L’agence Transparency International a récemment publié son indice de perception de la corruption pour 2019.

D’après ce rapport, malgré l’élan pris par les mouvements anti-corruption dans le monde l’année dernière, un nombre stupéfiant de pays n’ont montré que peu ou pas d’amélioration dans la lutte contre ce problème.

L’indice classe 180 pays et territoires en fonction de la perception de la corruption dans le secteur public,

Les notes vont de 0 jusqu’à 100 : 0 étant une mauvaise note et signifie que la corruption est une pratique répandue dans ces pays. Tandis que 100 constitue une excellente note et signifie que la pratique de la corruption est presque absente de ces pays-là.

D’après l’organisation, plus des deux tiers des pays ont obtenu un score de 50 ou moins, ce qui signifie qu’ils ont de sérieux problèmes pour empêcher les actes répréhensibles dans leur secteur public. Le score moyen global était de 43.

Par ailleurs, seuls 22 pays ont enregistré une amélioration significative de leur score au cours des huit dernières années, dont la Grèce, la Guyane et l’Estonie. Au cours de la même période, 21 pays ont enregistré une baisse significative avec le Canada, le Nicaragua et l’Australie dans leurs rangs.

Les meilleurs élèves se révèlent être le Danemark et la Nouvelle-Zélande, qui se placent en tête du classements, avec un score de 87, talonnés par la Finlande et la Suède.

Bon score ne signifie pas zéro corruption

D’après ces chiffres, on peut constater que les pays nordiques se distinguent en matière de lutte contre la corruption.

Cependant, l’intégrité nationale ne se reflète pas toujours à l’international ; en 2019, de nombreux scandales ont démontré que la corruption à l’échelle internationale était perpétuée par des pays nordiques.

L’enquête sur les Fishrot Files a révélé que Samherji, l’un des plus grands conglomérats de pêche islandaise, aurait soudoyé des fonctionnaires du gouvernement namibien pour obtenir des droits sur des quotas de pêche massive. L’entreprise a créé des sociétés écrans dans des paradis fiscaux tels que les Émirats arabes unis, Maurice , Chypre, l’Angola et les Îles Marshall, dont certaines auraient été utilisées pour blanchir le produit de transactions frauduleuses. De nombreux fonds ont terminé dans des comptes d’une banque publique norvégienne, la DNB, qui aurait permis le transfert d’importantes sommes d’argent dans le cadre de cette manœuvre. La banque fait actuellement l’objet d’une enquête du département norvégien de délinquance économique.

Concernant la Suède, le géant Ericsson, a accepté de payer plus d’un milliard de dollars pour régler une affaire de corruption transnationale concernant sa campagne de 16 ans de « cash for contrats » (des contrats contre de l’argent) affectant de nombreux pays dont la Chine, le Koweït ou l’Indonésie. Il s’agit de la deuxième plus grosse amende payée aux autorités américaines.

Corruption et instabilité

Hormis le Botswana avec un score de 61, et la Namibie (53), la majorité des pays africains obtiennent un score inférieur à 50.

La Somalie est arrivée en queue de peloton avec un score de 9 seulement, suivie du Sud-Soudan et de la Syrie avec 12 et 13 points.

L’instabilité sécuritaire et politique peut aisément se corréler à la propagation de la corruption, des pays comme la Libye, le Yémen, l’Irak, l’Afghanistan, obtiennent des scores allant de 13 à 17.

L’Algérie, à l’instar de l’Égypte et de la Cote-d’Ivoire obtient un score de 35, c’est 1 point de plus que l’Éthiopie, et 8 de moins que ses voisins, le Maroc, et la Tunisie qui enregistrent un score de 43 points, se plaçant ainsi dans le score moyen global.