La Journée de la Terre vient de célébrer son 50e anniversaire. Elle intervient au moment où une crise sanitaire mondiale est annoncée depuis longtemps par les scientifiques. Soudain, nous nous trouvons dans un véritable scénario cauchemardesque dont la science nous a mis en garde, avec des tragédies humaines et sociales qui se déroulent à l'échelle mondiale. Les conséquences économiques de la pandémie COVID-19 nous accompagneront pendant des années.

Bien entendu, la science nous a également mis en garde contre les crises climatiques et environnementales en cours. Nous le savons, par exemple :

Ces tendances ne peuvent tout simplement pas continuer et doivent être inversées.

Si nous voulons éviter le risque insupportable d'un effondrement environnemental de grande ampleur, la Journée de la Terre doit devenir un rappel annuel de ce que nous gagnons, restaurons et réduisons, plutôt que de ce que nous perdons, détruisons et émettons.

La science nous dit que la décennie actuelle devra voir un déclin rapide des émissions mondiales et des écosystèmes restaurés si nous voulons atteindre les objectifs de développement durable et les accords de Paris. Pour les entreprises, les décideurs politiques, les innovateurs et les consommateurs, cela signifiera des changements majeurs concernant les comportements individuels et collectifs. Les forêts doivent être au centre de cette transformation d'un nouveau capitalisme des parties prenante - dit stakeholder capitalism .

En effet, des forêts saines font partie de ces écosystèmes essentiels sans lesquels la civilisation humaine ne peut pas vivre et prospérer. Les forêts sont parmi les puits de carbone les plus efficaces, elles stockent l'eau et aident à réguler le climat, elles sont une source de nourriture et de médicaments, et elles aident à purifier l'air dans les villes et sur l'ensemble des terres.

Un nombre croissant de recherches mettent également en évidence le fait qu'elles améliorent notre santé et notre bien-être. L'augmentation de la déforestation a provoqué de nouvelles épidémies ; la disparition du végétal n'a cessé d'augmenter au cours des 17 dernières années et 31 % des épidémies de maladies nouvelles et émergentes, telles que le virus Nipah, Zika et Ebola, sont liées à la déforestation.

Et, encore trop souvent, négligé : les forêts nous fournissent des emplois dont nous avons un besoin urgent : le secteur forestier fournit déjà des emplois à plus de 54 millions de personnes dans le monde, selon la Banque mondiale. Des recherches américaines suggèrent qu'un million de dollars investi dans la reforestation et la gestion durable des forêts peut créer sept fois plus d'emplois que le même montant investi dans les combustibles fossiles. Près de 1,6 milliard de personnes, soit plus de 25 % de la population mondiale, dépendent des ressources forestières pour leur subsistance et la plupart d'entre elles (1,2 milliard) utilisent les arbres dans les exploitations agricoles pour produire de la nourriture et de l'argent.

Image : La Banque mondiale

C'est dans ce contexte que nous avons lancé 1t.org la Plate-forme pour un milliard d'arbres lors de la 50e réunion annuelle du Forum Économique Mondial en janvier dernier, avec le soutien de dirigeants de gouvernements, d'entreprises, de la société civile et de mouvements de base. 1t.org est la plateforme mondiale pour soutenir la conservation, la restauration et la croissance d'un trillion d'arbres d'ici 2030. 1t.org a pour objectif d'inspirer, d'habiliter et de mobiliser une communauté mondiale de millions de reboiseurs, en libérant leur potentiel pour agir à l'échelle et à la vitesse voulues, afin d'assurer la conservation et la restauration d'un trillion d'arbres au cours de cette décennie. Ce faisant, 1t.org vise à apporter une contribution majeure à la Décennie des Nations unies pour la restauration des écosystèmes 2021-2030, menée par la FAO et le PNUE.

Que fait le Forum Économique Mondial au sujet du changement climatique ?

Le changement climatique constitue une menace urgente exigeant des actions décisives. Les communautés du monde entier connaissent déjà des impacts climatiques accrus, des sécheresses aux inondations en passant par l’élévation du niveau des mers. Le Rapport sur les risques mondiaux du Forum Économique Mondial continue de classer ces menaces environnementales en tête de liste.

Pour limiter l'augmentation de la température mondiale bien en dessous de 2 °C et aussi près que possible de 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels, il est essentiel que les entreprises, les décideurs politiques et la société civile fassent progresser les actions climatiques à court et à long termes, conformément aux objectifs de l'accord de Paris sur le changement climatique.

L'Initiative pour la protection du climat du Forum Économique Mondial soutient le développement et l'accélération de l'action climatique mondiale grâce à la collaboration des secteurs public et privé. Cette initiative travaille sur plusieurs axes de travail pour développer et mettre en œuvre des solutions inclusives et ambitieuses.

Cela comprend l'Alliance des dirigeants engagés pour le climat, un réseau mondial de chefs d'entreprise de diverses industries développant des solutions rentables pour la transition vers une économie sobre en carbone et résiliente au climat. Ces dirigeants utilisent leur position et leur influence auprès des décideurs politiques et des entreprises partenaires pour accélérer la transition et bénéficier des avantages économiques de la création d'un climat plus sûr.

Contactez-nous si vous souhaitez vous impliquer.

Nous savons que la restauration des forêts est un élément essentiel des solutions en matière de climat mondial et de développement durable. Nous savons également que la restauration des forêts doit être complétée par une décarbonisation ambitieuse de l'industrie et par la protection et la conservation des forêts existantes, le tout de manière inclusive et écologiquement responsable. Si nous y parvenons et que nous inscrivons la restauration comme une priorité absolue dans nos programmes économiques, sociaux et politiques, nous avons une occasion importante de faire en sorte que la 60e Journée de la Terre soit la célébration d'une décennie fructueuse au cours de laquelle l'humanité a fait de la restauration de la nature une partie de la solution dont nous avons tous besoin.

Alors que nous émergeons à peine après les ravages du COVID-19, nous avons l'occasion de stimuler un paradigme de croissance verte différent, où la vision de la restauration de la terre est un corollaire de la manière dont nous restaurons la santé humaine. Et sans une planète saine, nous ne pouvons pas avoir de sociétés ou d'économies saines.