d’énergie issue de la fission de l’atome est restée inchangée à l’échelle du globe.

La transition énergétique vers une société post-carbone apparaît complexe. Elle nécessite une vraie coordination internationale et pose de nombreux défis technologiques pour la production massive d’énergies « propres ». Elle appelle également à repenser nos modes de consommation, avec notamment des efforts à mener dans l’efficacité énergétique, le recyclage ou encore l’utilisation et la durée de vie des équipements.