• Dans une enquête menée auprès de plus de 10 000 entreprises japonaises, plus de 63 % des répondants ont estimé que la COVID-19 aurait un « impact négatif sur leurs performances commerciales ».
  • Mais le fait de travailler en ligne et à distance crée des opportunités pour certaines entreprises et oblige à réfléchir sur la culture japonaise des longues heures de travail.
  • L'augmentation du temps passé à la maison incite également les familles à reconsidérer les rôles domestiques traditionnels.

Le silence règne à Tokyo. Avec la propagation de la COVID-19, les écoles sont fermées et les gens travaillent à distance sans se déplacer dans des trains bondés. Les événements sont annulés et les rencontres sportives reportées. Les gens s'abstiennent de sortir le soir pour boire et faire la fête.

L'épidémie de coronavirus est extrêmement dommageable pour l'économie japonaise.

Une rare neige de fin mars qui tombe dans les rues de Tokyo. En raison de la neige et de la demande du gouverneur de Tokyo, Yuriko Koike, de ne pas sortir, la ville était plus calme que jamais
Une rare neige de fin mars qui tombe dans les rues de Tokyo. En raison de la neige et de la demande du gouverneur de Tokyo, Yuriko Koike, de ne pas sortir, la ville était plus calme que jamais
Image : Ryan Takeshita

Dans une enquête de la TDB auprès de plus de 10 000 entreprises au Japon, plus de 63 % des entreprises prévoient que la COVID-19 aura un « impact négatif sur leurs performances commerciales ».

Comment la pandémie de COVID-19 affecte les marchés boursiers asiatiques
Comment la pandémie de COVID-19 affecte les marchés boursiers asiatiques
Image : Statista

Tandis que nous nous tournons vers l'avenir, nous devons malheureusement faire face aux conséquences du report d'un an de l’édition 2020 des Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo, deux événements qui devaient « stimuler l'économie japonaise ».

Nous devons compenser cela en changeant notre façon de travailler, en utilisant le télétravail et en transférant l’activité des entreprises en ligne, afin de maintenir l'économie. Nous devrons également faire face à l'évolution des relations familiales, car de plus en plus de personnes travaillent à domicile.

Que peut faire chaque entreprise, organisation et individu en cette période de crise ? Nous sommes confrontés à l'inévitable préparation de l'« après-corona ».

Les panneaux écrits à la main montrent une pénurie de masques faciaux
Les panneaux écrits à la main montrent une pénurie de masques faciaux
Image : Ryan Takeshita

« La seule chose que je puisse faire est de continuer à travailler, même à distance. Je pense à ce que je peux faire en tant qu'individu dans cette situation difficile. »

Il s'agit du commentaire d'un employé d'une trentaine d'années qui travaille à domicile pour une grande entreprise. Depuis que son entreprise a demandé à ses employés de faire du télétravail à la fin du mois de février, il s'est appuyé sur les chats sur smartphone et la vidéoconférence en ligne pour effectuer son travail, une nouveauté pour lui et ses collègues.

Il aide aussi ses supérieurs plus âgés, qui ne sont pas aussi habiles avec les outils en ligne : « J'ai essayé de convaincre mon patron de passer à des outils en ligne pendant des mois, mais, ironiquement, c’est la COVID-19 qui l'a forcé à utiliser cette technologie ».

Une gare vide à Tokyo
Une gare vide à Tokyo
Image : Ryan Takeshita

Dans une enquête menée par Nihon Keizai Shimbun auprès d’environ 140 grandes entreprises au Japon, environ 50 % des entreprises déclarent être passées au télétravail, en partie ou en principe.

Le Japon est un pays où passer de longues heures au bureau, aller boire un verre avec les clients tard le soir et faire des heures supplémentaires sont, depuis des décennies, considérés comme des signes de réussite. Cette culture de dépendance au travail commence à changer à cause du virus. Les entreprises se rendent enfin compte qu'elles peuvent en fait avoir recours au travail à distance. Les mesures prises par des entreprises de premier plan, telles que Panasonic et Unicharm, pour introduire le travail à distance font les gros titres chaque jour.

L'éventail des entreprises et des services qui arrivent sur le Web est large, depuis les éditeurs qui proposent des séries de mangas en ligne jusqu'au ministère de la santé, du travail et de la protection sociale qui s'est associé à LINE Healthcare et Mediplat pour lancer un service de consultation médicale en ligne.

À HuffPost Japan, nous avions prévu d'organiser un événement le 22 février, à un moment où le nombre de personnes infectées augmentait, sur le grand navire de croisière Diamond Princess.

L'événement était organisé pour discuter du thème de la toxicomanie. Il devait compter 50 participants, mais il s'est avéré que l'événement en ligne a été suivi par quelque 300 000 spectateurs, soit 6 000 fois plus.

Le travail à domicile, une opportunité

La crise du coronavirus a donné à certaines personnes l'occasion de reconsidérer leurs relations avec les membres de leur famille.

Mme Mayumi Funaki dirige avec son mari la société Shipood, qui propose des services de relations publiques aux entreprises : « J’accomplissais 60 % du travail domestique et lui 40 %, mais cela s’est complètement inversé. C'est plutôt 40/60 maintenant, parce que mon mari passe beaucoup plus de temps à la maison ».

Le temps moyen consacré chaque jour aux tâches ménagères (un jour de semaine) par les couples japonais est de 263 minutes pour la femme contre seulement 37 minutes pour le mari, selon une enquête menée par l'Institut national de recherche sur la population et la sécurité sociale. Les femmes assument généralement des responsabilités « à la fois professionnelles et domestiques ».

Mme Eriko Miyamoto, rédactrice et éditrice indépendante, a conçu un jeu qui permet à son fils de huit ans, qui reste à la maison car son école est fermée, de s'amuser tout en faisant des travaux ménagers.

« Les hommes japonais passent très peu de temps à faire des tâches ménagères. Je veux que mon fils devienne un adulte capable de très bien faire le ménage », explique-t-elle.

Certains des scénarios que j'ai décrits jusqu'à présent ne sont que des exemples microscopiques ; en termes macroéconomiques, la pandémie causera d'énormes dégâts à la société et à l'économie japonaises.

Que fait le Forum Économique Mondial à propos de l'épidémie coronavirus?

Une nouvelle souche de coronavirus, le COVID 19, se répand dans le monde, provoquant des décès et des perturbations majeures de l'économie mondiale.

Répondre à cette crise nécessite une coopération mondiale entre les gouvernements, les organisations internationales et le monde des affaires. C’est justement la mission du Forum Économique Mondial en tant qu'organisation internationale de coopération public-privé.

Le Forum Économique Mondial, en tant que partenaire de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a lancé la plate-forme d'action COVID. Cette plate-forme vise à favoriser la contribution du secteur privé à la stratégie mondiale de santé publique relative au COVID-19, et à le faire à l'échelle et à la vitesse requises pour protéger des vies et des moyens de subsistance ; ceci afin de trouver des moyens d'aider à mettre fin à l'urgence mondiale le plus tôt possible.

En tant qu'organisation, le Forum a déjà prouvé qu'il pouvait aider à faire face à une épidémie. En 2017, la Coalition for Epidemic Preparedness Innovations (CEPI) a été lancée à l’occasion de notre réunion annuelle. Elle a rassemblé des experts du gouvernement, des entreprises, de la santé, du monde universitaire et de la société civile pour accélérer le développement de vaccins. La CEPI soutient actuellement la course au développement d'un vaccin contre cette souche de coronavirus.

Le nombre de décès augmente dans le monde entier, car nous sommes angoissés par le fait de ne pas savoir quand cela va se terminer. Je pense cependant que les actions subtiles initiées par chaque individu, comme le travail à distance et la revitalisation de l'économie en ligne, peuvent servir de points cruciaux pour envisager le futur.

Historiquement, les épidémies ont tué des millions de personnes, mais elles ont aussi eu des impacts sociaux qui ont conduit à des révolutions culturelles. Isaac Newton était assis sous ce fameux arbre parce qu'il se tenait à l'écart de son école pendant la Grande Peste de Londres.

Le Japon peut-il se préparer à l'après-corona ? C'est la question importante à laquelle chaque individu devrait réfléchir dans le cadre de la lutte durable contre la COVID-19.