Alors que le virus SRAS-CoV-2 continue à se propager à l’échelle mondiale et que le nombre de cas diagnostiqués continue d’augmenter, l’anxiété liée à l’épidémie est également en hausse.

En tant que psychologue, j’en fais déjà le constat dans mon cabinet. Bien que le fait de ressentir de l’anxiété en réponse à une menace soit une réaction humaine tout à fait normale, un niveau d’anxiété élevé et constant peut compromettre nos ressources psychologiques en temps de crise. Et les personnes qui souffrent déjà d’anxiété et de troubles connexes sont particulièrement susceptibles de rencontrer plus de difficultés psychologiques pendant la crise du coronavirus.

Que fait le Forum Économique Mondial à propos de l'épidémie coronavirus?

Une nouvelle souche de coronavirus, le COVID 19, se répand dans le monde, provoquant des décès et des perturbations majeures de l'économie mondiale.

Répondre à cette crise nécessite une coopération mondiale entre les gouvernements, les organisations internationales et le monde des affaires. C’est justement la mission du Forum Économique Mondial en tant qu'organisation internationale de coopération public-privé.

Le Forum Économique Mondial, en tant que partenaire de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a lancé la plate-forme d'action COVID. Cette plate-forme vise à favoriser la contribution du secteur privé à la stratégie mondiale de santé publique relative au COVID-19, et à le faire à l'échelle et à la vitesse requises pour protéger des vies et des moyens de subsistance ; ceci afin de trouver des moyens d'aider à mettre fin à l'urgence mondiale le plus tôt possible.

En tant qu'organisation, le Forum a déjà prouvé qu'il pouvait aider à faire face à une épidémie. En 2017, la Coalition for Epidemic Preparedness Innovations (CEPI) a été lancée à l’occasion de notre réunion annuelle. Elle a rassemblé des experts du gouvernement, des entreprises, de la santé, du monde universitaire et de la société civile pour accélérer le développement de vaccins. La CEPI soutient actuellement la course au développement d'un vaccin contre cette souche de coronavirus.

Les suggestions suivantes peuvent vous aider à gérer l’anxiété liée à la crise que nous traversons.

1. Entraînez-vous à accepter l’incertitude

Le fait de ne pas supporter l’incertitude rend plus vulnérable à l’anxiété. Une étude réalisée pendant la pandémie de grippe A (H1N1) de 2009 a montré que les personnes qui avaient plus de mal à accepter l’incertitude de la situation étaient plus susceptibles de ressentir une anxiété élevée.

Il convient donc d’apprendre à faire progressivement face à l’incertitude dans la vie quotidienne en relâchant les comportements de contrôle.

Commencez modeste : par exemple, retenez-vous d’envoyer immédiatement un SMS à un ami la prochaine fois que vous chercherez la réponse à une question. Partez en randonnée sans vérifier la météo au préalable. En renforçant votre tolérance à l’incertitude, vous pouvez réduire votre propension à consulter Internet pour vous tenir au courant de l’évolution de la situation.

2. Combattez le paradoxe de l’anxiété

L’anxiété augmente proportionnellement à la quantité de choses dont on essaie de se débarrasser. Ou comme le disait Carl Jung, « Tout ce à quoi l’on résiste persiste ».

La lutte contre l’anxiété peut prendre de nombreuses formes : boire plus que de raison, manger un peu trop ou abuser des séries Netflix… On peut aussi chercher du réconfort en permanence auprès de ses amis, de sa famille ou de spécialistes de la santé. Cela peut aussi se traduire par la consultation obsessionnelle des flux d’informations en ligne, dans l’espoir de calmer ses craintes. Bien que ces comportements puissent aider momentanément, ils peuvent aggraver l’anxiété à long terme. Leurs stratégies d’évitement se retourne presque toujours contre eux.

Laissez plutôt les pensées, les sentiments et les sensations physiques liées à l’anxiété vous envahir temporairement, en acceptant l’idée que l’anxiété fait partie intégrante de l’expérience humaine. Lorsque des vagues d’anxiété liées à l’épidémie affluent, prenez des notes ou décrivez cette expérience aux autres, sans aucun jugement. Résistez à l’envie de fuir ces pensées ou ces sensations, ou d’apaiser vos craintes en vous informant de façon compulsive. Paradoxalement, faire face à l’anxiété sur le moment aide à l’apprivoiser sur le moyen terme.

3. Dépassez votre anxiété existentielle

Ce qui menace notre santé déclenche la peur qui sous-tend toutes les autres craintes : la peur de la mort. Face à ces rappels de leur propre mortalité, les gens peuvent se retrouver consumés par l’anxiété liée à la préservation de leur santé, et se focaliser de façon disproportionnée sur tout signe de maladie.

Essayez de vous connecter à ce qui a du sens pour vous, à ce qui compte dans votre vie, qu’il s’agisse de spiritualité, des relations avec vos proches ou de l’engagement pour une cause qui vous tient à cœur. Démarrez un projet important que vous aviez remis à plus tard, et embrassez pleinement vos choix de vie. Se concentrer sur le « pourquoi » de la vie ou chercher à le découvrir peut vous aider à surmonter une anxiété inévitable en cette période de crise.

4. Ne sous-estimez pas votre capacité de résilience

Beaucoup de gens craignent de ne pas s’en sortir si le virus se manifeste au travail, dans leur famille ou dans leur foyer. Ils s’inquiètent de la façon dont ils feront face à une quarantaine, à la fermeture d’une garderie ou à une perte de salaire. L’esprit humain est doué quand il s’agit de prédire le pire.

Mais les recherches montrent que les gens ont tendance à surestimer la gravité des conséquences liées à des événements difficiles et, dans le même temps, à sous-estimer leur capacité à faire face et à s’adapter aux situations difficiles.

N’oubliez pas que vous êtes plus résistant que vous ne le pensez. Cela peut vous aider à atténuer votre anxiété.

5. Ne surestimez pas la menace

Certes, le virus peut être dangereux, en raison de son taux de mortalité estimé entre 1,4 % et 2,3 %. Tout le monde devrait donc prendre sérieusement toutes les précautions nécessaires pour lutter contre sa propagation.

Mais il faut garder à l’esprit que les humains ont tendance à exagérer le danger associé à des menaces inconnues par rapport à celles qu’ils connaissent déjà, comme la grippe saisonnière ou les accidents de voiture. La couverture médiatique constante contribue au sentiment de danger, ce qui entraîne une peur accrue et une escalade du danger perçu.

Pour réduire l’anxiété liée à cette actualité, je vous recommande de limiter votre exposition aux informations sur le coronavirus à 30 minutes par jour, maximum. Et n’oubliez pas que nous sommes plus anxieux lorsque nous sommes confrontés à des situations que nous ne pouvons pas comparer à une situation connue. L’anxiété que cela provoque, c’est là le cercle vicieux, rend les choses encore plus terribles à vivre.

6. Prenez – encore plus – soin de vous

En ces temps difficiles, il est important de se rappeler les méthodes éprouvées de prévention et de réduction de l’anxiété. Dormez suffisamment, faites régulièrement de l’exercice, pratiquez la pleine conscience, passez du temps dans la nature et utilisez des techniques de relaxation lorsque vous êtes stressé.

Le fait de privilégier ces comportements pendant la crise que nous traversons peut contribuer grandement à améliorer votre bien-être psychologique et à renforcer votre système immunitaire.

7. Au besoin, faites appel à l’aide d’un professionnel

Les personnes les plus touchées par l’anxiété et les troubles connexes peuvent être particulièrement éprouvées par cette période d’épidémie. Par conséquent, elles peuvent ressentir des symptômes qui interfèrent avec leurs relations sociales, leur capacité de travail, ou leur capacité à prendre soin d’elles et des autres.

Si vous vous sentez concerné, recherchez une aide professionnelle auprès de votre médecin ou d’un professionnel de la santé mentale. La thérapie cognitivo-comportementale et certains médicaments peuvent aider à traiter efficacement les problèmes d’anxiété.