Dernière mise à jour : 5 mars 2020

  • Le chef de l'Organisation Mondiale de la Santé qualifie d'"infodémie" la diffusion de fausses informations sur le Coronavirus.
  • Des informations trompeuses circulent rapidement sur les médias sociaux.
  • L'OMS travaille avec Facebook, Twitter, Tencent, Pinterest et TikTok.
  • La lutte contre les fausses nouvelles risque de durer aussi longtemps que le virus.


Vous faites des réserves de savon pour les mains ou d'ail?

Les deux ont été cités sur Internet comme des garde-fous potentiels contre l'épidémie de Coronavirus, ou COVID-19, mais un seul est efficace. Et c'est cette propagation rapide de la désinformation qui préoccupe le chef de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus.

"Nous ne luttons pas seulement contre une épidémie, mais aussi contre une infodémie", dit-il.

Avec les fausses nouvelles et la diffusion d'informations erronées, l'un des problèmes majeurs de notre époque, les conseils médicaux incorrects, trompeurs ou faux peuvent faire le tour du monde avant que quiconque ait la possibilité de les corriger. Quelle est donc l'ampleur du problème? Et que peut-on faire d'autre que de surveiller les médias sociaux?

Environ 2 millions de tweets contenant des théories de conspiration sur le coronavirus ont été publiés sur une période de trois semaines en janvier et février, selon un rapport du Washington Post qui cite un rapport non publié du US Global Engagement Center.

Que fait le Forum Économique Mondial à propos de l'épidémie coronavirus?

Une nouvelle souche de coronavirus, le COVID 19, se répand dans le monde, provoquant des décès et des perturbations majeures de l'économie mondiale.

Répondre à cette crise nécessite une coopération mondiale entre les gouvernements, les organisations internationales et le monde des affaires. C’est justement la mission du Forum Économique Mondial en tant qu'organisation internationale de coopération public-privé.

Le Forum Économique Mondial, en tant que partenaire de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a lancé la plate-forme d'action COVID. Cette plate-forme vise à favoriser la contribution du secteur privé à la stratégie mondiale de santé publique relative au COVID-19, et à le faire à l'échelle et à la vitesse requises pour protéger des vies et des moyens de subsistance ; ceci afin de trouver des moyens d'aider à mettre fin à l'urgence mondiale le plus tôt possible.

En tant qu'organisation, le Forum a déjà prouvé qu'il pouvait aider à faire face à une épidémie. En 2017, la Coalition for Epidemic Preparedness Innovations (CEPI) a été lancée à l’occasion de notre réunion annuelle. Elle a rassemblé des experts du gouvernement, des entreprises, de la santé, du monde universitaire et de la société civile pour accélérer le développement de vaccins. La CEPI soutient actuellement la course au développement d'un vaccin contre cette souche de coronavirus.

Briser les mythes.
Briser les mythes.
Image : OMS

"La différence maintenant avec les médias sociaux est que ce phénomène est amplifié", déclare Sylvie Briand, directrice de la gestion des risques infectieux au sein du programme des urgences sanitaires de l'OMS. "Vous devez être plus rapide si vous voulez combler le vide. Ce qui est en jeu lors d'une épidémie, c'est de s'assurer que les gens feront ce qu'il faut pour contrôler la maladie ou pour en atténuer l'impact".

Cas confirmés de Covid-19 en dehors de la Chine.
Cas confirmés de Covid-19 en dehors de la Chine.
Image : OMS

Briand et ses collègues de l'OMS luttent contre ceci, en surveillant de près la désinformation et en la contrecarrant par des faits et leur propre page de démystification.

Google a créé une alerte SOS sur COVID-19 pour les six langues officielles de l'ONU, et se développe dans d'autres langues pour s'assurer que les premières informations que le public reçoit proviennent du site web de l'OMS et des comptes de médias sociaux de l'OMS et du Dr Tedros. Facebook interdit les publicités présentant des remèdes contre le virus.

Alerte rouge.
Alerte rouge.
Image : Google

"La lutte contre l'infodémie et la désinformation est un effort commun", déclare Aleksandra Kuzmanovic, responsable des médias sociaux au département de la communication de l'OMS. "Dans mon rôle, je suis en contact avec Facebook, Twitter, Tencent, Pinterest, TikTok, et aussi avec mes collègues du bureau de la Chine. Lorsque nous voyons des questions ou des rumeurs se répandre, nous les notons, nous retournons vers nos collègues chargés de la communication des risques et ils nous aident à trouver des réponses fondées sur des preuves".

Sur TikTok, le Forum Économique Mondial publie des vidéos visant à dissiper certains mythes et à présenter des faits simples.

Malgré cela, la lutte contre les fausses nouvelles risque de durer aussi longtemps que le virus. Et les grands médias et les sites web attisent également la panique, selon Carlos Navarro Colorado, responsable des urgences de santé publique à l'UNICEF.

"Souvent, ils choisissent les images les plus extrêmes qu'ils peuvent trouver", a déclaré Navarro. "Il y a un excès d'utilisation [des équipements de protection individuelle] et ce sont généralement les photos qui sont publiées partout, dans tous les grands journaux et à la télévision. C'est, en fait, envoyer le mauvais message".