Il est encore trop tôt pour envisager une sortie du confinement, Édouard Philippe l’a de nouveau répété devant les députés. Mais cela n’empêche pas le gouvernement de travailler sur les stratégies envisageables pour le déconfinement, et il pourra notamment s’appuyer sur les recommandations du Conseil Scientifique rendues publiques ce 7 avril.

La crainte numéro 1 du déconfinement est l’arrivée d’une “deuxième vague” de patients contaminés par le coronavirus. Pour éviter une telle situation, le Premier ministre a d’ores et déjà prévenu que le déconfinement serait progressif. Mais pour les scientifiques sur lesquels s’appuie le gouvernement, il est aussi nécessaire de respecter au moins trois critères.

Les services hospitaliers, surtout en réanimation, ne doivent plus être surchargés

Comme le souligne le Conseil scientifique, l’objectif ”à court terme” du confinement était d’éviter la propagation du virus pour “soulager les services de réanimation français”. De ce fait, un déconfinement ne pourra être envisagé que lorsque “la saturation des services hospitaliers, et des services de réanimation en particulier, sera jugulée”. Ce mardi 7 avril, ce n’était toujours pas le cas: la courbe du nombre de patients en réanimation était toujours en augmentation avec 7131 cas graves répertoriés, même si le nombre d’admissions quotidiennes a diminué, avec 59 personnes supplémentaires ce mardi, contre 94 lundi et 140 dimanche.

Les scientifiques recommandent également que “les capacités hospitalières et de médecine de ville” des régions qui ont été particulièrement touchées, comme le Grand Est, soient restaurées.

La détection des nouveaux cas “de façon systématique” doit être possible

Faute de matériel suffisant, les dépistages du coronavirus sont pour l’instant limités à certaines conditions et il est donc difficile de détecter tous les nouveaux cas.

Or pour les scientifiques, le déconfinement ne pourra être envisagé que lorsqu’il sera possible de détecter “de façon systématique” les nouveaux cas, afin de pouvoir à nouveau établir les chaînes de transmission et ainsi de limiter la propagation du virus.

Le Conseil scientifique est d’ailleurs formel: “la sortie du confinement ne signifie pas que toutes les mesures de contrôle contre Covid-19 seront levées”, à commencer par les mesures de distanciation sociales qui devront être adaptées.

Les experts réclament également la mise en place d’une surveillance stricte de la progression de l’épidémie, en s’appuyant pour cela sur de “nouveaux outils numériques”. Ces derniers jours, le gouvernement a d’ailleurs ouvert la voie au “tracking”, un procédé controversé car suspectible de porter atteinte aux libertés individuelles.

Que fait le Forum Économique Mondial à propos de l'épidémie coronavirus?

Une nouvelle souche de coronavirus, le COVID 19, se répand dans le monde, provoquant des décès et des perturbations majeures de l'économie mondiale.

Répondre à cette crise nécessite une coopération mondiale entre les gouvernements, les organisations internationales et le monde des affaires. C’est justement la mission du Forum Économique Mondial en tant qu'organisation internationale de coopération public-privé.

Le Forum Économique Mondial, en tant que partenaire de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a lancé la plate-forme d'action COVID. Cette plate-forme vise à favoriser la contribution du secteur privé à la stratégie mondiale de santé publique relative au COVID-19, et à le faire à l'échelle et à la vitesse requises pour protéger des vies et des moyens de subsistance ; ceci afin de trouver des moyens d'aider à mettre fin à l'urgence mondiale le plus tôt possible.

En tant qu'organisation, le Forum a déjà prouvé qu'il pouvait aider à faire face à une épidémie. En 2017, la Coalition for Epidemic Preparedness Innovations (CEPI) a été lancée à l’occasion de notre réunion annuelle. Elle a rassemblé des experts du gouvernement, des entreprises, de la santé, du monde universitaire et de la société civile pour accélérer le développement de vaccins. La CEPI soutient actuellement la course au développement d'un vaccin contre cette souche de coronavirus.

Du gel hydroalcoolique et des masques pour tout le monde (à terme)

C’est l’un des points noirs de cette crise pour le gouvernement, englué par les polémiques sur le manque de masques et leur utilisation (ou pas) par toute la population. À terme, le Conseil Scientifique recommande cependant qu’avant le déconfinement, les stocks de masques et de gels hydroalcooliques soient suffisants pour permettre un approvisionnement de toute la population.

Il réclame également une surveillance particulière des populations dites ”à risques” pour des raisons de santé ou parce qu’elles vivent dans des conditions particulières comme c’est le cas pour les migrants ou encore les détenus.