Plus d'un tiers des habitants du monde — soit trois milliards de personnes — doivent actuellement rester confinés chez eux afin de freiner la propagation de l'épidémie due au coronavirus. Alors que l'Italie est en confinement depuis le 8 mars dernier, la France l'est depuis le 17 mars et un prolongement pourrait être annoncé dans les jours prochains par le gouvernement. Lors d'un événement baptisé "#SpaceConnectUs", organisé par l'Agence spatiale européenne (ESA) en partenariat avec la campagne Asteroid Day visant à sensibiliser sur les risques des astéroïdes, qui s'est déroulé le jeudi 26 mars 2020, l'astronaute italienne Samantha Cristoforetti a donné un conseil précis sur la stratégie mentale à adopter face au confinement, qui peut être dur à supporter.

L'astronaute de l'ESA a effectué un mission à bord de l'ISS en novembre 2014 pour une durée de six mois et connaît donc bien le confinement. En effet, elle a été en quarantaine avant de partir en mission dans l'espace, à son retour sur Terre et bien évidemment, pendant toute la durée de son séjour de 199 jours à bord du vaisseau qu'est l'ISS. Voici ce qu'elle a déclaré : "personne ne sait combien de temps le confinement va durer. Ce n'est pas très utile de se faire un compte à rebours. C'est bien mieux de penser qu'il s'agit d'une nouvelle normalité." Selon l'astronaute italienne, cet état d'esprit permettrait de mieux supporter le confinement et de ne pas vivre dans l'attente insupportable d'une fin de confinement proche.

Elle a poursuivi : "il faut donc organiser sa nouvelle vie autour de ça, faire en sorte qu'elle soit le plus agréable possible, il faut investir du temps, de l'énergie, de la pensée pour cela", précisant que pour l'instant, "on est tous encore dans une phase de transition". Par ailleurs, estimant qu'il "existe une grande différence entre vivre en confinement dans une grande maison ou bien dans un petit appartement sans balcon", elle a souligné qu'il faut tout d'abord "accepter que c'est quelque chose de difficile, que c'est très normal que la situation soit stressante".

Samantha Cristoforetti, première femme italienne à devenir astronaute, a averti sur "un risque d'isolation sociale", notamment pour les personnes qui sont en confinement seules chez elles. "C'est important de fixer des rendez-vous téléphoniques avec des amis ou la famille. 'On s'appelle à 11h' par exemple. Moi, je pense que je peux tomber dans une sorte de fainéantise sociale si je ne fais pas ça. Il faut donc se faire un planning. Tous les amis, je les appelle régulièrement."

Enfin, elle a souligné "la dette énorme" que nous avions envers les soignants, les caissiers, les livreurs, les routiers... toutes ces personnes qui nous permettent de vivre et de nous soigner en cette période de crise sanitaire et de confinement. "Ce sont ceux qui prennent le plus de risques", a-t-elle rappelé. "Le grand risque pour ces personnes, c'est de s'oublier" au nom du collectif. Et d'ajouter : "ces personnes doivent aussi faire preuve de 'self-care' comme on dit en anglais, s'occuper de soi-même, devoir s'écouter." Un peu à l'image de la consigne qu'on vous donne en cas de dépressurisation dans l'avion. Il faut d'abord ajuster son propre masque à oxygène avant d'aller aider les autres.

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